Prendre le bateau entre Corée du Sud et Japon : mon récit de voyage de Busan à Fukuoka

Prendre l’avion est devenu un acte banal, trop banal. Les lignes « low cost » nous emmènent désormais à moindre frais vers nos destinations de vacances. Le Japon s’est engouffré dans la brèche après l’Europe : avec ses Peach Aviation, Jetstar et autres Skymark, il est devenu très facile de voyager dans l’archipel … et au-delà des ses frontières. Justement, depuis la Corée du Sud, et si, cette fois-ci on prenait le bateau pour aller Japon ?

J’ai commencé mon second voyage estival au Japon par une semaine de visite en Corée du Sud. Les vols pour relier les deux pays ne manquent pas. Mais autant être original et se rappeler que les deux pays ne sont séparés que par à peine plus de 200 kilomètres de mer. J’ai donc choisi de prendre le bateau !

Ca tombe bien, un service de liaison maritime relie Corée au Japon, de Busan à Fukuoka, principale ville de Kyushu en 2h55 (précision toute japonaise). J’ai pu ainsi rejoindre relier Séoul à Tokyo sans prendre une seul fois les airs.

Le voyage commence donc à Busan (le Pusan des atlas de nos parents), la seconde ville de Corée du Sud, grand port, second marché aux poissons du monde (après le Tsujiki de Tokyo) et siège d’un festival international de cinéma de plus en plus réputé. Je me fâcherais peut être ici avec les Busanais mais il faut bien reconnaitre n’a pas grand-chose à y voir dans cette ville. Elle a cependant le grand mérite de se trouver à proximité de Gyeongju, la capitale de la Corée antique (royaume de Silla), destination qu’il ne faudrait pas rater, selon moi, de passage dans le pays. Busan dispose également d’un aéroport international et se situe à 2h30 de Séoul en KTX (le TGV coréen construit en partenariat avec la SNCF sur des rames d’Alstom – peu de dépaysement sinon Wifi gratuit et aucun retard n’a été à déplorer pour ma part)

Réservation et arrivée à l’embarcadère de Busan

Kobee la coréenne et Beetle la japonaise opèrent conjointement la traversée entre Busan et Fukuoka. Bien que Beetle soit une filiale de la compagnie de chemin de fer japonais JR Kyushu, le JR pass n’est malheureusement pas accepté.

Pour réserver votre trajet de chez vous, Internet est à votre service bien évidemment. Je vous déconseille d’utiliser le site officiel, pour deux raisons : la première, la réservation n’est possible qu’en japonais ; deuxièmement, vous trouverez moins cher ailleurs. Il faut donc se rendre sur aferry.com, leader mondial de la réservation de traversées maritimes.

Une fois le nombre de personnes et la dates choisis, le prix s’affiche : moins cher que le site officiel. Mais il n’y a pas d’arnaque, profitons-en !

Découverte du bateau

Alors moussaillons, près pour cette traversée en Pays du matin frais et Pays du soleil levant ?

Il faut tout d’abord arriver au port de Busan. C’est très simple, le terminal des voyageurs est à toute près de la station de métro Jujang et à un arrêt de la gare centrale.

Il faut ensuite prendre ses billets au comptoir en montrant le « voucher » imprimé à la maison et en payant un petit supplément d’une dizaine d’euro de taxe de carburant (malgré ce supplément, le ticket reste toujours moins cher que le prix officiel). Une trentaine de minutes avant le départ, il est temps de dire au revoir à la Corée : après le passage en douane, nous arrivons dans une salle d’attente avec son petit duty-free.

Il n’y a pas de soute, on monte dans le navire avec ses bagages à la main, que l’on range dans de grands compartiments ouverts comme dans un TGV. Tiens, tiens, voilà des ceintures de sécurité sur le fauteuil. Il n’y a pas de ponton pour admirer le paysage. On a voulu la vitesse mais on n’aura pas le romantisme.

Un début de traversé mouvementé

Le bateau part quelque temps après, juste le temps de jeter un coup d’œil sur l’embarcadère, les hôtesses qui n’ont ont accompagnées jusqu’ici nous disent au revoir, en se courbant puis nous saluant énergiquement de la main. Le Japon est presque là.

Après une bonne dizaine de minute de navigation, le navire s’arrête tout net (c’est le cas de la dire, lisez la suite). Le bateau tangue, chacun se regarde et vérifie qu’un sachet à vomi se retrouve dans le filet avant. C’est la version maritime des turbulences aériennes. On tangue de gauche à droite plutôt que de monter et descendre violemment. Nous ne sommes pas toujours habitués à naviguer en mer

Mais pour quel raison le navire s’est immobilisé ? S’arrête-t-il pour lancer à pleine vitesse les moteurs ? Face à l’empressement et à l’inquiétude du personnel, on comprend rapidement que la situation n’est pas habituelle.

Un stewart s’adresse à nous pour nous excuser. C’est le branle-bas de combat parmi l’équipage. Après quelques minutes de balançoire, le bateau redémarre enfin. Un filet s’était accroché aux hélices ! (c’est ici que se trouve mon jeu de mot). C’est sûr, le trajet durera désormais plus que les 2h55 prévues

Les boissons en vente sont à prix très raisonnables. Je prends un soda à la pêche. En voyage à l’étranger, et au Japon surtout, j’évite les Coca-Cola et autres boissons qui n’étonnent pas nos gorges et palais.

A l'horizon ... le Japon en vue

Après ces premières mésaventures, le trajet se poursuit tranquillement. A tribord, on aperçoit et salue l’ile japonaise de Tsushima. Le navire la contourne pour foncer droit vers Kyushu

Pendant la lecture de mon livre ou dans un moment de repos, je ne sais plus, mon téléphone soudain résonne. SFR, dans sa grande sympathie, m’annonce la bienvenue au Japon et me détaille les prix exorbitants de la 3G. Je regarde ma montre, nous y sommes bientôt.

C’est le moment de jeter un œil à bâbord sur la petite ile sacrée d’Onoro, interdite aux femmes !

Ca y est, Fukuoka est désormais à l’horizon. Une excitation me prend. On a beau avoir en tête de nombreuses images du Japon (nous sommes abreuvés jusqu’à plus soif, de photographie, vidéos, récit de voyages, de « vlogs » traquant dans ses moindres petits détails la vie de l’archipel), y avoir déjà été (c’est en l’occurrence mon second séjour dans l’archipel), il y a toujours une sorte d’excitation d’y poser les pieds. On se sentirait presque être parmi les premiers voyageurs occidentaux à voyager au Japon après l’ouverture des frontières sous le règne de l’empereur Meiji (fin du XXème siècle). Quand nous arrivons et voyageons au Japon, nous sommes tous en fin de compte de petits Emile Guimet, avides de connaitre ce peuple lointain et son pays, mais ce ne sont pas statues en bronzes de bodhisattva que nous rapporterons, mais des figurines en plastiques de nos héros favoris.

La Fukuoka Tower, haute de ses 234 mètres, se distingue enfin à l’horizon. Il est presque 18h, le soleil envoie ses chaleurs estivales avant d’aller se coucher.

Bienvenue au Japon !

Descendu du bateau avec notre valise, je me dirige vers la douane. Ici, rien de bien différent avec un autre aéroport de l’archipel : caméra thermique, avertissements pas rassurants sur l’épidémie d’ebola, contrôle de nos empreintes, questionnaire de douane. Une fois toutes les formalités accomplies, le douanier nous souhaite la bienvenue au Japon en apposant sur notre passeport un tampon et un autocollant de … « landing permission » !

Le terminal des passagers du Fukuoka n’est pas situé d’une station de métro ou d’une gare mais des bus et taxis attendent les touristes pour les diriger vers le centre-ville. Nous ferons le choix du bus pour nous conduire rapidement à la gare centrale (Hakata), là où passe le shinkansen reliant les grandes villes de Kyushu et le sud de Honshu. Comme bien souvent au Japon, la documentation sur la ville et ses environs est abondante. De plus, une équipe de l’office de tourisme guide très volontiers les arrivants à se disperser dans la ville ou dans l’île.

Je passerai la nuit à Fukuoka afin de repartir dans la soirée du lendemain en Shinkansen jusqu’à Osaka, basé pour visiter le château d’Himeji et le mont Koya. 15 jours trépidants de voyage m’attendent sur l’archipel.

… sans oublier

  • Il existe également des trajets moins rapides (6 heures) entre Busan et Fukuoka ou bien des liaisons pour l'île de Tsushima depuis le Japon ou de la Corée.
  • Pour les plus romantiques, n'oubliez pas un Busan – Osaka passant par la Mer Intérieur de Seto. Pour les Phileas Fogg en herbe, sachez qu’un un Shanghai – Osaka en deux jours vous attend.
Article intéressant ?
4.69/5 (13 votes)

Galerie photos

  • Comment navigue le bateau : on se contentera des images
  • Le port de Busan (Corée)
  • L'arrivée sur Fukuoka (Japon)

Découvrez les autres articles de Moctezuma

Commentaires

25 Mars 2016
00:59

Merci pour le retour d'expérience qui pourrait bien m'être fort utile !

26 Juin 2016
16:20

Super article ! Je vais faire ce trajet en sens inverse le 30 juillet. Je me demandais juste s'il était possible de réserver sur place au cas où les billets seraient moins chers ?

28 Juin 2016
22:38

Bonjour,
J'imagine que oui mais j'en sais trop rien. je ne me souviens plus bien si le bateau était plein.

28 Juin 2016
22:43

Du coup j'ai essayé de réserver pour le 30 juillet avec aferry mais les ferrys sont déjà plein ! Ils m'ont rappelé pour changer la date du voyage. La période doit être propice aux départs vers Busan !
Merci en tout cas pour la réponse !

Ajouter un commentaire