Des animaux japonais sacrés qui font légende

Parce que près de 65% du territoire japonais est constitué de terres inhabitées et parfois sauvages, la faune du pays possède naturellement son lot d'espèces et la population humaine partage souvent son territoire avec nombre de ces animaux. Par exemple, on connaît bien les cerfs de Nara. Errant en liberté dans le parc de cette ville et autour, celui qu'on appelle ici shika a la particularité de garder ses tâches à l'âge adulte, tout comme les daims. Outre ceux qui se trouvent à Nara et à Miyajima, l'espèce vit principalement à Hokkaido. Ces animaux sont considérés comme sacrés par l'influence d'une légende expliquant comment 建御雷 Takemikazuchi, le dieu du tonnerre révéré dans le sanctuaire Kasuga Taisha, est venu dans la ville alors qu'il chevauchait un cerf.

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On constate que beaucoup d'animaux ont gagné auprès des Japonais cette place d'animal sacré, de par l'appréciation parfois littérale de certaines légendes et le fond de philosophie shinto dans la pensée japonaise, qui donne une vie et une volonté propre à chaque chose.

Le tanuki

Aussi appelé chien viverrin, c'est un canidé qui vit en solitaire avec sa famille. Il ressemble à un gros raton-laveur qui hiberne en hiver quand les températures sont très basses. Il se nourrit de ce qui lui tombe sous la patte, principalement des petits animaux mais aussi de quelques plantes. De par sa fourrure bien garnie, cet animal est chassé et représente selon les statistiques plus de 10% des animaux tués par la chasse au Japon.

Dans le folklore japonais, il est un yokai (esprit) nommé "bake danuki". Son aspect mythique est différent de celui de l'animal que l'on peut rencontrer dans la campagne japonaise : debout sur ses pattes arrières, portant un sugegasa (chapeau typiquement chinois), avec un ventre bedonnant et des testicules disproportionnées. Il est très représenté dans l'art japonais depuis le moyen âge où un lui attribue l'aspect malicieux que l'on donne en Europe au renard.

On le retrouve ainsi dans beaucoup de légendes, contes et farces japonaises dont la plus connue est celle du moine et de la bouilloire, ou bien encore dans le film d'animation Pompoko d'Isao Takahata. Il a la particularité de se métamorphoser et de jouer des tours aux humains. Malgré cela, on en retrouve des statues dans les jardins de maisons ou restaurants pour apporter la bonne fortune.

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La grue

Avec jusqu'à 1m50 de hauteur, c'est le plus grand oiseau du Japon, classé entre le flamant rose et l'autruche. Elle est facilement reconnaissable par le sommet de sa tête, rouge à l'âge adulte (ce qui lui vaut d'ailleurs le nom de "grue à couronne rouge"), et par les parties noires de son plumage autrement totalement blanc. Bien que présente dans d'autres régions du monde, l'espèce japonaise se trouve à Hokkaido et sa migration se fait seulement dans l'île. Elle vit près des rivières et mange des graines, des plantes et des petits animaux.

Espèce aujourd'hui en danger, cette population a pu augmenter grâce à l'aide de homme qui la nourrit en hiver. C'est la grue japonaise que l'on retrouve dans la légende des 1000 origami : si l'on en plie 1.000, la personne malade à qui ils sont destinés se rétablira. Ceci s'explique par le symbole de longévité et dans le taoïsme un symbole d'immortalité : les Japonais pensent qu'elles peuvent vivre plus de 1.000 ans.

Le macaque japonais

On le retrouve sur tout l'archipel sauf à Hokkaido. Ce singe à la fourrure touffue, le visage et les fesses rouges en période d'accouplement, mesure moins d'un mètre et peut vivre jusqu'à 20 ans. Il serait difficile de retrouver ceux-ci dans les villes, les montagnes japonaises étant leur lieu d'habitation. C'est aussi la seule espèce de singe vivant au Japon.

Pour se réchauffer en hiver, il arrive que ces macaques prennent des bains dans des onsen, les sources chaudes naturelles (le spot le plus connu étant Jigokudani à Nagano). Pour expliquer ce phénomène, une légende explique que durant un hiver rude des temps anciens, les macaques supportaient si mal le froid qu'ils étaient près de la mort. Les samurais qui s'en occupaient demandèrent aux chouettes harfangs une solution afin de les protéger du froid. Les hiboux allèrent jusqu'au soleil pour en prendre chacun un morceau dans leur bec. Un fois revenus, ils déposèrent ces morceau sur la neige qui se mit à fondre et créa une source chaude dans laquelle les macaques furent déposés afin qu'ils puissent se réchauffer.

La macaque japonais a inspiré les fameux singes de la sagesse, emblème asiatique représentant trois singes : l'un se tenant les oreilles, un autre la bouche et le troisième les mains devant les yeux. Ils symbolisent ensemble une maxime que l'on pourrait résumer : ne rien entendre ou voir ou dire.

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Si durant votre séjour au Japon, vous vous éloignez des centres urbains vous aurez peut être la chance de découvrir cette faune ainsi que d'autres animaux, peut être moins sacrés mais composant tout autant la biodiversité animale propre au Japon.

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Illustration par Yuko Shimizu

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