Itsukushima Foule

Les pires périodes pour voyager au Japon

L’engorgement de l'archipel en très haute saison

L'interrogation initiale du primo-voyageur est évidemment de savoir quand partir au Japon. Pour cela, nous avons répondu longuement et avec force détails dans notre article "la meilleure saison pour partir au Japon". Celui-ci vient synthétiser de manière transverse, à la fois nos thématiques des saisons marquées du Japon (printemps, été, automne, hiver), mais également nos articles de conseils de visites mois par mois (les plus courus des francophones étant bien entendu avril, juillet-août et octobre).

Le fait est que ces trois pics polarisent de manière très forte nos voyageurs au Japon, pour des raisons évidentes que sont :

  • les vacances scolaires : partir en famille, donc avec des enfants, impose naturellement de respecter ce calendrier ;
  • les possibilités de congés au travail, parfois dictées par l'employeur ou tout au moins orientées pour des durées de plus d'une semaine consécutive ;
  • les images d'Épinal du Japon qui veulent qu'on se doit de le visiter en premier lieu en avril ou au pire en octobre (on vous explique plus bas pourquoi il s'agit d'une idée reçue plutôt fausse).

Ces contraintes, couplées à la forte croissance du tourisme réceptif au Japon depuis 2011, ont conduit à un point tel ces dernières années que l'on observe des disparités de plus en plus fortes sur la capacité d'un voyageur à profiter correctement de son séjour au Japon.

Pourquoi éviter certaines saisons touristiques au Japon ?

Il y a donc de plus en plus, en particulier ces dernières années, des saisons à éviter pour séjourner sur l'archipel. On ne peut certes raisonnablement pas parler de sur-tourisme au Japon, qui accueillait par exemple en 2019 seulement un tiers du nombre de voyageurs que la France voit passer sur son propre territoire. Toutefois, et les Kyotoïtes ne nous contrediront pas, ce qui n'était pas vrai jusqu'à la fin des années 2000 nécessite aujourd'hui une certaine vigilance qui nous inspire cet article.

La raison est simple : ce comportement que d'aucuns qualifieront peut-être de "moutonnerie" conduit à des difficultés logiques, à commencer par le marché du tourisme qui fonctionne sur le modèle de l'offre et la demande. Ainsi, voyager dans les périodes que nous déconseillons plus bas implique les deux contraintes majeures listées ci-après.

Des tarifs parfois délirants

Poussés par le yield management, les prix explosent :

  • certains tarifs de vols passent désormais du simple au double entre la basse et la très haute saison (hors promotions, on trouve des allers-retours en économique direct autour de 1.500€ en avril, soit plus chers que des vols premium éco en basse saison !) ;
  • pour les hébergements, c'est pire encore, avec des prix qui valsent parfois au triple ou au quadruple selon la pression de la demande ;
  • le reste des prestations réceptives suit cette tendance logique, c'est donc également valable pour le transport (heureusement contredit par le JR Pass au prix fixe), les guides privés, la location de Pocket Wifi, une certaine billetterie, etc.

Un volume important de touristes aux mêmes endroits et aux mêmes moments

Cela génère des contraintes désagréables, parmi lesquelles :

  • des files d'attente pour accéder à certains évènements, musées ou temples (ainsi, il est de plus en plus fréquent de se voir refouler une visite en pic de floraison, de même il est presque impossible de découvrir le temple des mousses ou un tournoi de Sumo en très haute saison) ;
  • moins de sérénité pour le voyageur et un énervement parfois palpable des locaux, pourtant globalement bien élevés ;
  • un jeu désagréable de touche-touche pour prendre ses photos, et conséquemment des clichés qui montrent une foule dense au premier plan de l'objet ou l'instant que l'on voulait saisir.

Avant de vous lister les périodes déconseillées, mettons de côté l'évidence d'un évènement aussi particulier que les Jeux Olympiques 🏅. Tokyo 2020 a beau être repoussé à l'été 2021, si vous n'êtes pas sportif, famille ou proche de, ou encore grand amateur de cette compétition, épargnez-vous absolument de partir dans la capitale japonaise entre le 23 juillet et le 8 août 2021.

Quand NE PAS partir au Japon ?

Chaque année, donc, évitez si possible de partir au Japon pendant les périodes suivantes :

De mi-mars à début mai

Les trajectoires se rejoignent dans ce carrefour printanier surchargé :

  • les sakura 🌸 (cerisiers japonais) fleurissent principalement sur la fin mars et tout début avril, donc énormément de monde (à commencer par les Nippons, mais également les flots de déversements de cars touristiques d'étrangers) se retrouve au Japon sur ce moment très court ;
  • de nombreux voyageurs pensent que la floraison se poursuit sur tout le mois d'avril mais c'est faux, sauf dans le nord de Honshu à l'intérêt touristique plus discutable (en tout cas pour un premier voyage) ;
  • la Golden Week de fin avril à début mai est LA semaine de vacances nationales des Japonais, ce qui implique des transports littéralement pris d'assaut et naturellement beaucoup de difficultés à se déplacer au Japon.

De fin juillet à mi-août

Le monde entier a l'habitude de prendre des vacances en été et beaucoup d'entre nous n'ont d'ailleurs la chance de voyager qu'à cette période, or :

  • le climat japonais s'avère détestable à ce moment-là (grosses chaleurs et humidité ne font pas bon ménage) ;
  • ce sont les quelques semaines de l'année où il y a le plus de touristes étrangers au Japon ;
  • tous les élèves nippons sont en vacances en août, ajoutant aux volumes de populations en balade ;
  • Obon, la fête des morts mi-août (que l'on pourrait rapprocher de notre Toussaint) voit beaucoup de Japonais bouger entre préfectures pour se retrouver en famille.

En octobre

Il n'y a que peu ou prou de couleurs automnales ce mois-ci au Japon (hormis les koyo alpins en altitude, qui n'en sont pas réellement), c'est donc une déception fréquente des voyageurs peu avertis qui pensent maladroitement à l'équation octobre = vacances = érables rouges.

En complément

Si vous êtes retraités ou n'avez pas d'enfants à charge, bannissez donc à tout prix les périodes ci-dessus pour ne pas vous gâcher le voyage ! Le Japon reste une destination extraordinaire et vous offrira toujours ses merveilles, mais celles-ci pourraient se voir abîmées par toutes les contraintes citées plus haut.

De manière ponctuelle, la pandémie de Coronavirus 🦠 accentue plus encore l'évitement nécessaire à effectuer pour l'automne 2020 et le printemps 2021 : les tarifs d'abord, ainsi que l'engorgement dans une moindre mesure, promettent d'y être explosifs pour compenser le printemps et l'été 2020 qu'aura ratés l'industrie touristique.

Période Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
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Avis Kanpai 👍🏻
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Alors quelles sont les saisons sous-cotées à privilégier ?

Au contraire, voici nos conseils empiriques des saisons délaissées à privilégier pour profiter au maximum du Japon et faire, par la même occasion, de grosses économies sur votre voyage, donc :

  • soit partir plus longtemps et faire plus de choses pour le même prix ;
  • soit réduire son budget d'une part importante pour le même projet.

En janvier et début février (hors nouvel an chinois)

Tout le monde est en reprise et se concentre sur ses bonnes résolutions du début d'année, c'est donc le créneau idéal pour découvrir le formidable domaine skiable japonais, ou encore avoir une vue incroyablement dégagée sur le Mont Fuji 🗻 en profitant de taux d'humidité au plus bas.

De mi-février à mi-mars

La floraison des pruniers est presque aussi belle que celle des cerisiers, mais personne n'est au Japon à ce moment-là.

En mai (post- Golden Week)

C'est la période préférée de notre responsable de publication pour voyager au Japon et pour cause, entre la fuite des touristes, la végétation luxuriante, la météo parfaite ou encore les tarifs relativement doux.

En juin (plutôt la première quinzaine)

Les changements climatiques récents ont dégradé la rythmique métronomique des saisons du Japon, ainsi tsuyu ☔️, la saison des pluies historiquement du 10 juin au 10 juillet, n'arrive désormais parfois que tout début juillet, avec une intensité toute relative.

En septembre

Beaucoup associent ce mois aux typhons, mais quelle erreur : il en passe de manière diffuse sur une période très étendue, entre juin et octobre (ainsi en 2020, le premier typhon 🌀 de la saison apparaissait le 12 mai !). De plus, ceux-ci sont aussi incertains que prévisibles et peu contraignants dans leur grande majorité, alors que l'été indien y est tellement agréable, tant au niveau du climat que de l'absence de voyageurs.

Fin novembre et début décembre

C'est LE moment, étonnamment boudé par les touristes occidentaux, pour admirer les sublimes momiji 🍁 dont la feuillaison est plus longue et sans doute tout aussi magnifique que celle des sakura, avec peu de précipitations.

Sur les vacances de Noël et nouvel an

Alors que les prix sont éhontément chers dans le sens inverse pour faire les poches des expatriés (Japon > France), le fait que le Japon ne soit pas la première destination inconsciente pour cette période joue en sa faveur, alors n'ayez pas peur des fermetures des grandes villes pour les quelques jours d'Osoji.

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Si vous avez le choix donc, effectuez votre voyage au Japon parmi les quelques propositions ci-dessus, et donnez-nous en des nouvelles !

Dernière mise à jour le 09 septembre 2020