Takatsuki (Osaka), cerf-volants koi nobori au-dessus de la rivière Akuta au parc Akutagawa Sakurazutsumi

Kodomo no Hi

🎏 Le jour des garçons et Koinobori au Japon

Kodomo no hi, littéralement, le "jour des enfants" est un jour férié au Japon qui a lieu le 5 mai, en clôture de la semaine de vacances nationales, la Golden Week. Cette fête d’origine chinoise a subi de nombreuses évolutions pour aujourd’hui célébrer les enfants, et en particulier les garçons, dans le cadre familial. Ses symboles les plus connus sont la carpe cerf-volant koinobori et les miniatures d’armure et de casque de samouraï qui ornent les maisons où vivent des garçons.

La journée du 5 mai, Kodomo no hi, est l'une des cinq fêtes sekku (節句) marquant le passage des saisons, avec :

Cette fête originaire de Chine, très répandue en Asie, était appelée tango no sekku (端午の節句) jusqu’en 1948 avant qu’elle ne devienne un jour férié et ne prenne son nom actuel. Tango signifiait "premier jour du cinquième mois" dans l’ancien calendrier lunaire chinois. Le cinquième mois de l’année était considéré comme néfaste, mais c’était également celui où l’on procédait au repiquage des plants de riz, une tâche cruciale dévolue aux femmes.

Des rites à base de plantes odoriférantes comme l’acore odorant, une sorte de roseau dont le nom japonais est shobu (菖蒲), étaient alors pratiqués afin de protéger la communauté, et en particulier les femmes, du malheur. Ainsi, le premier jour du cinquième mois de l’année, les femmes étaient regroupées et confinées dans une maison au toit balayé avec des acores. C’était donc à l’origine une célébration destinée à protéger les femmes.

L’importance du roseau dans cette fête lui donna son autre nom en japonais : shobu no sekku (菖蒲の節句).

Une fête dont le sens a évolué à travers les âges

Un rite de protection global

Tango no sekku a été introduite au Japon durant la période de Nara (710-794) et d’abord pratiquée à la cour impériale. Les dignitaires ornaient leur coiffure d’acores et se rassemblaient pour recevoir des kusudama (薬玉), des enveloppes de papier sphériques contenant des herbes médicinales offertes par l’empereur. C’était alors une pratique courante au sein de l’aristocratie que de confectionner des sachets d’herbes médicinales pour se les offrir.

C’est à cette période également que la fête a commencé à être célébrée le cinquième jour du cinquième mois, peut-être en raison de l’homonymie du son "go" de tango avec le chiffre 5 qui se dit "go".

Association à la protection des garçons

Dès l’époque de Heian (794-1185), les familles de guerriers ayant un fils se distinguaient en disposant à l’entrée de leur maison une perche nobori (幟) et un étendard vertical (hata sashimono 旗指物) à l’approche de tango no sekku.

L’autre nom de cette fête, shobu no sekku, en référence à l’acore, permit de l’associer à shobu (尚武) signifiant "les valeurs guerrières", en jouant sur l’homonymie des deux mots. La classe des guerriers prenant l’ascendant sur la société à partir de l’époque de Kamakura (1185-1333), le sens martial se généralisa et la fête commença donc à être associée spécifiquement aux garçons.

Tango no sekku devint ainsi largement fêtée parmi les familles de guerriers. C’est à la même période que débute la coutume d’orner une pièce avec un casque de samouraï ou une armure. Cette démarche faisait écho à la coutume des guerriers de consacrer de tels équipements au sanctuaire afin de demander la protection divine au combat.

La fête était l’occasion de prier pour que l’héritier grandisse en bonne santé et pour la prospérité du clan. L’armure et le casque représentaient le souhait d’élever des fils forts et puissants, mais symbolisaient aussi avant tout le souhait de protéger l’enfant.

Entre autres rites, des batailles de pierres étaient également organisées jusqu’à l’époque d’Edo (1603-1868) où elles furent interdites en raison des blessés et des morts occasionnés. Elles furent remplacées par des batailles de shobu, dont la forme des feuilles évoque celle d’une lame.

C’est aussi durant cette période que la séparation nette entre la fête des filles (le 3 mars) et celle des garçons (le 5 mai) s’est établie. Au château 🏯 d’Edo, on prit l'habitude d'exposer un casque à l'occasion de la naissance de chaque fils du shogun. Le peuple reprit cette coutume en confectionnant un casque et une armure de papier pour cette occasion, qui se sont progressivement miniaturisés jusqu’à leurs dimensions actuelles. Au 18e siècle, la classe des commerçants et artisans a commencé à fêter tango no sekku avec le symbole de la carpe.

Matsue (Shimane), cerf-volants koi nobori au vent pour la fête des garçons début mai au Japon

Introduction du koi nobori à l’époque d’Edo

Le koi nobori (鯉のぼり), la perche surmontée de carpes flottant au vent, s’est développé dans la classe des marchands et artisans de l’époque d’Edo et principalement à Edo (ancien nom de Tokyo) et dans le Kanto. La symbolique de la carpe est très forte : c’est un poisson capable de vivre aussi bien dans des eaux limpides que dans un étang ou dans des marais et il renommé pour sa vigueur et sa persévérance, car il peut remonter les courants.

Ce poisson a aussi été choisi en référence à une légende chinoise selon laquelle une carpe est devenue un dragon et s'est envolée vers le ciel en remontant la cascade Ryumon (竜門 "porte du dragon"), ce qui a donné lieu à l’expression toryumon (登竜門) "la porte du succès".

La carpe symbolise le souhait de réussite de l’enfant dans n’importe quel environnement et quelles que soient les circonstances.

Comment fête-t-on Kodomo no hi ?

Kodomo no hi, ou tango no sekku, est célébré le 5 mai, mais les agapes peuvent commencer dès la veille. C’est une réunion familiale favorisée par une succession de jours fériés dans le cadre de la Golden Week. Comme toute célébration traditionnelle, celle-ci ne déroge pas à la règle d’avoir ses spécialités culinaires. En famille et avec les amis, on déguste ainsi :

  • des plats à base de carpe et de châtaignes ;
  • le chimaki (粽), un gâteau à base de riz gluant salé que l'on peut aussi trouver emballé dans une feuille de bambou ;
  • le kashiwa mochi (柏もち), un gâteau de riz gluant fourré aux haricot rouges sucrés, enveloppé d’une feuille de chêne mâle du Japon (Kashiwa).

La coutume de manger des kashiwa mochi est spécifique au Japon. Elle se base sur le fait que l'arbre qui donne son nom à la friandise ne perd pas ses anciennes feuilles tant que les nouveaux bourgeons ne sont pas apparus. Il symbolise ainsi la continuité entre les générations.

Persistance des rites anciens

Tango no sekku est aussi indissociable des acores, ou shobu (菖蒲), réputés pour éloigner les esprits malins. Cette plante fait l’objet de nombreux usages à cette occasion :

  • infusée dans le saké (shobuzake 菖蒲酒) que l’on boit ensuite pour se garantir des maladies ;
  • plantée dans le toit ou les avant-toits des maisons pour protéger ses habitants ;
  • constituée en oreiller (shobumakura 菖蒲枕 ) pour protéger le sommeil ;
  • trempée dans l’eau du bain (shobuyu 菖蒲湯), elle permet d'éviter les maladies.

Et bien sûr, la maison est décorée des différents attributs de cette fête : koinobori 🎏 à l’extérieur et casque et armure de samouraï à l’intérieur.

Le premier Kodomo no hi

Le premier tango no sekku d'un garçon est le plus important et se fête alors qu’il est encore un bébé, c’est le hatsu sekku (初節句) (premier sekku), un rituel qui se pratique depuis l’époque d’Edo pour que l’enfant grandisse fort et en bonne santé.

Il est de coutume d’offrir une poupée de guerrier et / ou un casque de samouraï. C’est en général la responsabilité des grands-parents, normalement du côté maternel de l’enfant, mais aujourd’hui les deux familles peuvent se partager la charge du cadeau.

Les autres membres de la famille ou les amis offriront plutôt une poupée de Kintaro, de Momotaro ou un koi nobori.

Dans certaines régions, on fait aussi voler un cerf-volant (tako age 凧あげ).

Quelles sont les différentes décorations et leurs significations ?

Perche koi nobori traditionnelle plantée dans un jardin privé au Japon

Le koinobori

Appelé aussi satsuki nobori (皐幟) ou koi no fukinagashi (鯉の吹き流し), le koi nobori consiste en une perche plantée dans le jardin à proximité de la maison, décorée de formes de carpes. Celles-ci peuvent être en papier ou en tissu, selon les époques, et flottent au gré du vent.

Il existe aussi des modèles destinés à orner l’intérieur, on parle alors de kazarikoi (飾り鯉), les carpes décoratives.

Un koi nobori est typiquement composé, de haut en bas :

  • d'un kaitenkyu (回転球) ou kagodama (かご玉), des sortes de sphères placées au bout de la perche ;
  • d'un yaguruma (矢車), une sorte de moulin à vent ;
  • d'un fukinagashi (吹流し), sorte de manche à air composée de 5 couleurs (goshiki fukinagashi 五色吹流し). Il peut aussi être orné de motifs porte-bonheur : dragon volant, nuages ou carpes (gara mono fukunafashi 柄物吹流し) ;
  • de la grande carpe noire magoi (真鯉), présente dès les débuts de cette tradition ;
  • de la carpe rouge et jaune higoi (緋鯉), ajoutée à partir de l’ère Meiji ;
  • et de la petite carpe bleue kogoi (子鯉 ou seigoi 青鯉), ajoutée au début du XXe siècle pour que l’ensemble symbolise une famille.

La carpe noire pouvait être aussi ornée du motif d’un petit garçon au corps rouge qui la tient fermement, en référence à la légende de Kintaro.

Avant la Seconde Guerre mondiale, la carpe magoi et la carpe higoi représentaient respectivement le père et le fils. C’est à partir des années 1950-1960 et l’évolution de la famille que la carpe higoi a commencé à représenter la mère, et que la carpe bleue est devenue celle de l’enfant. Plus récemment encore, des petites carpes kogoi de couleurs vives sont venues s’ajouter pour représenter tous les membres de la fratrie, filles comme garçons.

Cependant, le phénomène de dénatalité qui touche le Japon, combiné à la propension de plus en plus grande de vivre en immeuble sans jardin, tend à faire disparaître la coutume du koi nobori.

À noter que la tradition reste particulièrement forte à Kyushu et Shikoku, même si elle y est plus récente.

Kyuhodo (Osaka), miniature de casque de samouraï pour Kodomo no Hi.

Les gogatsu ningyo

Gogatsu ningyo (五月人形, littéralement "poupée du cinquième mois") désigne initialement la poupée ou le casque miniature offerts à l’enfant pour tango no sekku. L’usage de ce terme tend à recouvrir à présent l’ensemble des objets ou des décorations exposés pour cette fête, y compris parfois le koinobori.

Les poupées font l’objet d’autant de soins que celles de Hina Matsuri 🎎, et peuvent être exposées sur un présentoir de trois marches, sandai (三台) que seules les familles les plus aisées peuvent se permettre de posséder.

Sur la marche la plus élevée sont disposés :

  • Au centre, le casque de samouraï (kabuto 兜) et / ou l’armure (yoroi 鎧). Ils ont conservé leur fonction de protection symbolique contre des dangers plus contemporains, comme les accidents de la circulation. Ils sont censés recevoir les malheurs à la place de l’enfant.
  • Le kabuto sashi (兜差 , "personnage casqué") peut remplacer ou accompagner les précédents. Il s’agit d’une poupée de petit garçon portant le casque et / ou déguisé en général. Ces éléments sont offerts par la famille ou les proches pour le hatsu sekku.
  • À droite, l’arc et les flèches destructrices de démons (hamaya 破魔矢), issus de la légende de Shoki, une divinité guerrière chinoise. À l’époque de Kamakura, on offrait de telles flèches à une famille de guerriers où un garçon venait de naître, comme ornement de bon augure.
  • À gauche, un sabre (tachi 太刀), qui n’est pas destiné au combat, mais à faire fuir les démons par son éclat, car ceux-ci craignent la lumière. À l’origine il était utilisé lors de rituels avant de devenir un ornement pour cette fête.

Derrière cet ensemble, on place un paravent (byobu 屏風), généralement doré afin de mettre en valeur les objets exposés, mais aussi pour sa fonction prosaïque de séparation et de protection. Il peut être orné de plusieurs types de motifs :

  • Fujin (風神) ou Raijin (雷神), respectivement dieu du vent et dieu du tonnerre, protègent des esprits malins ;
  • le dragon attire la chance ;
  • le tigre pour une croissance en bonne santé ;
  • la carpe pour la vitalité.

Le deuxième rang est dévolu aux trois objets indispensables lors d’une bataille (sanpin 三品) :

  • gunsen (軍扇), l’éventail de guerre pour diriger l’armée ;
  • jingasa (陣笠), le chapeau de fantassin ;
  • et jindaiko (陣太鼓), le tambour de guerre pour donner le signal aux troupes.

Enfin le troisième rang accueille les trois trésors (sanbo 三宝) :

  • heishi (瓶子), au centre, sont des contenants à saké dans lesquels on a planté des tiges de shobu ;
  • des kashiwa mochi à droite ;
  • et des chimaki à gauche.

Les familles se contentent en général de l’ensemble de la première marche, ou de la poupée kabuto sashi, qui peut être complété par un étendard au prénom du garçon (namae hata 名前旗), posé à côté.

En principe, chaque garçon de la famille devrait recevoir ses gogatsu ningyo, mais en raison du manque de place pour les conserver et de leur coût, s’est développée l’habitude d’exposer un étendard par garçon. Au même titre que les autres objets, l’étendard représente la prière d’une croissance en bonne santé destinée à chaque garçon individuellement.

Des poupées à la valeur morale

D’autres poupées peuvent être offertes à l’occasion de Kodomo no hi. Elles représentent des personnages réels ou légendaires appréciés pour leurs valeurs guerrières et leur intelligence. Parmi les plus fréquents, on trouve :

  • Ushiwakamaru (牛若丸), le nom de jeunesse de Minamoto no Yoshitsune (1159-1189), réputé pour être un tacticien de génie et un guerrier accompli. Malgré son enfance difficile, il réussit à s’élever jusqu’à la position de shogun et fonda le bakufu (gouvernement) de Kamakura. Il est représenté sous son apparence juvénile, tenant une flûte à la main en référence à sa rencontre avec Benkei.
  • Benkei (弁慶, 1155-1189) était un moine guerrier très violent. Il devint le vassal de Yoshitsune après l’avoir attaqué pour lui dérober son arme. Sa force n’avait d’égale que sa loyauté envers son seigneur, et la légende veut que son corps soit resté debout même après sa mort. Il est représenté transportant un paquet d’armes sur son dos.
  • Momotaro (桃太郎), le légendaire garçon né d'une pêche, bien qu'un peu paresseux, était réputé pour sa force extraordinaire. Il chassa les démons d’Onigashima avec l’aide d’animaux qu’il avait ralliés à sa cause. Il symbolise la capacité à repousser le mal et à fédérer. Il est représenté richement vêtu, portant un étendard où est inscrit 日本一 (nippon ichi) "le meilleur du Japon".
  • Kintaro (金太郎) est le nom de jeunesse de Sakata no Kintoki, un personnage semi-légendaire du début de l’époque de Heian, qui servit aussi les Minamoto. Élevé dans la montagne par une ogresse, il était d’une force herculéenne et d’un courage sans faille. Un épisode célèbre raconte comment, enfant, il a maîtrisé une carpe plus grosse que lui. Il est représenté en enfant au corps rouge affrontant une carpe, ou vêtu d'un tablier rouge et brandissant une hache.
  • Shoki (鍾馗) aurait vécu en Chine entre les VIIe et IXe siècles. Il étudia ardemment pour devenir fonctionnaire, un poste important à l’époque, mais fut recalé en raison de sa laideur. Il se suicida en guise de protestation et l’empereur, touché par son histoire, célébra ses funérailles avec compassion. Plus tard, gravement malade, l’empereur rêva d’un grand démon en chassant un petit. Il s’agissait de Shoki, venu aider l'empereur en reconnaissance de sa considération envers lui. À son réveil, le souverain guéri ordonna que Shoki soit représenté tel qu’il lui était apparu. Son image effrayante est utilisée pour chasser les maladies, mais aussi pour assurer la réussite scolaire et professionnelle de l’enfant et prier pour qu’il fasse preuve de reconnaissance.

Enfin, le tigre en papier mâché (hariko no tora 張子の虎) représente un tigre rugissant dont la tête est montée sur un cou plus long que nature, pouvant osciller de haut en bas. Depuis l’époque d’Edo, on l'offre lors du premier tango no sekku, principalement dans la région du Kansai. Il est placé à côté du casque de samouraï pour symboliser l’affection des parents envers leur enfant et leur volonté de le protéger comme le ferait une tigresse pour ses petits.

Takatsuki (Osaka), cerf-volants koi nobori au-dessus de la rivière Akuta au parc Akutagawa Sakurazutsumi 2

Où voir des koinobori au Japon ?

Contrairement à Hina Matsuri, Kodomo no hi ne donne pas vraiment lieu à des célébrations publiques. Le jour des enfants le 5 mai se fête à la maison, en petit comité. Il est néanmoins marqué un peu partout au Japon par des sites décorés où les familles peuvent se rassembler :

  • au bord des rivières : la Sumida à Tokyo, la Kamogawa à Kyoto, ou encore l’Akuta à Takatsuki dans la préfecture d’Osaka ;
  • dans les parcs : Tokyo Midtown ou Tokyo Dome City, entre autres ;
  • et autour de certaines attractions touristiques, comme Tokyo SkyTree ou Tokyo Tower.

Au gré des promenades, on peut également apercevoir des carpes cerfs-volants accrochées aux maisons. Certaines enseignes de pâtisserie japonaise de quartier préparent les gâteaux de riz traditionnels.

Les boutiques pour touristes proposent en général quelques objets en rapport avec la période, comme des petites suspensions koinobori à rapporter en souvenir. Peu de magasins présentent les traditionelles gogatsu ningyo dans leurs vitrines. Les meilleurs endroits pour en voir sont les lobbys d'hôtels 🏨 à Kyoto par exemple, ou encore les boutiques spécialisées dans les poupées japonaises, un peu partout dans le pays courant avril, ou dans un des musées qui y sont consacrés le reste de l’année.

Sur place

Comment dit-on en japonais ?

こどもの日 (kodomo no hi)

Autre(s) nom(s) :

端午の節句 (tango no sekku)

菖蒲の節句 (shobu no sekku)

鯉のぼり(koi nobori)

五月人形 (gogatsu ningyo)

Dernière mise à jour le 04 Mai 2020