Ise Jingu, procession de prêtres shinto au sanctuaire intérieur Naiku (Kotai-jingu) pendant Kenkoku-kinen-sai, le 11 février

Kenkoku Kinen no Hi

Le jour férié de la Fondation du Japon

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Kenkoku Kinen no Hi est un jour férié au Japon qui célèbre la fondation du Japon et a lieu tous les ans le 11 février. Sa date a été choisie pour rappeler les origines mythologiques de l’archipel et elle est également associée à la première constitution du Japon. D’abord une des célébrations les plus importantes de l’ère Meiji jusqu’à la guerre, cette fête nationale du Japon est un jour férié depuis 1966.

Kenkoku Kinen no Hi (建国記念の日 "jour de commémoration de la fondation du pays") a lieu le 11 février et célèbre le jour de la fondation mythique du Japon par l’empereur légendaire Jinmu. En tant que fête nationale, c’est un jour férié, reporté au lendemain si ce jour tombe un dimanche, conformément à la loi japonaise.

Origines du jour férié le 11 février

Dès le VIIe siècle, la fondation et l’origine du pays sont au cœur des préoccupations de la cour du Yamato, l’embryon de ce qui deviendra plus tard le Japon : en 604, les officiels, se basant notamment sur le calendrier sexagésimal chinois, établissent la fondation du pays au jour de l’intronisation de l’empereur mythique Jinmu à une date correspondant au 1er jour du 1er mois de l’an 660 avant notre ère.

Les récits et chroniques historiques Kojiki (Chroniques des faits anciens) et Nihon shoki (Chroniques du Japon) au VIIIe siècle entretiennent ensuite la légende de cette date, et de la filiation de Jinmu et de la lignée impériale à la déesse du panthéon shinto Amaterasu.

Constitution de Meiji

Au début de l’ère Meiji (1868 - 1912), l’État japonais se réapproprie le mythe fondateur afin de rassembler la population autour d’une idée d’appartenance nationale et de ralliement à la lignée impériale. La date est recalculée afin de correspondre au calendrier grégorien nouvellement adopté : la fondation du Japon est ainsi fixée au 11 février, toujours 660 avant notre ère. Nommée Kigen setsu (紀元節, littéralement "célébration du début de l’ère [impériale]"), la fête est officialisée dans tout le pays en 1872 et devient un jour férié jusqu’en 1945.

En 1889, une autre portée symbolique s’ajoute au 11 février : c’est le jour de la promulgation de la première constitution du Japon. Également surnommé "Constitution de Meiji", ce texte fondateur pose les bases de l’état moderne et est accueilli avec ferveur par la population. Il entre en vigueur l’année suivante.

Renouveau de Kigen setsu après-guerre

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les forces d’occupation américaines abolissent Kigen setsu en raison de ses connotations nationalistes et de ses liens avec la montée du militarisme japonais dans la 1ère moitié du XXe siècle.

Néanmoins, au début des années 1950 un mouvement se fait jour pour la réinstauration du jour de commémoration de la fondation de la nation, auquel participe notamment l’Association des sanctuaires shinto (Jinja Honcho). C’est chose faite en 1966 avec la révision de la loi sur les jours fériés qui introduit Kenkoku Kinen no Hi (Jour de commémoration de la fondation du Japon), un jour non-travaillé qui prend place au 11 février et vise à "entretenir l’amour pour le pays par la commémoration de sa fondation" (建国をしのび、国を愛する心を養う Kenkoku wo shinobi, kuni wo ai suru kokoro wo yashinau).

Les prochaines dates de Kenkoku Kinen no Hi

  • le mercredi 11 février 2026 ;
  • le jeudi 11 février 2027 ;
  • le vendredi 11 février 2028 ;
  • le dimanche 11 février 2029 (reporté au lundi grâce au système du jour férié compensatoire) ;
  • le lundi 11 février 2030.

Ise Jingu, accès au sanctuaire principal du Naiku (Kotai-jingu) pendant Kenkoku-kinen-sai, le 11 février

Les événements autour de la fondation du Japon

Autrefois, le jour férié accordé pour Kigen setsu était l’occasion de grandes manifestations publiques incluant cérémonies, parades ou encore compétitions sportives, et visait à des démonstrations de patriotisme et de révérence à l’empereur.

Aujourd’hui, les bâtiments officiels sont pavoisés du drapeau japonais pour la fête nationale Kenkoku Kinen no Hi, mais aucun événement spécifique n’est organisé par l’État, hormis le discours traditionnel du Premier Ministre. Des cérémonies ont néanmoins lieu au Palais Impérial, qui concernent uniquement l’empereur et son entourage.

Le 11 février pour Kenkoku Kinen no Hi, de nombreuses entreprises ferment, ainsi que les administrations et les écoles.

Meiji Jingu Gaien (Tokyo), avenue Icho Namiki avec ginkgo biloba verts en été

Que faire pour Kenkoku Kinen no Hi

Si les célébrations officielles se tiennent en comité restreint, on peut néanmoins assister à un événement populaire organisé par une association politique (日本の建国を祝う会 Nihon Keikoku wo iwaou kai, Comité de célébration de la fondation du Japon) : le Kenkoku Matsuri. Il s’agit d’une grande parade qui a lieu à Tokyo chaque 11 février depuis 2020. Elle rassemble environ 12.000 participants répartis entre fanfares et porteurs de mikoshi, et circule de 9h à 14h entre les sites liés à l’empereur Meiji dans l’arrondissement de Shibuya :

De nombreux sanctuaires Shinto célèbrent le 11 février en rapport avec sa connotation religieuse, liée au premier empereur mythique. Ces événements et cérémonies sont appelés Kigen-sai ou Kenkoku-sai et prennent volontiers place dans des lieux affiliés au grand sanctuaire Ise Jingu ou à la famille impériale. On peut citer notamment Kashihara-jingu, à Kashihara dans la préfecture de Nara, fondé en 1889 sur le site considéré comme celui de la tombe ou du palais de l’empereur Jinmu.

Kenkoku Kinen no Hi est une fête nationale relativement discrète et globalement peu attractive lors d’un voyage d’agrément au Japon. Le mois de février reste une période touristiquement calme et avantageuse pour un budget maîtrisé, d’autant plus qu’on peut éventuellement y admirer les floraisons précoces des pruniers et de quelques espèces de cerisiers 🌸 comme les kawazu-zakura.

Mis à jour le 09 février 2026