Kamaishi (Iwate), vue sur la côte Sanriku Kaigan et l'océan Pacifique

Tohoku

Le nord de Honshu entre côte pacifique et mer du Japon

L'avis Kanpai
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Le Tohoku est une région japonaise située au nord-est de l'île principale de Honshu. Occupant 30% de son territoire, elle se compose de six préfectures : Fukushima, Aomori, Akita, Iwate, Miyagi et Yamagata ; les plus grandes villes étant Sendai et Aomori.

La région est cernée par la mer du Japon à l’ouest et par l’océan Pacifique à l’ouest. Toutefois, ses côtes escarpées y ont encouragé le développement de l’agriculture plutôt que les activités maritimes, ce qui en a fait un temps le "grenier du Japon". Aujourd’hui, l’industrie et la fabrication de composants électroniques représentent une part importante de son économie.

Le Tohoku est tristement célèbre pour avoir connu l'une des plus grandes catastrophes de l'histoire japonaise : le 11 mars 2011 un séisme s'est produit au large de sa côte pacifique, engendrant un tsunami hors normes, qui fut une des causes de l'accident nucléaire de la centrale de Fukushima.

Depuis quelques années, la région fait des efforts de communication à destination des touristes étrangers autour notamment de la "Diamond Route" dont le parcours relie Tokyo aux préfectures de Fukushima, Tochigi et Ibaraki.

Comment se déplacer dans la région ?

Le Shinkansen 🚅 Tohoku relie Tokyo aux principales villes de la région jusqu'à Aomori, avec des embranchements vers l'ouest pour Akita et Yamagata. La région est bien sûr irriguée par quelques lignes de trains locaux, en particulier sur les côtes. Les bus existent, mais sont peu fréquents, voire irréguliers sur la côte est, et globalement la location de voiture 🚙 est à privilégier pour se rendre dans les endroits plus ruraux et reculés ou tout simplement circuler avec moins de contraintes.

La région est dotée d'aéroports dans chacune des préfectures qui reçoivent des vols domestiques de tout le Japon. Le ferry ⛴️ relie Akita et Aomori à Hokkaido.

Pourquoi découvrir le Tohoku ?

La région est réputée pour la beauté et la rudesse de sa nature, ses paysages enneigés, ses nombreux onsen ♨️, et son patrimoine historique animé par ses festivals traditionnels.

En raison de son emplacement plus septentrional, les saisons y sont décalées par rapport au reste de Honshu : le printemps commence en avril-mai et l’automne débute précocement dès octobre. Les floraisons de sakura 🌸 sont donc plus tardives et les feuillaisons de koyo 🍁 plus avancées. L’hiver est long et rude et il neige abondamment même en ville.

Ainsi, l’été est une excellente saison pour visiter le Tohoku car les températures y sont moins élevées, idéales pour profiter de la nature verdoyante et fleurie et de la convivialité des matsuri comme le festival Nebuta d’Aomori en août. L’automne déploie des changements de couleurs magnifiques dans les montagnes.

Sur le plan touristique, l'accent est mis sur les randonnées, le long de la côte Sanriku Kaigan, façonnée par l’érosion, mais aussi dans les massifs montagneux. Ceux-ci sont propices à la pratique du ski et la multitude de villages à onsen qu’on y trouve en font la destination idéale pour passer une nuit dans un ryokan. L'héritage historique des samouraïs fait également partie des attraits de la région.

Sa généreuse gastronomie bénéficie des eaux très poissonneuses de l'est et de l'importance de l'agriculture. Il est d’ailleurs possible de participer à la cueillette de fruits (fraises, cerises, pommes, etc.). La viande est aussi cuisinée, dont celle du cheval sous toutes ses formes, et la langue de bœuf Gyutan vers Sendai. Enfin, le saké et le whisky du Tohoku ont une réputation internationale.

Côté artisanat, la laque est un des atouts majeurs, notamment au centre et côté mer du Japon, ainsi que l'artisanat du bois – le Tohoku étant la région d'origine des poupées kokeshi.

La région dans son ensemble connaît une fréquentation touristique moins forte que Tokyo ou Kyoto, et ses grands espaces naturels offrent une belle bouffée d’air frais.

Oku Aizu (Fukushima), statue Akabeko sur le site du temple Enzo-ji

La préfecture de Fukushima

La préfecture de Fukushima est la plus méridionale du Tohoku et jouxte la région du Kanto sur la côte Pacifique. Bien que son nom soit lié à la centrale accidentée en mars 2011, il n’y a aucun risque à visiter la plupart de ses attractions car elles sont situées côté montagnes et non côté littoral.

A moins de 3 heures de Tokyo, on peut donc se plonger dans le Japon médiéval et la culture des samouraïs à Aizu-Wakamatsu. Cette ville au cœur des terres s'enorgueillit du château 🏯 de Tsuruga-jo 🏅, de la maison de samouraïs Aizu Bukeyashiki, et du pavillon à double spirale Sazae-do. Au sud, le village traditionnel aux toits de chaume Ouchi-juku entretient son passé de relais de poste 📮 sur la route Aizu Nishi Kaido.

Parmi les merveilles naturelles, on trouve :

  • les étangs de Goshiki-numa sur le Mont Bandai, au nord d'Aizu-Wakamatsu ;
  • l'Oku-Aizu et la vallée de la rivière Tadami, à la frontière de Niigata, dans le Japon rural, particulièrement spectaculaire en automne où les couleurs subliment les ouvrages ferroviaires qui ponctuent le paysage.

Sendai (Miyagi), vue en hauteur sur la ville et les montagnes environnantes

La préfecture de Miyagi

Par sa position le long de la côte Pacifique, elle a subi de plein fouet le tsunami de mars 2011, qui a même endommagé l'aéroport de sa capitale. L'héritage féodal est très présent également, notamment grâce à l'empreinte laissée par l'impitoyable seigneur Masamune Date qui a développé la ville de Sendai au début du XVIIème siècle. On peut y visiter son mausolée le Zuiho-den, les ruines de son château et la ville s’anime chaque année en juillet pour le festival des étoiles Tanabata Matsuri.

Sendai est aussi le point de départ idéal pour des excursions nature :

  • sur la côte Pacifique à Matsushima, une dentelle d'îles coiffées de pins considérée comme une des 3 plus belles vues du Japon ;
  • côté montagnes, la chaîne volcanique du Mont Zao, partagée avec la préfecture de Yamagata, offre des randonnées dans des paysages à couper le souffle, dont les gorges de Naruko au nord-est de la préfecture. On y trouve de nombreux ryokan pour profiter des eaux thermales naturelles de Naruko Onsen, très appréciables en automne, à moins d'une heure de Sendai en train.

Morioka (Iwate), théières en fonte Iwachu

La préfecture d'Iwate

Le territoire de la deuxième plus grande préfecture du Japon s'étend sur la moitié est du nord de Honshu, le long de la côte Pacifique. Elle a connu son heure de gloire entre le Xème et le XIIIème siècle grâce à ses ressources minières.

La ville de Hiraizumi, où se trouvent les temples Chuson-ji et Motsu-ji classés au Patrimoine mondial de l'Unesco, rivalisait même avec Kyoto. A Ichinoseki, les Gorges Geibikei ravissent les amateurs de paysages sauvages.

Son littoral abrite parmi les plus belles vues de la côte Sanriku Kaigan et le chemin de randonnée Michinoku Coastal Trail, ponctué par la grotte Ryusendo, la plage 🏖 de Jodogahama, et les falaises de Kitayamazaki.

Morioka, la capitale, met à l’honneur ses artisanats traditionnels : la laque de Joboji et les célèbres Fonderies Iwachu. Elle est aussi dotée d'un sanctuaire Hachiman et le parc de son château mérite une visite pour les cerisiers en fleurs au printemps.

Enfin Tono Furusato, reconstitue un village traditionnel de montagne de l'époque d'Edo.

Maison Nebuta Warasse (Aomori), char du Nebuta Matsuri exposé

La préfecture d'Aomori

La préfecture la plus septentrionale, célèbre pour sa production de pommes, coiffe Honshu et fait face à Hokkaido. Son littoral est bordé par le Pacifique à l'Est et la mer du Japon à l'ouest.

Sa capitale Aomori, nichée dans une anse de la baie de Mutsu, est surtout connue pour son festival annuel Nebuta Matsuri en août. À l'est de la ville, le temple Seiryu-ji, abrite Showa Daibutsu le plus grand Bouddha assis en bronze du Japon.

La péninsule de Shimokita héberge un des 3 endroits les plus sacrés du Japon, le Mont Osore-zan, surnommé l’entrée des enfers, à l’extrémité de Honshu.

À l’ouest, le sanctuaire Takayama Inari-jinja déploie une longue allée de torii ⛩️ dans un vaste jardin japonais.

Sur la côte Pacifique, la ville portuaire d'Hachinohe perpétue les traditions des marchés aux poissons 🐟 et des yokocho, tandis qu’à l’ouest, Hirosaki, ancienne capitale politique et culturelle, présente un château dont le parc possède le plus ancien cerisier Yoshino.

Entre les deux, le Parc National de Towada-Hachimantai, très belle destination à l’automne, abrite les Mont Hakkoda, les gorges d'Oirase, ainsi que le Lac Towada, partagé avec la préfecture d'Akita.

Maison Enishi (Kakunodate), chien Akita-inu

La préfecture d'Akita

La préfecture, connue pour sa race de chien Akita-inu, se trouve sur le littoral de la mer du Japon, adossée à Iwate. Sa capitale Akita est reliée directement à Tokyo par le Shinkansen (4h), et permet de rejoindre les sites naturels et historiques dispersés dans la préfecture.

La ville de Kakunodate à l'est se révèle idéale au printemps pour admirer la floraison des sakura dans la rue Bukeyashiki, trace de l’ancienne ville de samouraïs. A proximité, le lac Tazawa, le plus profond du pays, ravira les amateurs de lacs de cratères, complété par les onsen de Nyuto Onsen.

Au sud-est de la préfecture, la ville de Yokote tient son festival de la neige tous les ans à la mi-février, avec l'édification d'igloos similaires à ceux du Kamakura Matsuri de Yunishigawa Onsen.

Le Mont Hachimantai à la frontière avec Iwate propose de belles randonnées, avec différents niveaux de difficultés dans le paysage façonné par le volcanisme. La route Aspite Line qui circule sur les hauteurs est ouverte uniquement à la belle saison et rappelle en avril les couloirs de neige de la route alpine Tateyama-Kurobe.

Enfin, le rituel de Nouvel An Namahage, classé patrimoine culturel du Japon, est perpétué en février par un défilé d’ogres dans la péninsule d’Oga.

Akita est la cinquième région productrice de saké au Japon. La spécialité locale est le poulet Hinai Jidori, cuisiné dans des plats typiques comme l'oyakodon et le kiritanpo nabe (fondue avec bâtons de riz grillé).

Ginzan Onsen (Yamagata), vue sur le village thermal et son architecture traditionnelle

La préfecture de Yamagata

Limitrophe de la région du Chubu, Yamagata ouvre sur la mer du Japon et s’adosse à Miyagi. Elle partage avec cette dernière les Monts Zao, réputés pour leur domaine skiable et les eaux thermales de Zao Onsen, les plus acides du Japon. La capitale Yamagata est à 20 minutes de train du temple dans les montagnes Yamadera.

Ginzan Onsen, à l’extrême est de la préfecture au cœur des montagnes, est une station thermale réputée pour son architecture traditionnelle pittoresque et préservée dont l’accès est presque direct depuis Tokyo.

Plus généralement, Yamagata abrite le pèlerinage Dewa Sanzan qui comprend l’ascension de trois monts sacrés et la visite des sanctuaires associés. Le Mont Haguro, la plus petite des montagnes Dewa est accessible depuis Tsuruoka, ville consacrée à l’éducation des samouraïs.

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Par Kanpai Mis à jour le 22 juillet 2021 Tohoku