Juunishi
Les 12 signes astrologiques japonais
Jûnishi (十二支) signifie les "12 branches terrestres" du zodiaque chinois et est aussi appelé eto (干支) en japonais. Le terme désigne les 12 animaux du zodiaque japonais, issu lui-même de l’astrologie chinoise. Contrairement au zodiaque occidental où chaque animal se voit attribuer 1 mois, dans les zodiaques chinois et japonais, chaque animal règne sur une durée d’1 an. Le zodiaque chinois adopté au Japon est à la croisée de plusieurs théories, mêlant notamment notions de taoisme et de bouddhisme.
Ainsi, aux "12 branches terrestres" sont également associés les notions :
- de yin (陰) et yang (陽) ☯️, qui alternent d’1 année sur l’autre ;
- et 5 éléments (bois, eau, feu, terre, métal) qui durent 2 ans.
Il se crée ainsi un cycle sexagésimal de 60 ans, répétant 5 fois le cycle zodiacal de 12 ans.
Au Japon, les personnes ayant atteint la fin d’un premier cycle de 60 ans fêtent un anniversaire spécial appelé kanreki (還暦 "recommencement du calendrier") signifiant qu’un cycle complet a été accompli et qu’il recommence sur le même eto ou signe astrologique japonais qu’à la naissance.

Origines de Juunishi
Conçu sur des bases astronomique et astrologiques encore plus anciennes, le zodiaque chinois serait apparu dès la dynastie des Han (206 avant notre ère – 220 de n.è.). Il permet de formaliser la mesure du temps utilisant un calendrier luni-solaire sur une base de 12 idéogrammes, auxquels ont été attribués plus tard 12 animaux pour compter les années.
Cette façon de compter le temps est importée au Japon au cours du VIe siècle et est officiellement utilisée à partir de 604 par l’impératrice Suiko. C’est notamment sur la base de ce calendrier que sera établie la date de début de règne de Jinmu, le premier empereur mythique du Japon.
Jusqu’à la fin de l’époque Edo (1603 - 1868), les animaux du zodiaque japonais étaient utilisés pour désigner non seulement les années, mais aussi des mesures du temps plus courtes : l’heure, le jour et le mois. On les utilisait même pour indiquer des directions.
Autrefois, chaque année du cycle commençait au début du printemps 🌸 dans le calendrier traditionnel japonais Koyomi : Risshun autour du 4 février.
Aujourd’hui, l’année zodiacale japonaise débute le 1er janvier pour une période de 12 mois, alors que le Jour de l’An chinois débute toujours à une date variable entre le 21 janvier et le 20 février. Par exemple, en 2026, l’année du cheval débute officiellement le 17 février et dure jusqu’au 7 février 2027.
Riche en mythes et en légendes, ce système astrologique attribue à chaque animal des qualités et des défauts, qui influenceraient la personnalité et le destin à la naissance.

Quels sont les 12 animaux du zodiaque japonais ?
Plusieurs légendes coexistent sur la constitution du zodiaque chinois : elles ont souvent pour base l’organisation d’une course ou une convocation par une entité supérieure. Ainsi certaines versions racontent que l’Empereur de Jade, souhaitant créer un système zodiacal, proposa aux animaux une course récompensant les 12 premiers par une place dans ce système ; d’autres que les animaux ont été conviés par Bouddha à un banquet avant sa mort et que les 12 premiers arrivés sont ceux qui ont été retenus.
En effet, les animaux sont placés dans un ordre bien précis dans le zodiaque chinois, qui est repris dans le zodiaque japonais avec quelques adaptations locales. Les zodiaques chinois et japonais se déroulent ainsi dans l’ordre suivant :
Selon la légende, le chat 🐈 serait absent du zodiaque chinois en raison de l’inimitié du rat, qui aurait rusé pour empêcher le félin de prendre part à la sélection. Une autre explication plus prosaïque est que le chat domestique n’a été introduit en Chine qu’à partir du VIe siècle, après la finalisation du zodiaque, mais il remplace parfois le lapin ou le lièvre dans d’autres pays d’Asie.

Quel est le signe astrologique japonaise cette année ?
Le cycle actuel a débuté en 2020 par l’année du rat de métal. Le cycle continue avec :
- 2021 : bœuf de métal
- 2022 : tigre d’eau
- 2023 : lapin d’eau
- 2024 : dragon de bois
- 2025 : serpent de bois
- 2026 : cheval de feu 🔥
- 2027 : mouton de feu
- 2028 : singe de terre
- 2029 : coq de terre
- 2030 : chien de métal
- 2031 : sanglier de métal
Un nouveau cycle commence en 2032 avec l’année du rat d’eau.
Chaque animal dispose de qualités et de défauts, qui, associés à l’un des 5 éléments et aux polarités yin et yang, seraient transmis aux personnes à leur naissance et influenceraient leur destin. Les astrologues utilisent également ces caractéristiques pour élaborer leurs prévisions de l’année et déterminer l’influence de l’animal sur le cours de celle-ci.
Pour conjurer le sort ou le favoriser, on peut utiliser un kanji d’un signe zodiacal bénéfique pour nommer un nouveau-né, ou encore attendre le bon moment astrologique pour lancer un projet, ou se marier par exemple.
Certaines années ont pu connaître des pics de naissance, comme les années du dragon, la créature étant jugée porter chance, ou au contraire une baisse démographique, comme les années de cheval de feu, dont les filles nées ces années-là étaient jugées plus difficiles à marier. La compatibilité des signes entre eux a aussi pu être prise en compte pour choisir ses partenaires en affaires ou matrimoniaux, mais ces pratiques tendent à disparaître.

Comment s’attirer les faveurs du zodiaque japonais ?
Au Japon, l’influence d’un signe astrologique est considérée commencer à partir du 1er janvier, mais l’on peut se procurer amulettes et porte-bonheurs à l’effigie du nouvel animal dès la fin de l’année précédente auprès des temples et sanctuaires. On peut aussi :
- envoyer des cartes de vœux nengajo à l’effigie de l’animal de la nouvelle année ;
- déposer un vœu sur une tablette ema, également à l’effigie de l’animal, au cours de la 1ère visite au temple ou au sanctuaire de l’année hatsumode en janvier ;
- lors de la même visite, tirer un eto-mikuji, une prédiction pour l’année dissimulée dans une petite figurine de l’animal astrologique.
Les animaux du zodiaque japonais sont des motifs populaires que l’on peut retrouver un peu partout en décoration, et très fréquemment sous forme de mascottes kawaii en papeterie notamment. 8 des signes du zodiaque japonais eto décorent notamment les clés de voûte du dôme de la sortie nord de la gare de Tokyo (côté Marunouchi), les 4 autres décorent une porte à Takeo Onsen ♨️ (préfecture de Saga à Kyushu), la ville d’origine de Tatsuno Kingo l’architecte concepteur de la Gare de Tokyo.
Si l’on visite des temples et sanctuaires au Japon, on retrouvera fréquemment le motif du disque zodiacal au plafond de leurs portes principales, les animaux pourront être déclinés sous forme d’ema de toutes tailles, et même de statues disséminées dans leurs enceintes.

On peut citer par exemple :
- les sanctuaires Tenman-gu dans tout le pays, dédiés à Sugawara no Michizane, qui ont tous une statue de bœuf, son animal favori ;
- le sanctuaire Kami-gamo à Kyoto attirera particulièrement les natifs du cheval, car il organise chaque année 2 événements autour de l’équidé : Kurabeuma une course à cheval qui a lieu le 5 mai, et Kamo no Uma matsuri le 8 septembre ;
- le temple Kennin-ji près du quartier de Gion à Kyoto, abrite de magnifiques peintures de dragons, et son sous-temple Ryosoku-in est gardé par un koma-tora, un tigre-gardien ;
- le sanctuaire Okazaki-jinja à Kyoto est réputé pour la multitude de statuettes de lapins qui peuple son enceinte ;
- le temple Taishakuten dans le quartier Shibamata de l’est de Tokyo abrite de petites statuettes de serpents blancs, réputés symboles de prospérité ;
- ou encore, le sanctuaire Asakusa Otori-jinja de Tokyo serait à l’origine de la fête du coq, qui se tient tous les jours du coq en novembre, et où l’on peut acheter un râteau porte-bonheur kumade.
