Coronavirus

Le coronavirus au Japon

Conseils aux voyageurs sur le nouveau virus Covid-19

Avec l'arrivée du printemps, la haute saison touristique 2020 débute prochainement au Japon. L'archipel s'attend à accueillir sa traditionnelle première grosse vague de voyageurs de l'année, venus admirer la floraison des cerisiers à partir de la mi-mars. Mais cette année, le nouveau coronavirus, baptisé 2019-nCoV puis Covid-19 et apparu en Chine au mois de décembre 2019, peut remettre en cause certains projets de voyage vers l'Asie de l'est.

Cet article est tenu à jour en fonction des évolutions de la situation.

Le nombre de personnes infectées en hausse

Pays voisin et destination populaire parmi des touristes chinois, le Japon regarde avec attention l'évolution du risque épidémique de ce virus, dont les symptômes principaux sont proches de ceux de la grippe (qui tue plusieurs centaines de Français chaque année mais ne fait pas la une des journaux pour autant) :

  • de la fièvre,
  • une toux
  • et des difficultés respiratoires.

Au 20 février 2020, on dénombre 92 cas confirmés de coronavirus sur le sol nippon (3 décès et 20 guéris) dont certains avec transmission interhumaine au Japon, c'est-à-dire sans que les malades ne se soient rendus dans la province chinoise de Hubei et plus précisément dans la ville de Wuhan, foyer initial de la maladie. Ainsi, l'un des premiers Japonais infectés était un conducteur de car touristique sexagénaire qui a notamment transporté, en janvier 2020, deux groupes de Chinois de Wuhan en visite dans la région du Kansai.

Ce premier bilan ne prend pas en compte ce qui est arrivé avec le bateau de croisière Diamond Princess qui a jeté l'ancre le 3 février 2020 au large du port de Yokohama (au sud de Tokyo) et qui enregistre à son bord 621 cas confirmés de coronavirus à l'heure où ces lignes sont écrites. Placés en quarantaine dès leur arrivée au large des côtes japonaises, les 3.700 passagers et membres d'équipage sont restés confinés dans leur cabine (avec origami et sudoku !) pendant une durée de quatorze jours. Les personnes malades ont été débarquées pour être hospitalisées. Mercredi 19 février 2020, les premiers passagers qualifiés de "sains", c'est-à-dire sans symptôme et ayant obtenus des tests négatifs ont commencé à évacuer le navire. Face à cette situation très critique, le Japon refuse depuis tout paquebot touriste qui viendrait accoster depuis les pays asiatiques voisins.

Les mesures du gouvernement japonais liées au virus Covid-19

Le 1er février 2020, le gouvernement de Shinzo Abe annonce la mise en place des mesures de protection suivantes :

  • le nouveau coronavirus est désormais désigné "maladie infectieuse spéciale" et "maladie infectieuse quarantenaire", ce qui suppose qu'une personne soupçonnée de contamination est obligatoirement hospitalisée puis placée en quarantaine si besoin ;
  • tout ressortissant étranger qui aurait voyagé dans les Provinces de Hubei et Zhejiang dans les 14 jours avant son arrivée prévue au Japon est interdit de territoire ;
  • de même, toute personne étrangère qui se déplace avec un passeport émis par la Province de Hubei est interdite de sol japonais.

Une certaine partie de la population japonaise reproche au gouvernement de ne pas avoir réagi plus tôt et d'être un peu trop laxiste, notamment concernant la mise en place de la quarantaine dès janvier 2020, lorsque les ressortissants chinois ont fait des allers-retours entre les deux pays pour le Nouvel An et que les premiers avions de rapatriement des ressortissants japonais de la région de Wuhan ont atterri.

Une situation sur place qui évolue, sans consigne défavorable pour l'heure

Pour le reste des voyageurs qui continuent de débarquer sur l'archipel, les ports et aéroports effectuent des contrôles de température à chaque passager. Sur place, les hébergements et les commerces distribuent essentiellement du gel hydro-alcoolique et des masques sanitaires pour le visage 😷. Mais les Japonais n'ont certainement pas attendu le coronavirus pour porter ce genre de masques :

Point d'attention : certains konbini et les supermarchés au Japon observent actuellement des ruptures de stock de ces masques de protection. Plutôt portés dans les grandes villes et dans les lieux très fréquentés comme les gares, ces derniers ne semblent toutefois pas efficaces pour contrer totalement le passage du virus et servent plutôt à contenir les microbes des personnes malades. Il faudrait d'ailleurs en changer toutes les trente minutes pour un maximum d'efficacité...

En cas de symptômes d’infection respiratoire, le ministère de la santé au Japon recommande seulement :

  • d'appliquer les mesures d'hygiène habituelles, c'est-à-dire le port du masque et la désinfection régulière des mains ;
  • puis de contacter l'hôpital public 保健所 hokensho pour aller se faire dépister.

Il y a peu de signes d'inquiétude manifeste de la part d'une grande majorité de Japonais qui continuent de vivre selon leurs habitudes.

À partir de mi-février, on apprend toutefois que par mesure de précaution, certains évènements sont restreints afin d'éviter les rassemblements de foule :

  • les salutations du nouvel Empereur Naruhito dans le cadre de son soixantième anniversaire le 23 février au Palais Impérial sont annulées ;
  • le marathon de Tokyo du 1er mars se limite aux coureurs professionnels et aux aspirants qualifiés pour les Jeux Olympiques (annulant la participation d'environ 38.000 coureurs amateurs) ;
  • le 16ème festival de cosplay Nippombashi Street Festa du 15 mars à Osaka Den Den Town est annulé (200.000 personnes étaient attendues) ;
  • l'édition 2020「Tadaima! Design Scramble 2019」du Shibuya Design Festival programmée le 22 mars à Tokyo est également suspendue.

Attention à l'effet loupe : de très nombreux autres évènements sont bien sûr maintenus.

En parallèle, on apprend que les mesures d'hygiènes renforcées comme le lavage de mains, bien suivies par la population japonaise depuis le début de l'année, ont permis à la grippe saisonnière de reculer de 62% sur les six premières semaines de 2020.

Une opportunité pour voyager au Japon dans des conditions exceptionnelles

En l'état actuel de la situation, on ne déconseille pas d'annuler son voyage au Japon ces prochaines semaines (au contraire, voir plus bas). En revanche, il est fortement recommandé de privilégier les vols directs entre la France et le Japon, ou ceux avec une escale en Europe ou au Moyen-Orient. Plusieurs compagnies aériennes nationales ont de toute façon déjà suspendu leurs vols vers tout ou partie de la Chine continentale. Les visiteurs qui auraient acheté un billet Air China avant le 28 janvier 2020 peuvent d'ailleurs se faire rembourser gratuitement et on leur conseille fortement de changer de compagnie aérienne pour minimiser le risque de contamination et de quarantaine à l'arrivée au Japon.

En France, la communication du Ministère des Affaires étrangères permet de suivre les derniers conseils aux voyageurs à propos du Japon : il n'y a aucun blocage officiel concernant l'archipel nippon. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) va dans le même sens. D'autant que l'hexagone recense déjà ses propres 12 cas répartis sur le territoire.

Et parce que toute situation critique offre également son lot d'opportunités, le coronavirus permet aux Occidentaux de voyager au Japon dans des conditions inespérées ! Et ce, malgré l'attention de médias sensationnalistes ou anxiogènes qui (du côté de la France au moins) sont ravis d'avoir un sujet à se mettre sous la dent depuis la fin de la grève dans les transports...

On remarque en effet que les destinations touristiques les plus fréquentées sont actuellement beaucoup plus calmes, du fait de la baisse drastique du nombre de voyageurs chinois qui emboîtent le pas des touristes sud-coréens, eux qui boudent l'archipel depuis l'été 2019 et le retour des relations diplomatiques compliquées entre les deux pays.

Alors que les touristes asiatiques représentent en temps normal plus de 80% des visiteurs étrangers au Japon, la chute coup sur coup du nombre de voyageurs coréens puis chinois (plus de 15 millions en 2019 pour ces deux nationalités combinées, sur 32 au total) sur ces six derniers mois représente à la fois une épine dans l'économie du tourisme pour les Japonais, mais également la promesse d'un voyage au Japon autrement plus serein. D'aucuns parlent même d'un afflux touristique proche de celui d'il y a dix ans... le rêve !

Kyoto par exemple, inondée de visiteurs étrangers ces dernières années, en particulier dans ses lieux les plus touristiques et ses zones de shopping, se montre depuis janvier étonnamment calme. Vidée de manière inattendue pendant le nouvel an chinois, elle risque de s'avérer d'un calme inespéré pour profiter des sakura 🌸 en ce début de printemps. Même la Golden Week pourrait s'avérer moins compliquée cette année, une situation qui ne risque pas de se reproduire de sitôt. Et cela est valable pour beaucoup d'autres destinations touristiques, telles que Tokyo, Hakone, Nara, Koya-san, Miyajima et bien d'autres.

Les commerçants des zones les plus généralement chargées commencent à faire grise mine et appellent les touristes occidentaux à poursuivre leur soutien à l'économie locale. Des commerçant d'Arashiyama ont même mis en place une campagne de publicité dans ce sens. De plus, les prix de certains hébergements ont déjà baissé pour pallier les chutes de réservations asiatiques.

Alors, si vous êtes en bonne santé, on serait bien tentés de vous conseiller d'en profiter ! Mais bien entendu, nous respectons évidemment toutes les décisions et chacun reste responsable de son choix personnel en son âme et conscience.

La bonne tenue des JO de Tokyo 2020 menacée par le coronavirus

Si le Japon ne panique pas par rapport à la situation actuelle, il est en revanche plus inquiet pour le déroulement, dans moins de six mois, des Jeux Olympiques et Paralympiques d'été dans la capitale. Ce grand évènement sportif international, qui va drainer un flux important de personnes de toutes nationalités, n'est certainement pas sans risque au niveau sanitaire.

Et même si les Japonais tiennent leur calendrier en terme de qualité des infrastructures et de mise en place de mesures de sécurité renforcée, la compétition risque de se retrouver minorée si l'épidémie de coronavirus n'est pas endiguée d'ici là.

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Par Kanpai Publié en février 2020 - mis à jour en février 2020