Yamadera, terrasse d'observation du pavillon Godaido

Yamadera

Le temple de la montagne à Yamagata

L'avis Kanpai
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Yamadera est un temple bouddhiste de la secte Tendai situé à flanc de montagne, entre les villes de Yamagata et Sendai, dans la région du Tohoku au nord du Japon. Adossé sur les versants du mont Hoshu, il est baptisé officiellement Risshaku-ji et sa visite consiste en un pèlerinage ascensionnel de 1.015 marches jusqu'à une plateforme d'observation sur la vallée et les divers pavillons nichés dans la roche.

De son nom officiel Risshaku-ji, le temple Yamadera aurait été fondé en 860 à la demande de l’empereur Seiwa (850 - 881) par le moine Jikaku Daishi (794 - 864), grand maître du mouvement bouddhiste Tendai également baptisé Ennin.

Un lieu de pèlerinage bouddhiste renommé

Yamadera appartient à plusieurs pèlerinages du Tohoku, notamment :

  • l'itinéraire Shiji Kairo (四寺廻廊), populaire dans la région car il combine 4 temples relatifs à Ennin faisables en une journée, avec Zuigan-ji à Matsushima ainsi que Chuson-ji et Motsu-ji à Hiraizumi ;
  • le circuit des 33 temples de Mogami Kannon (最上三十三観音), plus confidentiel et éparpillé dans la préfecture de Yamagata.

Les amateurs de goshuin, ces belles calligraphies réalisées par les moines et qui certifient chaque visite dans un temple, peuvent préparer leur carnet et s'offrir ainsi de magnifiques souvenirs.

Yamadera, pavillon principal Konponchudo

Un millier de marches et une succession de pavillons

Depuis la petite gare JR de Yamadera, quelques minutes de marche à travers le cœur du village suffisent pour rejoindre l'entrée du complexe templier. Le "temple de la montagne" installe ses premiers pavillons au pied de celle-ci avec notamment le bâtiment principal baptisé Konponchu-do.

Reconstruit au XIVe siècle, il se classe aujourd’hui comme la plus ancienne construction en bois de hêtre du Japon et est donc naturellement désigné trésor National. Il accueille en son sein une statue de Yakushi Nyorai, le Bouddha de la médecine et de la guérison, ainsi qu'une flamme originaire du temple Enryaku-ji dans la préfecture de Shiga. Elle brûle en permanence depuis les débuts du site religieux, soit il y a plus de 1.000 ans.

Outre les différentes représentations bouddhistes que l’on peut également apercevoir, dont celles de Monju Bosatsu et Bishamonten, le Hall des Trésors abrité dans le pavillon Homostu-den renferme un sutra sacré fondateur qui date de 1144 et classé Bien culturel important.

Place maintenant à l’ascension d’une demi-heure environ pour gravir la totalité des 1.015 marches à flanc de montagne. Le premier arrêt important s’effectue devant la roche Mida-Hora, sculptée dans la forme du Bouddha Amida Nyorai. Après un recueil de quelques secondes, le chemin continue et laisse place à des escaliers escarpés qui traversent la porte Niomon. Reconstruite en 1848, elle se dresse comme l'une des constructions les plus récentes du site et marque le point de départ de la partie supérieure du temple jusqu'à l'Okunoin.

Les pèlerins toujours concentrés continuent de compter le nombre de marches gravies. Des petites esplanades accueillent différents bâtiments et permettent de faire des pauses. On s'arrête devant les 2 plus remarquables qui sont :

  • le pavillon Kaisando, dédié au fondateur des lieux ;
  • et le petit autel rouge perché Nokyodo qui sert à la copie des sutras.

On remarque également un nombre conséquent de petites constructions en bois encastrées dans la roche, qui ne sont pas toutes accessibles aux visiteurs mais qui contribuent à se délecter d'un paysage à la fois naturel et mystique.

Yamadera, petit pavillon rouge Nokyodo à côté du Kaisando

Une récompense visuelle et spirituelle

Pratiquée quotidiennement par les moines du temple, l'ascension du Yamadera se montre aussi bien physique que spirituelle. Elle permet en effet de laisser en bas les mauvais esprits pour atteindre les cieux et la sérénité. On se détache progressivement des besoins et des désirs établis par le monde contemporain pour se sentir de plus en plus légers et soulagés une fois arrivé au sommet.

Le pèlerinage se termine devant le pavillon Godaido qui, outre son caractère religieux, sert de plateforme d'observation panoramique sur la vallée. Cette vue époustouflante offerte ici reflète à merveille le haïku signé du célèbre poète Basho Matsuo (1644 - 1694) à la suite de sa découverte de Yamadera en 1689 :

閑さや岩にしみ入る蝉の声

Shizukasaya / iwa ni shimiiru / semi no koe

que l'on peut traduire en français par :

Dans le profond silence
Imprégné dans la roche
Le chant des cigales

À noter que ce chant des cigales locales, baptisé 山寺の蝉 Yamadera no semi, figure parmi les 100 sons naturels du Japon (日本の音風景100選).

Une fois redescendus, l’esprit en paix, les amateurs de littérature japonaise peuvent visiter le Musée commémoratif Yamadera Basho situé autour de la gare.

⬇️ Plus bas sur cette page, découvrez nos conseils de visite à Yamadera et autour.
Par Kanpai Mis à jour le 16 février 2022