Exemples de sceaux goshuin variés sur goshuincho en accordéon

Goshuin

Le sceau sacré comme souvenir de voyage au Japon 

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Goshuin désigne un sceau commémoratif de la visite d’un temple bouddhiste ou d’un sanctuaire shinto au Japon. Originellement preuve de l’accomplissement d’un pèlerinage, le goshuin peut faire l’objet d’une collection à rassembler dans des carnets spéciaux appelés goshuincho. Aujourd’hui apprécié pour ses qualités esthétiques, le goshuin constitue un souvenir authentique pour les voyageurs au Japon.

Un goshuin ou shuin (御朱印 "marque vermillon") est un sceau traditionnellement réalisé dans un temple bouddhiste ou un sanctuaire shinto contre une offrande numéraire. Les lieux de culte bouddhistes, en particulier, ont commencé à les émettre vers le VIIIe siècle en guise de preuve de dépôt d’un sutra par le croyant, et la pratique s’est installée au cours du XIIIe siècle dans le cadre du pèlerinage des 66 provinces du Japon de l’époque.

Autrefois soutenue par l’accomplissement de pèlerinages, la collecte de goshuin connaît un véritable renouveau depuis les années 2010 et s’avère très populaire auprès des touristes japonais et étrangers.

Exemples de sceaux goshuin réalisés sur des carnets goshuincho en accordéon

Œuvre d’art miniature et originale

La taille du goshuin peut varier, mais il est en général grand comme une carte postale standard (format A6 ou 105 x 148 mm) et comporte plusieurs éléments de base :

  • un ou plusieurs sceaux rouges appliqués au tampon ;
  • des caractères calligraphiés au pinceau et à l’encre noire, indiquant normalement le nom du lieu, le type de prière et la date d’émission du goshuin.

Le goshuin est en principe tracé sur du papier blanc. Toutefois, on en trouve sur du papier coloré et / ou affichant des illustrations plus ou moins élaborées, en noir et blanc ou en couleurs, en fonction de la saison ou d’une particularité liée au lieu de culte. Certains goshuin sont proposés en éditions limitées dans le temps, voire, plus rarement, en collaboration avec des franchises de la pop culture comme Hello Kitty par exemple.

Selon le temple ou le sanctuaire, 2 types de goshuin peuvent être proposés :

  • Jikagaki, qui correspond à la manière traditionnelle de collecter le tampon commémoratif : le goshuin est tracé directement dans le carnet goshuincho présenté ouvert à la bonne page.
  • Kakioki, devenu plus fréquent ces dernières années, est un goshuin préparé à l’avance sur une feuille libre en papier japonais washi, qu’il suffit de retirer au guichet dédié puis de coller dans son carnet ou encadrer ensuite.

Un goshuin coûte en moyenne entre 300 et 500¥ (~1,61€ et ~2,68€), mais il n’est pas rare d’en trouver à 1.000 ou 1.500¥ (~5,36€ ou ~8,05€) quand ils sont produits sur une période limitée ou pour des occasions spéciales. Le paiement s’effectue toujours en espèces.

Exemples de couvertures de carnet goshuincho sur le thème du Mont Fuji

Un goshuincho pour les collectionner tous

Les croyants comme les simples amateurs de ces petites œuvres d’art se doivent de les conserver de façon appropriée et, pour cela, se munissent d’un goshuin-cho. Il s’agit d’un carnet dont les feuilles, généralement en papier washi, sont suffisamment rigides et absorbantes pour que l’on puisse y peindre à l’encre de Chine.

Les couvertures affichent souvent une décoration riche ou originale ; elles peuvent être par exemple en brocart ou en bois. Les motifs varient entre une illustration représentant le temple ou le sanctuaire où il est acheté, et des thèmes kawaii issus de la pop culture. L’épais papier du goshuin-cho est conçu pour que l’on y trace directement une calligraphie mais peut aussi recevoir les kakioki goshuin, qu’il suffit alors de coller sur la page désirée. Certains goshuin-cho leur sont même dédiés avec des fentes pour pouvoir les insérer comme dans un album photo.

Les lieux de culte proposent un choix de goshuin-cho à acheter sur place, mais on en trouve aussi dans la plupart des papeteries au Japon et même en ligne. Les prix débutent autour de 1.000 à 1.500¥ (~5,36€ à ~8,05€) et certains peuvent coûter autour 4.000 à 5.000¥ (~21,46€ à ~26,82€) pour ceux dont la décoration est la plus élaborée.

Si le goshuin-cho évoque un carnet à aquarelle, son usage est codifié ; il est notamment mal vu de s’en servir comme carnet de notes ou pour collecter les tampons des stamp rally. De plus, il vaut mieux en posséder un pour les sceaux de sanctuaires shinto et un autre pour ceux des temples bouddhistes : certains lieux de culte refusent en effet d’apposer leur marque à côté de celles d’une autre religion.

Exemples de sceaux kakioki goshuin collés dans un carnet goshuincho 2

Comment se procurer un goshuin

La plupart des temples et sanctuaires proposent au moins 1 design de goshuin. Il ne faut pas hésiter à consulter leurs sites officiels avant la visite pour avoir un aperçu du visuel du ou des goshuin disponibles, ainsi que leur prix et les conditions de retrait. De même, on peut s’inspirer de suggestions de comptes Instagram ou de sites internet 📶 dédiés aux goshuin.

À noter que quelques rares temples, en particulier ceux affiliés à l’école bouddhiste de la Terre Pure, ne délivrent pas de goshuin, car ils privilégient les visites à caractère spirituel.

Si l’on souhaite retirer un goshuin, en principe il faut :

  1. Se purifier au temizuya, puis prier devant le pavillon principal ;
  2. Se procurer un carnet goshuincho auprès de la boutique du temple ou du sanctuaire si l’on n’a pas apporté le sien ;
  3. Se rendre au Shuinjo, le guichet dédié à la délivrance de goshuin (attention : ses horaires de réception peuvent être réduits) ;
  4. Demander un goshuin : 御朱印をお願いします (Goshuin wo onegai shimasu) ou 御朱印を頂きたいのですが (Goshuin wo itadakitai no desuga) et déposer le paiement en espèces en faisant l’appoint ;
  5. Attendre patiemment que le ou la préposé(e) aux goshuin calligraphie et tamponne soigneusement le goshuincho ou la feuille dédiée ;
  6. Recevoir le goshuin et remercier : ありがとうございます (Arigato gozaimasu).

Les personnes qui réalisent la calligraphie du goshuin (kannushi ou prêtresse miko dans les sanctuaires, moine dans les temples) exercent une forme d’art très prisée au Japon. L’écriture se décline en différents styles, influencés par la main de celui ou celle qui tient le pinceau : on obtient ainsi une petite œuvre d’art authentique et unique.

Il convient de ne pas prendre en photo ou filmer le calligraphe sans son accord, et de patienter sans lui parler pendant qu’il ou elle réalise son travail qui requiert de la concentration. À certains temples très fréquentés, il peut d'ailleurs être recommandé de déposer le goshuincho à son arrivée et de le récupérer en fin de visite, afin de laisser le temps à l'artiste de se consacrer à la calligraphie sans stress.

Si l’aspect religieux du goshuin est un obstacle, on peut se tourner vers la collecte de sceaux de châteaux, les gojoin 御城印, dont la pratique se développe depuis la fin des années 2010. Environ 500 châteaux japonais 🏯 y participent sur le même principe que les goshuin, avec des carnets gojôin-cho dédiés, à la différence que les gojoin sont quasi-systématiquement pré-imprimés, pour un coût similaire à celui des goshuin.

Ainsi, les goshuin sont une façon intéressante de se constituer des souvenirs durables et personnels du Japon, collectés au fil de visites, dont chaque calligraphie est unique.

Vocabulaire

En japonais Transcription Signification
御朱印 ou
朱印

goshûin ou

shûin

"sceau vermillon", contremarque délivrée contre offrande par un temple ou un sanctuaire
直書き jikagaki goshuin réalisé "en direct" par le préposé
書置き

kakioki

goshuin préparé à l’avance et vendu sous forme de feuille libre

御朱印帳
ou
朱印帳
goshûincho
ou
shûincho
carnet traditionnel destiné à recueillir les goshûin
蛇腹 jabara type de goshuincho qui s’ouvre en accordéon
和綴じ watoji type de goshuincho dont les feuilles sont reliées par une couture sur un côté
御首題 goshudai type de goshuin spécial délivré uniquement par les temples de la secte Nichiren
御首題帳 goshudai cho carnet traditionnel destiné à recueillir les goshudai
御朱印所 ou
御朱印 受付
goshuinjo ou
goshuin uketsuke
pavillon ou guichet où sont délivrés les goshuin
Mis à jour le 27 juillet 2026