Azabu-Juban
Le quartier de Tokyo chic international au charme discret
Azabu-Juban est un quartier de résidences et d’ambassades situé dans l’arrondissement de Minato, au centre de Tokyo. Cette zone sous-estimée offre des balades dans des petites rues tranquilles, aux nombreux commerces tournés vers une clientèle internationale implantée localement. Figurant parmi les quartiers les plus chics de la capitale mais sans prétention, on peut y profiter du calme à proximité de grandes attractions touristiques.
Azabu-Juban est un petit quartier idéalement situé entre les musées d’art contemporain de Roppongi Hills et le parc Shiba, qui abrite la Tokyo Tower 🗼 et le temple Zojo-ji. Sa station de métro 🚇 éponyme est desservie par 2 lignes très pratiques : la ligne Tokyo Metro Nanboku et la ligne Toei Oedo, dont la boucle connecte l’ouest et l’est de Tokyo en passant notamment par Shinjuku et Ueno.
La porte d’entrée sur les anciennes collines d'Edo
Le périmètre rectangulaire d’Azabu-Juban se trouve approximativement au centre d’une plus ancienne division administrative en place entre 1878 et 1947, nommée simplement Azabu, qui incluait également Roppongi au nord jusqu’à Azabudai.
Comme Shibuya, Azabu-Juban fait partie de la zone géographique Yamanote "côté montagne" (en opposition à Shitamachi), dont le nom en japonais reflète sa configuration initiale de petites collines. Ces reliefs se retrouvent encore aujourd’hui dans sa multitude de "saka" ou "zaka", des petites rues à la pente prononcée caractéristiques de l’ancien Azabu, dont Azabu-Juban constitue aujourd’hui le point d’entrée. Beaucoup de ces rues conservent le nom des fiefs de daimyo (seigneurs) dont les résidences étaient installées ici durant l’époque féodale.
La zone d’Azabu était habitée dès la préhistoire japonaise, mais n’a pris vraiment de l’ampleur et commencé à s’urbaniser qu’à partir de l’époque Edo (1603 - 1868), pendant laquelle elle abrite même le plus grand marché aux chevaux de la ville. À la fin du XIXe siècle, Azabu se développe en zone de divertissements, incluant cinémas et quartiers rouges, et de nombreux commerces. Après la 2nde Guerre mondiale et les dévastations dues aux raids aériens, la reconstruction met l’accent sur la fonction résidentielle et l’accueil de nombreuses représentations diplomatiques et ambassades, dont celle de France.
Aujourd’hui, l’ancien Azabu conserve une ambiance de petit village international où l’on se balade dans des rues bordées de résidences élégantes, de petits commerces et de cafés selon le quartier. Bien qu’Azabu soit l’une des zones les plus aisées de la capitale, elle reste facile d’accès pour tous et il n’est pas nécessaire d’avoir un gros budget pour en profiter.

Les différents visages d’Azabu
L’ancien arrondissement d’Azabu est divisé en plusieurs "districts" dont 3 sont particulièrement intéressants.
Azabu-Juban, shopping et détente
Ce quartier est de loin le plus connu de la zone et bénéficie d’une station de métro éponyme. On déambule tranquillement dans ses rues propices à une pause gourmande, avec de nombreux cafés et restaurants, ou pour profiter de la vie nocturne dans un de ses bars izakaya. La proximité de plusieurs ambassades permet de pouvoir choisir parmi différents styles de cuisines internationales si l’on est en manque de son plat préféré.
Les principaux atouts d’Azabu-Juban sont :
- Sa grande avenue commerçante Azabu-Juban Shotengai, dont les boutiques locales implantées depuis longtemps proposent des produits variés et pour tous les budgets. On y trouve aussi bien des spécialités japonaises comme les senbei ou les friandises karinto, que des produits artisanaux. On peut simplement y faire du lèche-vitrines dans un environnement plus authentique que les grands centres commerciaux habituels.
- Le tout petit mais néanmoins millénaire sanctuaire Juban Inari Jinja, dont les omamori en forme de grenouille sont très populaires. C’est également une des étapes du pèlerinage des 7 Dieux du Bonheur de Minato, et en novembre on peut s’y procurer un râteau porte-bonheur kumade.
- Patio Juban, un îlot arboré au cœur de la circulation, qui a pour particularité d’héberger une statue de Kimi-chan, la petite fille aux chaussures rouges héroïne au destin tragique d’une comptine bien connue des Japonais. Le destin de la fillette serait lié au quartier, ainsi qu’à Yokohama où l’on trouve 2 autres de ses statues.

Moto-Azabu, la touche historique
Accolé à l’ouest d’Azabu-Juban, Moto-Azabu juxtapose les époques. Les lieux à voir sont essentiellement des temples et des sanctuaires :
- Le temple Zenpuku-ji, fondé en 824 par Kukai (Kobo Daishi) est l'un des plus anciens temples de Tokyo. Ce lieu tranquille n’est pas une attraction touristique en tant que telle, mais il possède une belle architecture, enrichie au fil des siècles. Il est connu pour son gingko de plus de 750 ans (le plus vieux de la ville) et pour avoir hébergé la première représentation diplomatique des États-Unis à Tokyo en 1859. En toile de fond se dresse Motoazabu Hills Forest Tower, un immeuble moderne d’habitations à la silhouette originale.
- Yumemidou Ossuary ; ce lieu de recueillement, dans son édifice très moderne, abrite une statue de Bouddha vieille d’environ 400 ans dans sa partie Hondo au 1er étage, et des représentations de nymphes célestes tennyo de toute beauté.
- Le sanctuaire Azabu Hikawa Jinja, à la petite enceinte paisible sur une colline au cœur des habitations. Fondé durant l’époque Edo, son festival se tient le week-end le plus proche du 17 septembre chaque année.

Minami-Azabu, le quartier des ambassades
Au sud de l’avenue Sendai-zaka se trouve Minami-Azabu, dont les lieux remarquables sont :
- Le musée d’histoire des Coréens du Japon, à l’ambassade de Corée du Sud. L’exposition revient sur l’histoire des migrations forcées ou volontaires des Coréens au Japon depuis la fin du Sakoku. Il est à réserver aux férus d’histoire.
- L’établissement thermal Azabu Kurobisui Onsen Takenoyu, dont les eaux brun-noir naturelles sont réputées pour adoucir la peau.
- Le parc mémorial d'Arisugawa-no-miya (gratuit) à une 15aine de minutes de marche en direction de Hiroo, offre une pause verdure sur plus de 60.000 m², avec aires de jeux et paysages typiquement japonais. C’est dans ses environs que l’on peut particulièrement ressentir la topographie en "zaka".
Higashi-Azabu et Nishi-Azabu (respectivement à l’est et à l’ouest) sont essentiellement résidentiels. On traverse Higashi-Azabu lorsque que l’on vient à pied de la Tour de Tokyo ; et Nishi-Azabu est proche d’Omotesando et du musée Nezu.

Explorer un quartier de Tokyo à taille humaine
Azabu ne possède pas d’attraction touristique forte mais est propice à la promenade. On peut y passer ou y faire une pause entre 2 pôles touristiques, en reliant par exemple :
- le parc Shiba (Tour de Tokyo et Zojo-ji) à Roppongi Hills, et notamment la tour Mori Art Museum pour sa vue panoramique ;
- Azabu-Juban à Meguro, en passant par Shirokanedai (jardin Happo-en, Tokyo Metropolitan Teien Art Museum).
La culture populaire traditionnelle ou contemporaine offre son lot de parcours dans le quartier, en particulier :
- Le pèlerinage des 7 Dieux du bonheur de Minato, qui relie 8 lieux de culte de l’ancien Azabu entre le parc Shiba, Azabu Juban, Moto Azabu, Roppongi et Nogi-zaka. Des goshuin et omamori spéciaux sont à collecter dans la 1ère moitié du mois de janvier pour s’assurer une bonne fortune au cours de l’année. Le sanctuaire Juban Inari Jinja est celui du Takarabune, le navire aux trésors transportant les 7 dieux.
- Le pèlerinage Sailor Moon : l’héroïne Usagi vit en effet à Azabu-Juban et plusieurs lieux réels apparaissent dans le manga et l’anime : la station de métro Azabu-Juban, l’esplanade Patio-Juban, le sanctuaire Hikawa-jinja, le parc Arisugawa, etc. Il y a aussi 5 plaques d’égouts à l’effigie des personnages de la série à retrouver à des endroits clés de son scénario.
Enfin, on peut aussi visiter Azabu-Juban à la fin août pour son festival annuel Azabu-Juban Noryo Matsuri (麻布十番納涼まつり) organisé sur 2 jours et qui attire qui environ 40.000 personnes.
Azabu-Juban, et par extension tout l’ancien Azabu, est un ensemble de quartiers haut de gamme de Tokyo, à l’ambiance internationale feutrée. Il abrite une population très aisée, mais son atmosphère a conservé la simplicité et la décontraction de l’époque Edo. Sa topographie vallonnée ajoute au plaisir de flâner dans des rues calmes et charmantes, entre shopping et pause goûter.
