Ville de Fukushima (Tohoku), plateforme d'observation Shinobu 2

Fukushima

La capitale de préfecture méconnue

L'avis Kanpai
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La ville de Fukushima est la capitale de la préfecture éponyme située à environ 300 kilomètres au nord de Tokyo, dans la région du Tohoku au Japon. Concernée mais non touchée directement par l'accident nucléaire de 2011, cette ancienne cité féodale gagne à être découverte pour son patrimoine et ses paysages de montagnes et de fleurs.

Située dans la vallée Naga-dori, au centre de la préfecture de Fukushima, la capitale départementale se montre facilement et rapidement accessible en train Shinkansen 🚅 depuis Tokyo au sud et Sendai au nord.

Une histoire mouvementée jusqu'à l'accident nucléaire de 2011

Autrefois ville-château 🏯 établie le long de la rivière Abukuma-gawa, Fukushima a connu un passé tumultueux. Son domaine féodal, d'abord baptisé Daibutsu-jo puis Suginome-jo, figure parmi les plus importants bastions du clan Date durant la période Sengoku (1477 - 1573). Le château Fukushima-jo passe ensuite aux mains du seigneur daimyo Gamo Ujisato en 1592. Sous le shogunat des Tokugawa (1603 - 1867), il est contrôlé successivement par les clans Honda, Hotta et surtout Itakura. Le retour du pouvoir impérial avec l'ère Meiji (1868 - 1912) marque la fin de l'indépendance des domaines féodaux et leur regroupement sous forme de préfectures départementales. La ville de Fukushima devient alors une capitale préfectorale moderne et son château est totalement démantelé. En comparaison, la cité féodale voisine d'Aizu-Wakamatsu affiche aujourd'hui un patrimoine architectural mieux préservé de cette époque.

Ville de Fukushima (Tohoku), avenue autour de la gare JR

La ville subit également des catastrophes naturelles majeures comme l'éruption en 1888 du mont Bandai qui fit 500 victimes puis, plus contemporain, le grand séisme du Tohoku de mars 2011. Ce dernier engendre un tsunami de grande ampleur sur la côte Pacifique et l'explosion de la centrale nucléaire Fukushima Daiichi, située dans la ville d'Okuma, à environ 64 kilomètres au sud-est de la ville.

Un taux de radiation équivalent à celui des capitales européennes

Non touchée par le tsunami, la ville de Fukushima subit en revanche les retombées radioactives de l'accident nucléaire, mais dans une moindre mesure car les vents des premiers jours qui suivent l'explosion poussent les particules de cesium et de radium surtout vers l'océan. La population n'est ainsi pas concernée par les mesures d'évacuation qui se concentrent sur un rayon maximal de 30 kilomètres autour de la centrale.

Plus de 10 ans après, les doses de radiation relevées dans les principaux sites de la ville sont compris entre 0,04 et 0,17μSv/h, soit les mêmes niveaux enregistrés qu'à Berlin, Londres ou Paris. Visiter pour quelques jours la ville de Fukushima n'expose pas à une radioactivité élevée et n'est donc pas dangereux pour la santé. Au contraire, soutenir le tourisme local contribue à faire revivre la région et ses habitants.

Ville de Fukushima (Tohoku), porte Torii à l'entrée du sanctuaire Haguro-san sur le mont Shinobu

Le mont Shinobu comme cœur spirituel

Depuis la grande gare JR Fukushima Station dont les alentours sont truffés d'hôtels 🏨, de commerces en tout genre, de bars et de restaurants, on découvre les principaux sites touristiques de l'hyper-centre aisément à pied sur une journée. Autrement, on rayonne en bus ou en train local pour se déplacer dans toute la ville et ses environs proches.

À 1 kilomètre vers l'est, on débute le parcours par une visite au sanctuaire Inari-jinja (福島稲荷神社) dont la particularité est sa grande porte torii ⛩️ réalisée en bois de cyprès du Japon (hinoki). Le site spirituel se montre par ailleurs consacré à :

  • Toyouke Omikami (déesse de la nourriture) ;
  • Okuninushi (considéré entre autres comme le consolidateur du pays) ;
  • et à son fils Kotoshironushi (divinité locale de la province d’Izumo).

On continue ensuite vers le nord, pendant 2 kilomètres, pour arriver au pied du mont Shinobu qui s'étend sur une circonférence de 7 kilomètres et comprend plusieurs sommets, dont le plus élevé culmine à 275 mètres d'altitude. Comme toute montagne au Japon, elle est considérée comme sacrée, ainsi son accès principal est surmonté d'une haute porte torii en pierre. L'on trouve également sur ses flancs plusieurs petits sanctuaires shinto dont les plus notables sont :

  • Fukushima Gokoku-jinja (福島縣護國神社) qui rend hommage aux esprits des victimes de guerre originaires de la préfecture ;
  • Neko Inari-jinja (ねこ稲荷) dédié aux chats ;
  • et Haguro-jinja (羽黒神社) situé en hauteur et accessible via un chemin composé de marches en pierre inégales. Il expose en son sein la plus grande sandale en paille waraji du Japon qui est remplacée tous les ans à l'occasion d'un rituel.

Le parc Shinobu-yama fait figure de poumon vert de la ville de Fukushima. À ce titre, il attire les résidents qui viennent s'y promener et s'y détendre dès que les beaux jours arrivent, à commencer par la floraison des cerisiers en avril et les célébrations festives de ohanami. De nombreux sentiers pédestres serpentent le long de colline et permettent d'accéder à 4 plateformes d'observation :

  • les observatoires Shinobu 1 et Karasugasaki pour contempler la ville en direction de l'ouest et du mont Bandai ;
  • les observatoires Shinobu 2 et 3 pour admirer le panorama à l'est du côté des rivières Matsu-gawa et Abukuma-gawa ainsi que du grand hippodrome de Fukushima, apprécié pour son effervescence lors des courses de chevaux qui s’y déroulent régulièrement.

Ville de Fukushima (Tohoku), vue sur l'hippodrome de Fukushima depuis le mont Shinobu

Les sculptures Iwaya Kannon

Au pied du mont Shinobu, du côté est, on recommande la visite du site bouddhiste Iwaya Kannon, où une soixantaine de statues ont été sculptées à même la falaise rocheuse. On retrouve notamment les représentations de divinités populaires comme :

  • 33 images de Kannon, la déesse de la compassion ;
  • Jizo, le protecteur des pèlerins et des enfants ;
  • Fudo Myo-o, l'un des 5 rois de la sagesse ;
  • et Benzaiten, la divinité des arts et l'un des 7 Dieux du Bonheur.

L’origine des premières sculptures remonteraient à une période comprise entre la fin de l'époque de Heian et le début de l’ère Kamakura, entre 794 et 1185. D'autres ont ensuite été ajoutées au cours de la période Edo (1603 - 1868). Le pavillon actuel Kannon-do installé devant la roche à été construit en 1614.

On prend le temps d'admirer en détail le travail réalisé, notamment les positions choisies ainsi que la précision de leurs expressions faciales. Bien sûr, certaines se montrent plus abîmées par le temps et semblent se confondre avec la roche. Quelques marches permettent par ailleurs de s'approcher de celles qui sont les plus en hauteur.

Ville de Fukushima (Tohoku), cerisier en fleurs sur le mont Shinobu

Montagnes et onsen à l'orée de la ville

Lorsque l'on s'éloigne du centre-ville, on découvre de vastes paysages de montagne recouverts de neige ❄️ en hiver et agréablement fleuris et verdoyants du printemps à l'automne 🍁. Plusieurs excursions sont possibles avec, à la clé, la possibilité de dormir sur place dans une auberge ryokan.

On retient en priorité les scéniques monts Bandai et Azuma avec les lacs Goshiki-numa et qui hébergent les sources chaudes réputées de Takayu et Tsuchiyu Onsen ♨️. Au nord de Fukushima, on trouve un 3ème village thermal baptisé Iizaka Onsen ainsi que le rutilant temple Nakano Fudoson (中野不動尊), coincé dans la roche et consacré à Fudo Myo-o. Enfin, les amateurs de floraisons printanières seront enchantés de se balader en avril au sein du parc Hanamiyama, situé au sud-est du centre-ville et considéré comme l'un des plus beaux spots de sakura 🌸 du Tohoku.

⬇️ Plus bas sur cette page, découvrez nos conseils de visite à Fukushima et autour.
Par Kanpai Mis à jour le 27 octobre 2023 Fukushima