Ginza (Tokyo), touristes et résidents au début de l'année 2026

L'impact du tourisme chinois en baisse au Japon en 2026

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L'archipel débute l'année 2026 avec l'annonce d'un nouveau record de fréquentation touristique : 42,7 millions de touristes étrangers ont visité le Japon en 2025, soit une augmentation de 15,8% par rapport à 2024 qui était déjà une année record avec 36,9 millions de visiteurs internationaux.

Un record annuel de fréquentation ralenti pour 2025

Ces très bons chiffres restent néanmoins en deçà des prévisions que l'on pouvait estimer jusqu'à l'automne 🍁 2025. En effet, le nombre de touristes chinois au Japon est en net recul depuis la fin de l'année :

  • en novembre 2025, les autorités japonaises enregistraient 562.600 visiteurs de nationalité chinoise, soit une hausse d'à peine 3% par rapport à 2024, alors que l'on était jusqu'à présent sur des augmentations à 2 chiffres ;
  • en décembre 2025, la chute réelle est constatée avec seulement 330.400 touristes chinois au Japon, soit une baisse drastique de 45,3% par rapport à l'année précédente.

Au total sur l'année entière, ce sont 9.096.300 ressortissants chinois qui ont visité l'archipel en 2025, soit 30% de plus qu'en 2024 alors qu'on attendait une envolée davantage autour de 40%. On note également un retrait de 6,2% de touristes venus de Hong-Kong en 2025 vs 2024, soit 2,5 millions de voyageurs.

Ce ralentissement du tourisme chinois au Japon est la conséquence directe d'un regain de tension diplomatique observé entre les 2 pays depuis la déclaration de Sanae Takaichi, nouvelle Première Ministre japonaise, au sujet de Taïwan. Au cours d'une séance au Parlement le 7 novembre dernier, elle a évoqué que des attaques armées contre l'île pourraient "constituer une menace existentielle" pour le Japon et donc entraîner l'envoi de troupes de défense, au titre de la "légitime défense collective" prévue par une loi japonaise adoptée en 2015.

Jugeant ces propos provocateurs, la Chine a immédiatement répondu par une situation de boycott touristique et a déclaré :

Le ministère des Affaires étrangères ainsi que l'ambassade et les consulats de Chine au Japon rappellent solennellement aux citoyens chinois d'éviter de se rendre au Japon dans un avenir proche.

La consigne, qui n'est pas à l'origine une interdiction officielle, a été bien entendue et appliquée rapidement puisque 40% des vols entre les 2 pays ont été annulés dès décembre 2025. Depuis, l'impact de cette chute du tourisme chinois commence à être perceptible lorsque l'on voyage au Japon. On rappelle qu'après la Corée du Sud, la Chine est le 2ème pays qui envoie le plus de visiteurs étrangers au Japon.

Ginza (Tokyo), touristes et résidents au début de l'année 2026 (3)

La chute des touristes chinois est-elle perceptible au Japon ?

En ce début d'année 2026 et en période basse de saison touristique, on remarque que les sites incontournables et populaires ne se montrent pas aussi bondés que ces derniers mois. Le surtourisme n'est pas constaté notamment :

  • À Nikko, où selon notre propre expérience, nous n'avons pas croisé de bus de touristes chinois en voyage organisé.
  • À Kamakura, on rencontre surtout des touristes japonais, occidentaux ainsi que des jeunes en voyage scolaire. L'enceinte du grand Bouddha s'est montrée étonnamment peu fréquentée en matinée.
  • On relève une situation similaire au sein des temples et sanctuaires de Kyoto les plus prisés par les Chinois, à l'image du Eikan-do et du Sanzen-in qui s'avèrent davantage calmes et moins bondés depuis novembre dernier.

Ce ressenti n'est pas autant perceptible à Tokyo et dans ses quartiers touristiques comme Asakusa, Ueno, Harajuku, Shinjuku ou Ikebukuro qui drainent toujours autant de monde. En effet, la capitale reste la 1ère destination du pays et le repli chinois serait compensé par les autres nationalités venues en nombre plus important d'Europe, des États-Unis et d'Australie, selon les propos du ministre des Transports Yasushi Kaneko rapportés ici :

Bien que les touristes chinois aient diminué en décembre, nous avons attiré un nombre suffisant de visiteurs venant de nombreux autres pays et régions pour compenser cela.

Senso-ji (Asakusa, Tokyo), concentration de touristes internationaux au début de l'année 2026 (2)

De manière générale, on constate sur place et selon les médias locaux que les destinations les plus touchées par la baisse des touristes chinois sont celles justement les plus prisées par ces derniers au cours de l'année 2025, par exemple :

  • À Tokyo, une baisse de fréquentation touristique est visible au sein des boutiques de luxe du quartier de Ginza, autour de la statue de Hachiko à Shibuya qui est un spot photo où l'on fait la queue, et au sein des marchés aux poissons Tsukiji et Toyosu, ainsi qu'Ameyoko.
  • À Osaka, il y a moins de touristes chinois au sein des arcades de shopping comme à Shinsaibashi, au marché de Kuromon et pour visiter le château d'Osaka. Namba et Dotonbori continuent d'attirer la foule. La capitale du Kansai fait partie des villes japonaises les plus appréciées des Chinois, notamment pour sa proximité géographique et culturelle.
  • Dans le Kansai, on peut citer les sites touristiques comme Nara, Uji, Kobe.
  • Les villes moyennes telles que Wakayama, Fukuoka et Kumamoto sont impactées.
  • Les stations de ski et onsen ♨️ dans les Alpes japonaises et à Hokkaido risquent de voir leur taux d'occupation chuter du côté des touristes chinois.
  • L'archipel d'Okinawa et sa capitale Naha sont également visés par cette consigne de restriction.

Certaines activités ou expériences au Japon populaires sur les réseaux sociaux chinois connaissent également une certaine baisse de fréquentation.

Le recul du tourisme chinois peut bénéficier directement aux autres touristes étrangers en voyage au Japon, qui visitent ainsi les sites incontournables avec un peu moins de foule, mais cela reste sans aucune comparaison avec l'absence (quasi) totale de visiteurs pendant la pandémie de Coronavirus 🦠.

Une baisse notable des recettes touristiques

Parmi les plus nombreux à visiter le Japon, les touristes chinois sont également les plus dépensiers en terme de volume : ils représentent environ 1/5 des recettes touristiques du pays qui étaient de 8,1 trillions de Yens (~43,8 milliards d'euros) en 2024, puis de 9,5 trillions de Yens (~51,3 milliards d'euros) en 2025. Au cours du dernier quart de l'année dernière, la part des dépenses des voyageurs chinois au Japon est tombée à 14%. Autrement, ce sont les touristes de nationalité allemande qui dépensent le plus à titre individuel.

De cette façon, l'économie japonaise est également directement impactée par le recul du tourisme chinois. Certaines enseignes de grande consommation rapportent des baisses notables d'achat en duty-free, autour de 15% en décembre 2025 par rapport l'année dernière à la même période, notamment :

  • les magasins discount Don Quijote (Donki) ;
  • la marque de cosmétiques kyotoïte Yojiya ;
  • les chaînes de restauration rapide comme Matsuya ;
  • les grands magasins Takashimaya, Daimaru et Isetan ;
  • les pharmacies et parapharmacies Matsumoto Kiyoshi (Matsukiyo).

L'Office de Tourisme de Kyoto annonce par ailleurs, pour le mois novembre 2025 vs 2024, une baisse de 12,1% de réservation de nuitées de la part des touristes chinois au sein des principaux hôtels 🏨 de sa ville.

Aéroport de Haneda (Tokyo), peu de monde pour accueillir les arrivées au T3 début février 2026

Une opportunité pour les autres voyageurs en 2026 ?

Les relations diplomatiques entre la Chine et le Japon ne s'améliorent pas vraiment depuis novembre 2025 et le bras de fer semble ainsi s'inscrire dans une certaine durée. On retient ainsi que :

  • Symboles de l'amitié chinoise, les pandas jumeaux Lei Lei et Xiao Xiao sont partis du zoo du Ueno et ont été rapatriés en Chine le 27 janvier dernier, plus rapidement que prévu ; le Japon accueillait des pandas géants depuis 1972.
  • Les autorités chinoises continuent d'avertir ses ressortissants de ne pas se rendre au Japon, dernièrement pour des questions de sécurité envers leur communauté et de risque de tremblement de terre !
  • Les compagnies aériennes chinoises ont encore réduit leur nombre de vols avec le Japon de 47,2% en janvier 2026 et ont prolongé leur politique simplifiée d'annulation et de remboursement jusqu'en octobre 2026, qui devait initialement s'arrêter en mars. Le terminal 3 de l'aéroport de Haneda se montre en effet bien calme du côté des arrivées en ce début d'année.

La période du Nouvel An Chinois qui se déroule cette année du 17 février au 24 février 2025, sera sans aucun doute boudée par les vacanciers chinois qui iront ailleurs qu'au Japon célébrer l'année du Cheval de Feu 🔥. C'est peut-être ainsi le bon moment pour les autres voyageurs de profiter au mieux des parcs d'attractions 🎡 Tokyo Disney et Universal Studios Japan, qui sont d'habitude très prisés à cette occasion.

Il reste difficile de prévoir combien de temps ce boycott touristique peut durer : au moins jusqu'au printemps voire plus longtemps ; ce qui supposerait une saison des cerisiers 🌸 en fleurs moins bondée en 2026 ? Tant mieux pour celles et ceux qui ont déjà réservé leur séjour, peut-être une opportunité à saisir au niveau des vols et des hébergements pour les retardataires, sachant que le cours du Yen reste toujours très favorable en ce début d'année.

La situation politique au Japon pourrait par ailleurs s'inverser car Sanae Takaichi a dissout, vendredi 23 janvier 2026, la Chambre basse du Parlement. Des élections législatives anticipées sont ainsi organisées le 8 février prochain ; si son parti PLD sort perdant, elle sera sûrement amenée à laisser sa place de Première Ministre.

Dans tous les cas, l'agence JTB a publié ses prévisions de fréquentation touristique pour 2026 et table sur 41,4 millions de visiteurs étrangers, soit un recul de 2,8% par rapport à 2025 ; il s'agit de la première tendance à la baisse du tourisme international depuis la réouverture des frontières japonaises post-covid. Les chiffres de ces prochains mois ainsi que l'évolution de la relation Chine-Japon confirmeront si cette prévision était la bonne ou non.

Mis à jour le 05 février 2026