The Royal Park Hotel Iconic Tokyo Shiodome, vue panoramique la tour de Tokyo et le mont Fuji

L'histoire de Tokyo

đŸ—ŒDe petit village de pĂȘcheurs Ă  mĂ©galopole tentaculaire

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Tokyo, ses gratte-ciels et ses nĂ©ons qui ne s’éteignent jamais sont souvent la 1Ăšre image qui vient Ă  l’esprit lorsque l’on Ă©voque le Japon. Aujourd’hui, la capitale abrite prĂšs de 14 millions d’habitants en son centre et s’étend en une mĂ©gapole tentaculaire de 44 millions d’ñmes, en tant que "rĂ©gion-capitale" dans la plaine du Kanto. Celle qui constitue la plus grande zone urbaine au monde a nĂ©anmoins connu de modestes dĂ©buts, qui sont aussi relativement rĂ©cents eu Ă©gard Ă  l’anciennetĂ© de l’histoire du pays.

GrĂące Ă  l’archĂ©ologie, on sait que la zone oĂč Tokyo s’est dĂ©veloppĂ©e, Ă  l’extrĂ©mitĂ© orientale de la plaine de Musashino, Ă©tait occupĂ©e au moins depuis le IIIe siĂšcle avant notre Ăšre. Cependant, elle ne figure dans les archives Ă©crites du pays qu’à partir de la fin du XIIe siĂšcle, dans les chroniques Azuma Kagami commandĂ©es par le shogunat de Kamakura. C’est Ă  cette pĂ©riode que le village d’Edo apparaĂźt, modeste bourgade de pĂȘcheurs Ă  l’embouchure de la Sumida, formĂ©e notamment autour du site du temple Senso-ji, fondĂ© dĂšs 645.

Vers le milieu du XVI siĂšcle, Ota Dokan, un samouraĂŻ affiliĂ© au clan Uesugi, construit le 1er chĂąteau 🏯 d’Edo sur une colline dominant la riviĂšre Sumida au bord de la baie d’Edo. Alors simple fortification de bois entourĂ©e de palissades et de tours de guet, cet emplacement sera systĂ©matiquement retenu pour y installer les futurs dirigeants du pays. AprĂšs ĂȘtre passĂ© sous l’autoritĂ© du clan Go-Hojo, qui rĂ©gnait sur la rĂ©gion du Kanto en 1524, le village et son chĂąteau font partie des territoires du Kanto attribuĂ©s au daimyo Tokugawa Ieyasu Ă  la suite de la bataille d’Odawara en 1590. Le rĂ©gent Toyotomi Hideyoshi pense ainsi parvenir Ă  Ă©loigner son principal rival du centre du pouvoir, mais va en fait contribuer Ă  son ascension.

Kokyo Higashi Gyoen (Tokyo), promenade entre les anciennes fortifications féodales

Époque Edo (1603 - 1868) : la naissance d'une mĂ©gapole

Ieyasu s’installe donc Ă  Edo en 1590 et il entreprend l’édification de son chĂąteau Ă  l’emplacement de l’ancienne forteresse, au bord de l'anse de Hibiya. AprĂšs son accession au pouvoir et au titre de shogun, il fait combler la mer pour crĂ©er les actuels quartiers de Marunouchi et Yurakucho.

Kyoto reste le sĂ©jour de l’empereur et la capitale officielle mais Ieyasu, devenant le souverain du pays de facto, va s’attacher Ă  solidifier son rĂšgne en dĂ©veloppant sa ville grĂące au systĂšme de rĂ©sidence alternĂ©e sankin kotai (ć‚ć‹€äș€ä»Ł). Ce systĂšme obligeait les seigneurs daimyo de tout le pays Ă  entretenir une rĂ©sidence permanente Ă  Edo, redirigeant une grande partie de leurs revenus vers la capitale officieuse et limitant leur possibilitĂ© de fomenter un coup d’État.

Le shogunat organise le territoire de la ville en allouant des parcelles autour du chĂąteau aux diffĂ©rents clans et reprĂ©sentants religieux, mettant en place le morcellement par quartiers si caractĂ©ristique de la Tokyo actuelle. À leur installation, ces quartiers Ă©taient environ 300 et vers le milieu du XVIIIe siĂšcle, on en comptait 1678. Cela valut Ă  Edo le surnom de "ville aux 808 quartiers" (ć€§æ±Ÿæˆžć…«ç™Ÿć…«ç”ș Oedo happyaku hachi cho) pour signifier la complexitĂ© de son organisation.

Ces quartiers sont rĂ©partis en 2 grandes zones que l’on connaĂźt encore aujourd’hui :

  • Yamanote (ć±±ăźæ‰‹ "cĂŽtĂ© montagne"), autour du chĂąteau et sur ses parties sud et ouest, sur des terrains un peu plus Ă©levĂ©s que le niveau de la mer. On y trouve la rĂ©sidence du shogun et les organes de gouvernement bien sĂ»r, mais aussi les rĂ©sidences des seigneurs fĂ©odaux et samouraĂŻs.
  • Shitamachi (例ç”ș "ville basse"), s’étend Ă  l’est du chĂąteau dans les plaines humides, les berges de la Sumida et accueille le "petit peuple" constituĂ© de pĂȘcheurs, marchands, artisans et agriculteurs.

Musée Edo-Tokyo, reconstitution du pont Nihonbashi et activité fluviale à l'époque

Les infrastructures se développent aussi rapidement pour répondre aux besoins de la population grandissante :

  • les cours d’eau naturels de la "ville aux 100 riviĂšres" sont amĂ©nagĂ©s pour faciliter le transport de marchandises, ainsi qu’une multitude de canaux sillonnant la ville basse ;
  • des aqueducs sont creusĂ©s pour assurer l’alimentation en eau potable, dont le cĂ©lĂšbre canal Tamagawa Josui en 1653 ;
  • le rĂ©seau des 5 Routes d’Edo (äș”èĄ—é“ Gokaido) est créé pour relier la capitale shogunale au reste du pays. Ainsi, ce sont les dĂ©buts de la cĂ©lĂšbre Tokaido (entre Tokyo et Kyoto) mais aussi de la Nakasendo, Koshu Kaido, Oshu Kaido (vers le nord) et Nikko Kaido.

Dans une sorte de cercle vertueux, les besoins des rĂ©sidences seigneuriales attirent richesses et main d’Ɠuvre, si bien que la ville croĂźt trĂšs rapidement :

  • il y avait dĂ©jĂ  150.000 habitants en 1636 ;
  • plus d'1 million au milieu du XVIIIe siĂšcle ;
  • et plus de 2 millions d’habitants au milieu du XIXe siĂšcle, faisant d’Edo l’une des villes les plus peuplĂ©es du monde.

Pour accueillir autant de population, la ville s’étend vers le nord et l’est ainsi que sur la mer, d’abord avec la colonisation de bancs de sable, puis par comblement avec la construction de polders (dĂšs les annĂ©es 1700 pour Tsukiji par exemple). La vitalitĂ© de la croissance urbaine n’est pas entamĂ©e par les catastrophes, comme le grand incendie de Meireki en 1657 qui a dĂ©vastĂ© la capitale pendant 3 jours, causant des 10aines de milliers de morts et la destruction du donjon d’Edo.

La population d’Edo se compose pour moitiĂ© de samouraĂŻs au service des daimyo ou du shogunat, et pour le reste de population "normale" : travailleurs, pĂȘcheurs, artisans, agriculteurs et marchands. Ces derniers seront les grands bĂ©nĂ©ficiaires de l’époque Edo, pendant laquelle nombre d’entre eux vont pouvoir s’enrichir et participer Ă  l’émergence d’une culture urbaine riche. SamouraĂŻs et marchands frĂ©quentent en effet les quartiers des plaisirs, dont le Yoshiwara, d’abord prĂšs de Nihonbashi puis au nord d’Asakusa, Ă  partir desquels se construit un hĂ©donisme illustrĂ© dans les estampes du monde flottant ukiyo-e, dans le théùtre Kabuki et la littĂ©rature. Edo est le foyer principal de cette culture, qui s’étend jusqu’à Kyoto et Osaka.

Asakusa (Tokyo), temple Senso-ji et Tokyo SkyTree

Edo devient Tokyo : capitale impériale et modernisation brutale

La fin du shogunat Tokugawa en 1868 marque un tournant majeur pour la ville d’Edo : l’empereur restaurĂ© dans son autoritĂ© dĂ©cide de quitter Kyoto et choisit d’installer sa capitale Ă  Edo, qu’il renomme Tokyo, la "capitale de l’est" le 3 septembre 1868, inaugurant ainsi le dĂ©but de l’ùre Meiji (1868 - 1912). Les institutions gouvernementales prennent place prĂšs du nouveau Palais ImpĂ©rial, qui rĂ©cupĂšre l’enceinte du chĂąteau au centre de la ville, et globalement sur les espaces occupĂ©s par les anciennes rĂ©sidences des seigneurs provinciaux (Akasaka, Chiyoda, Azabu, Roppongi, etc.).

L’ùre Meiji marque la mise en place d’un Ă©tat centralisĂ© Ă  Tokyo et une modernisation Ă  marche rapide pour maintenir la souverainetĂ© du pays face aux puissances Ă©trangĂšres qui frappent Ă  sa porte.

Devenue le centre névralgique du pays, Tokyo bénéficie des derniÚres technologies et tendances pour son développement :

  • le tĂ©lĂ©graphe, pour communiquer rapidement avec le reste de l’archipel ;
  • le chemin de fer, dont la 1Ăšre ligne relie Shinbashi Ă  Yokohama en 1872 ; Shinjuku est reliĂ©e Ă  Nagoya en 1889 par la future ligne Chuo ;
  • la Yamanote, qui forme une boucle autour des anciens quartiers huppĂ©s de la capitale, est construite entre 1885 et 1925. La ville est aussi sillonnĂ©e de plusieurs lignes de tram, dont il ne reste plus aujourd’hui que la ligne Toden Arakawa, alors que la 1Ăšre ligne de mĂ©tro (Ginza) ouvre en 1927.

L’architecture n’est pas en reste puisque Tokyo peut s’enorgueillir d’accueillir les derniĂšres tendances internationales, tout en dĂ©veloppant un style moderne local aux accents asiatiques appuyĂ©s. Les habitations et bĂątiments de moindre importance sont toujours majoritairement construits en bois, mais les institutions, grands magasins, Ă©quipements publics et rĂ©sidences princiĂšres bĂ©nĂ©ficient des techniques de construction occidentales. Parmi les Ă©difices qui nous sont parvenus, on peut citer:

Le quartier de Ginza conserve encore quelques Ă©lĂ©ments de son remodĂšlement de 1872, lorsque ses larges avenues ont Ă©tĂ© créées. Chaque bĂątiment prĂ©sente une touche d’originalitĂ© qui maintient l’esprit novateur de ses dĂ©buts.

L’ouest de Tokyo commence Ă  prendre de l’importance dans la 1Ăšre moitiĂ© du XXe siĂšcle avec :

  • l’amĂ©nagement de la zone autour de Meiji Jingu, consacrĂ©e Ă  l’empereur Meiji en 1917 ;
  • l’extension vers l’ouest le long de la ligne Chuo, et la formation d’une banlieue rĂ©sidentielle entrecoupĂ©e de zones industrielles et d’usines ;
  • l’ouverture du 1er aĂ©roport japonais Ă  Tachikawa (prĂšs du Parc MĂ©morial Showa) en 1922, d’abord pour des besoins militaires, puis civils en 1929.

Dans la foulée, le premier aéroport international civil ouvre en 1933 à Haneda, dans le sud-ouest de la ville.

Il est cependant difficile de retrouver des bĂątiments d’origine Ă  Tokyo tant la citĂ© a subi de destructions. Durant l’époque shogunale et comme toute ville japonaise, elle n’a Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©e ni par les incendies ni par les sĂ©ismes. Au XXe siĂšcle, elle a mĂȘme Ă©tĂ© contrainte de se renouveler drastiquement Ă  la suite de 2 Ă©vĂ©nements majeurs :

  • le grand sĂ©isme de 1923, qui a dĂ©vastĂ© la plaine du Kanto et les trois quarts de Tokyo, en particulier l’ancienne Shitamachi, en raison de l’ampleur des incendies qui ont suivi ;
  • les raids aĂ©riens amĂ©ricains, dont les bombes incendiaires ont rasĂ© une bonne partie de Tokyo dans la nuit du 9 au 10 mars 1945 (comme nous le dĂ©taillons dans un Ă©pisode dĂ©diĂ© du podcast Kanpai).

Shinjuku (Tokyo), chat 3D géant qui parle au micro à la tombée de la nuit

Tokyo moderne et cité internationale

Le visage actuel de Tokyo s’ébauche dans l’immĂ©diat aprĂšs-guerre avec des plans de reconstruction prĂ©voyant une redistribution des fonctions dans l’hyper-centre, tout en essayant de favoriser l’essor de villes satellites (Machida, Hachioji ou encore Chiba). NĂ©anmoins, le plan Dodge auquel est soumis le pays en 1949 impose une austĂ©ritĂ© financiĂšre qui incite Ă  limiter les dĂ©penses et par consĂ©quent les reconstructions. Celles-ci ne concernent finalement que les zones autour des gares des lignes Yamanote, Keihin Tohoku (qui relie Saitama Ă  Yokohama) et Sobu (entre Mitaka et Chiba).

Les prĂ©visions de croissance de la population sont Ă©galement largement dĂ©passĂ©es puisque qu’en 10 ans, la zone des 23 arrondissements passe de 3,44 millions d’habitants Ă  6,97 millions en 1955.

Si les restrictions et la pauvretĂ© qui suivent la Seconde Guerre mondiale sont marquantes, les industries lourdes japonaises, dont nombre d’entre elles sont installĂ©es au bord de la baie de Tokyo, fournissent l’armĂ©e amĂ©ricaine lors de la guerre de CorĂ©e (1950 - 1953), permettant au Japon de se redresser et d’entrer dans la pĂ©riode de haute croissance (1955 - 1973).

Ce miracle Ă©conomique japonais participe au retour de l’archipel dans "le concert des nations". Tokyo devient la vitrine du nouveau Japon avec :

  • l’organisation des Jeux olympiques d’étĂ© de 1964 Ă  Tokyo, aprĂšs le rendez-vous manquĂ© de 1940. L’attribution de l’évĂ©nement sportif accĂ©lĂšre le dĂ©veloppement de l’ouest de la capitale autour de l’arrondissement de Shibuya, qui accueille les principales infrastructures dont le fameux stade olympique de Yoyogi aux toits suspendus imaginĂ© par Kenzo Tange.
  • l’inauguration, Ă©galement en 1964, de la premiĂšre ligne de train Ă  grande vitesse Tokaido Shinkansen, entre Tokyo et Osaka, alors le train le plus rapide du monde.

D’autres infrastructures sont construites ou complĂ©tĂ©es Ă  cette occasion et l'on assiste par exemple Ă  l’expansion du mĂ©tro 🚇 de Tokyo, ou encore du rĂ©seau routier mĂ©tropolitain. Cette modernisation rapide se fait cependant au prix de l’environnement, comme le comblement de la plupart des riviĂšres et canaux, ou du patrimoine, en premier lieu le pont historique Nihonbashi masquĂ© par de gigantesques autoroutes urbaines.

Les besoins fonciers croissant continuellement, Tokyo s’étend dans sa baie mais aussi verticalement, notamment Ă  l’ouest de Shinjuku qui accueille le siĂšge du gouvernement mĂ©tropolitain de Tokyo (la fameuse "mairie" de Tokyo), ainsi que dans les quartiers centraux d’affaires autour de Ginza et de la gare de Tokyo. Le dĂ©ferlement de bĂ©ton, malgrĂ© des prix de l’immobilier record au niveau mondial, a lieu jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1990 et l’éclatement de la bulle spĂ©culative, qui ouvre une longue pĂ©riode de crise.

Celle-ci freine Ă  peine l’édification de tours toujours plus hautes, mĂȘme si les annĂ©es 2000 voient un changement de perspective avec une volontĂ© nouvelle d’amĂ©liorer le cadre de vie urbain. Les nouveaux complexes urbains, comme Roppongi Hills (2003), incluent des espaces verts au pied des immeubles voire des toits-terrasses, ainsi que des vues spectaculaires sur la ville et l’horizon vers le Mont FujiÂ đŸ—».

Deux grands projets majeurs sont en passe de durablement remodeler le paysage tokyoĂŻte :

  • le Greater Shibuya Project : un grand rĂ©amĂ©nagement autour de la gare de Shibuya, combinant tours de verre, vĂ©gĂ©talisation et rĂ©ouverture des voies d’eau enterrĂ©es dans les annĂ©es 1960. Les travaux ont dĂ©butĂ© en 2013 et devraient s’achever en 2027 ;
  • le projet START autour de Nihonbashi, qui vise Ă  enfouir l’autoroute aĂ©rienne tout en revitalisant le quartier et mettant en avant ses monuments historiques (le pont Nihonbashi). Les travaux titanesques ont dĂ©butĂ© en 2020 et devraient s’achever en 2040. La construction de la future plus haute tour du Japon, la Torch Tower, devrait ĂȘtre achevĂ©e en 2027.

D’autre part, les terrains gagnĂ©s sur la mer, initialement principalement occupĂ©s par des industries, sont de plus en plus reconvertis en espaces de loisirs et d’habitation : par exemple Toyosu, construit en 1923, accueille depuis 2018 le fameux marchĂ© de gros aux poissons 🐟 ; le polder de Harumi a vu apparaĂźtre le village olympique des JO 🏅 de 2020 ; Wakasu hĂ©berge divers Ă©quipements sportifs. On trouve naturellement Ă©galement des ports de croisiĂšres et de commerce, ainsi que divers types d’industries.‹

ConsidĂ©rĂ©e Ă  l’avant-garde architecturale et technologique dans les annĂ©es 1970-1980, la Tokyo des annĂ©es 1990 dessine une autre image d’Épinal du Japon avec le dĂ©veloppement de cultures issues de la jeunesse, qui s’expriment autour des quartiers de Shibuya et en particulier Ă  Harajuku, avec une mode girlie et colorĂ©e qui influence la pop culture mondiale et constitue une partie du soft power japonais dans le dĂ©but des annĂ©es 2000, au mĂȘme titre que les mangas et les anime.

Harajuku, (Shibuya, Tokyo), avenue Takeshita Street et enseigne Marion Crepes en 2010

Le tournant de 2020

Loin d’ĂȘtre figĂ©e dans le temps, Tokyo se rĂ©invente constamment, intĂ©grant Ă  son tour les influences internationales, avec un tournant particuliĂšrement marquĂ© autour de 2020.

Ainsi les jeunes TokyoĂŻtes dĂ©laissent Takeshita Street, devenue trop touristique, pour Shin-Okubo et ses boutiques orientĂ©es K-pop, tandis que Harajuku se gentrifie. De mĂȘme, l’ancien marchĂ© de gros de Tsukiji est en passe d’ĂȘtre intĂ©grĂ© Ă  un futur complexe urbain, alors qu'Odaiba, autrefois haut-lieu du divertissement, se voit progressivement perdre ses attraits au profit de nouveaux quartiers comme Toyosu ou encore Takanawa Gateway. À Shinjuku, la rĂ©putation sulfureuse du quartier de Kabukicho tend Ă  s’effacer pour attirer toujours plus de touristes Ă©trangers grĂące Ă  des attractions pensĂ©es pour eux. Akihabara, ancienne Mecque des otaku, perd lentement sa qualitĂ© de "ville Ă©lectrique" au profit de complexes rĂ©sidentiels de standing et les fans en tous genres se reportent sur Ikebukuro et Nakano Broadway. La gare de Tokyo, rĂ©novĂ©e en 2012, est maintenant cernĂ©e par les gratte-ciels surdimensionnĂ©s des quartiers d’affaires de Yaesu et Marunouchi.

Marunouchi (Tokyo), gare de Tokyo en briques rouges et gratte-ciels en verre

Une attractivité jamais démentie

Tokyo a fascinĂ© trĂšs tĂŽt dans son histoire, et les Japonais eux-mĂȘmes en premier lieu, puisqu’un premier guide de la ville en 7 volumes (!) est paru dĂšs 1662. Cette fascination a Ă©tĂ© entretenue et transmise de par le monde grĂące aux estampes reproduisant les paysages urbains et champĂȘtres de la ville, ses ponts et ses riviĂšres, peintes par les grands maĂźtres de l’ukiyo-e.

Aujourd’hui, l’hyper-centre de la capitale du Japon (ses 23 arrondissements spĂ©ciaux) voit sa population rĂ©guliĂšrement augmenter malgrĂ© des prix de l’immobilier qui figurent toujours parmi les plus chers au monde, et Ă  contre-courant d’autres rĂ©gions de l’archipel qui subissent de plein fouet le phĂ©nomĂšne de dĂ©natalitĂ©. C’est qu’il concentre tous les aspects de la vie Ă©conomique, politique et culturelle, abritant notamment les siĂšges de grands groupes japonais et internationaux.

C’est aussi souvent le 1er point d’entrĂ©e de nombreux touristes Ă©trangers qui trouvent en Tokyo une ville moderne et accueillante, oĂč chaque quartier a sa personnalitĂ©. Elle convient ainsi Ă  toutes sortes de visiteurs, qu’ils soient intĂ©ressĂ©s par la pop culture, les jardins traditionnels, l’architecture contemporaine, les musĂ©es ou mĂȘme la nature. Et si son aspect tentaculaire semble difficile Ă  apprĂ©hender lors de son sĂ©jour, il ne faut pas hĂ©siter Ă  faire appel Ă  un guide privĂ© et francophone notamment de chez Keikaku, qui saura sur place montrer Tokyo sous son meilleur jour.

Mis Ă  jour le 03 septembre 2026