Abdication de l'Empereur Akihito en avril 2019

La révolution des traditions impériales en marche

Déjà largement traitée dans les médias nationaux et internationaux, la nouvelle confirmée de la future abdication de l’actuel Empereur japonais ne cesse d’alimenter le débat public depuis que ce dernier a fait savoir en août 2016 son intention de partir en retraite anticipée.

Véritable (r)évolution politique plutôt que simple actualité people, le symbolique Akihito continue de transformer sa fonction et d’apporter une brise de modernité au sein du pouvoir ancestral impérial nippon.

En poste depuis janvier 1989, il est le premier Empereur au Japon à exercer sa fonction sans son pouvoir souverain, perdu à la suite de la défaite de son pays lors de la Seconde Guerre Mondiale. Cantonné à un rôle de représentation, il réconcilie progressivement son peuple avec son Histoire récente et prend en charge la reconstruction de l’identité nationale sous l’angle de la paix et de la tolérance. Il figure ainsi par les personnalités japonaises les plus populaires de son époque.

Entre cérémonies annuelles shinto et autres commémorations collectives, l’emploi du temps d’Akihito semble aujourd’hui trop chargé pour sa santé devenue plus fragile avec le temps. Il faut dire qu’à bientôt 84 ans (il les fête le 23 décembre), le moment est peut-être venu de passer la main à son fils aîné… à ceci près que ce n'est pas prévu par la loi ! En effet et avant 2017, aucun texte ne stipulait qu’un Empereur puisse se retirer de son vivant. Il faut d’ailleurs remonter en 1817 pour trouver le nom de Kokaku, l’(avant-) dernier Empereur à avoir abdiqué.

L'annonce du départ en retraite d'Akihito

En juin 2017, le gouvernement japonais se prononce en faveur de la requête d’Akihito et publie une loi l’autorisant à démissionner dans les trois ans. Le 1er décembre de cette même année, le premier ministre Shinzo Abe prend la parole pour communiquer officiellement le 30 avril 2019 comme la date de l’abdication définitive de l’Empereur actuel, et donc de son règne baptisé Heisei ; que l’on peut traduire par la période de "paix achevée".

Le trône du Chrysanthème changera donc de locataire le 1er mai 2019. On connaît déjà le futur vacataire : il s’agit du prince Naruhito, fils aîné d’Akihito et premier héritier dans la lignée. Né le 23 février 1960, il accèdera au pouvoir impérial à l’âge de 59 ans. Le nom de son règne reste encore à définir et sera divulgué courant 2018.

Akihito prendra de son côté le statut de joko, ou encore daijo tenno pour "monarque retraité". Il devra également déménager et laisser les clés du Palais Impérial de Tokyo à son successeur. Le nom du Palais de Togu dans le quartier d’Akasaka circule ; il intervertirait alors simplement de résidence avec son fils.

L'impact sur les jours fériés au Japon

Selon les journaux quotidiens, les Japonais semblent préoccupés par des questions bien plus terre-à-terre, à savoir comment va évoluer le nombre de jours de congés annuels. La règle générale admet que le jour de l’anniversaire de l’Empereur en activité soit férié.

Ainsi, le 23 février va-t-il bien devenir chômé et surtout quand : dès 2019 ou en 2020 ? Le 23 décembre va-t-il rester férié, comme certains anniversaires d’anciens Empereurs ? Toutes ces interrogations soulèvent d’avance des problèmes d’organisation.

Cela va débuter dès le premier jour du règne de Naruhito puisqu’il est prévu que son intronisation se traduira par une fête nationale fériée. Ainsi en 2019, les 1er, 3, 4 et 5 mai seront non travaillés ; soit une Golden Week inédite et particulièrement longue d’une dizaine de jours d’affilée. Autant prévenir les touristes étrangers : ce ne sera définitivement pas une semaine idéale pour visiter le pays et surtout pour s’y déplacer.

Le trône du Chrysanthème au féminin ?

Au-delà de cette transmission quelque peu devancée, la décision de l’Empereur Akihito invite à une réflexion plus large sur l’avenir du pouvoir impérial. Celui-ci exige que l’élu soit un garçon. Néanmoins, la descendance de la famille héritière ne va pas dans ce sens, avec une dernière génération composée de trois jeunes filles pour seulement un petit-fils, qui plus est le cadet (né en 2006).

Le débat sur la possibilité qu'une princesse puisse s’asseoir sur le trône est de nouveau relancé, surtout que tout mariage avec un "roturier" exclut définitivement la femme de sa lignée et obligations impériales. La princesse Mako, première petite-fille d’Akihito, sera la prochaine à quitter le navire, à la suite de son union annoncée pour novembre 2018.

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