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Fukushima : l'OMS raisonne les doses de radiations

Doses nucléaires dans le Tôhoku, à Tokyo, au Japon et dans le monde

Dans un rapport rendu public hier, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) revient sur les doses de radiations mesurées suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima le 11 mars 2011. L'analyse des données récoltées pendant les six premiers mois après la catastrophe a été confiée à un panel de 30 experts mondiaux du nucléaire.

Ce document de 120 pages, qui s'appuie sur des mesures officielles et sur des simulations menées par ordinateur, est disponible uniquement en anglais sur cette page du site officiel de l'OMS (PDF / 1,85 Mo).

En substance, le document de l'OMS explique qu'en-dehors de certains spots de la zone dite "interdite" autour de la centrale Fukushima DaiIchi, la radioactivité n'a jamais dépassé 10 millisieverts (mSv) dans tout le Japon. Quant au reste du monde, l'impact est estimé à 0,01 mSv au maximum, soit un niveau très faible largement en deçà des normes admises.

Selon la synthèse de l'OMS :

Il peut être conclu que les doses estimées à l'extérieur du Japon sont en dessous (et souvent très en dessous) de doses considérées comme très faibles par la communauté en charge de la protection radiologique.

La question que beaucoup se posent encore est celle de savoir s'il est déconseillé de voyager en tant que touriste au Japon pour quelques semaines. Avec ce document, l'OMS vient ajouter une première pierre à leurs conclusions sur le risque sanitaire d'un voyage au Japon. Un second rapport, basé sur l'absorption des doses nucléaires par les personnes et l'impact sur leur santé, sera publié par l'OMS pendant l'été.

Dans le document, les statistiques montrent deux zones les plus touchées :

  • la petite ville de Namie dans la province de Futaba, à une dizaine de kilomètres au nord de la centrale
  • le village d'Itate dans la province de Soma, à environ quarante kilomètres au nord-ouest

Ces deux localités auraient reçu une dose comprise entre 10 et 50 mSv. Le rapport indique que le reste de la province de Fukushima, y compris dans la zone d'évacuation, n'a pas reçu de dose supérieure à 10 mSV. 57% de ces doses ont été reçues pendant le premier mois qui a suivi le 11 mars.

Rappelons que Tokyo se trouve à environ 250 km au sud-ouest de la centrale nucléaire Fukushima Dai-Ichi.

Je note également qu'en France, la dose annuelle moyenne reçue est de ~2,4 mSv/an/personne (selon Wikipédia). La limite de dose annuelle artificielle pour le public en France est de 1 mSv, elle est de 15 aux Etats-Unis (via).

Reste à savoir ce que l'OMS dira des populations évacuées autour de Fukushima, et des travailleurs qui nettoient la centrale et le site, dont la limite d'exposition annuelle est de 50 mSv (20 en France, 50 aux Etats-Unis). Le groupe de travail estime toutefois que les radiations au-delà d'un an après la catastrophe du 11 mars 2011, seront probablement inférieures à celles de Tchernobyl.

Le document de l'OMS propose également une analyse intéressante de produits alimentaires (riz, poisson, lait, oeufs, céréales, légumes et fruits...) en Bq / kg.

Un dernier mot pour rebondir sur mon article "Nucléaire : le risque radioactif d'un voyage au Japon" qui avait fait débat : comme dans toute autre prise de position, le rapport au nucléaire est soumis au biais de confirmation. Une donnée importante à prendre en compte, à mon sens, dans les discussions !

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Par Kanpai Publié en Mai 2012 - mis à jour en janvier 2015