Asakusa, Senso-Ji: au coeur du "vieil Edo".

Avis aux amateurs de la grande Tokyo ! Vous aimez la ville et ses sons qui bouleversent vos sens? Vous aimez consommer des produits en tout genre? Vos yeux ne demandent qu'à se ravir de mille merveilles ancestrales? Le paradoxe japonais vous intrigue? Asakusa et son temple sont faits pour vous.

Si les lieux à visiter au Japon sont aussi nombreux que captivants, il y en a certains qui restent incontournables.

Retour sur l'une des places les plus appréciées de la ville.

Le Quartier :

Il se situe le long de la rivière Sumida. Terminus de la ligne Ginza et partie intégrante de l'arrondissement de Taitõ, Asakusa et ses environs nous plongent d'une manière indéniable dans l'ancienne Tokyo, la vieille, la maternelle et populaire, avec laquelle vit encore l'esprit d'Edo. En effet, malgré l'affluence croissante des touristes depuis les années 1960 et la signature du "traité de coopération mutuelle et de sécurité entre les Etats-Unis et le Japon" (日本国とアメリカ合衆国との間の相互協力及び安全保障条約) le quartier est encore bien habité par ses traditions. Centralisé avec la rue commerçante ("Nakamise Dori") qui mène au fameux temple Senso-ji dont nous reparlerons dans un instant, les promeneurs trouveront plusieurs lieux de cultes anciens en plus de ce dernier, tels que le Asakusa-Jinja (sanctuaire shintoïste consacré à la protection du temple), le sanctuaire Chingodõ...

Par ailleurs, les boutiques aux articles exotiques y sont nombreuses. Denrées ancestrales comme le dango, habits anciens comme les fameux kimono (vendus et portés par des femmes jeunes et âgées) ou encore les geta (chaussures traditionnelles), Asakusa a tout pour dépayser un occidental peu enclin à sortir de ses frontières. A noter qu'Asakusa est surtout célèbre pour son senbei (galette de riz grillée et aromatisée à la sauce soja) et son tempura.
Bien évidemment, le Japon ne serait pas ce qu'il est sans tous ses paradoxes. le quartier est aussi un lieu de sortie très appréciées des amateurs de modernité et de divertissements citadins, avec ses nombreux cinémas, théâtres et autres lieux de distraction. Sans compter sur ses innombrables restaurants; il parviendra sans nul doute à conquérir le coeur de quelque sceptique réfractaire.

Brève histoire du temple Senso-ji :

Le Senjo-ji ou Asakusa Kannon et l'un des temples les plus spectaculaires et vénérés de Tokyo. Pour comprendre pourquoi, nous nous devons de retourner plusieurs siècles en arrière.

En l'an 628, deux pêcheurs sortirent des eaux de la Sumida une statuette en or de Kannon, bosatsu (divinité) de la miséricorde. Sur le sanctuaire érigé à cet endroit, un saint homme, Shokai, bâtit un temple en 645. La taille, la richesse et la renommée du Senso-ji atteignirent leur apogée lorsque Tokugawa Ieyasu (Shogun de 1603 à 1616) y rattacha un vaste domaine. L'installation voisine de Yoshiwara, quartier des plaisirs, en 1657, ne fit que renforcer l'attrait du temple (qui survécut d'ailleurs au séisme de 1923, mais pas aux bombardements américains).

Dans les bâtiments principaux, reconstruits conformément à ceux de l'ère Edo (1600- seconde moitié du XIXème siècle), les moines se livrent à leur rituels quotidiens.

La composition du Temple :

Pour se rendre compte de la structure et de la taille de l'édifice, voyons, sans rentrer dans les détails, de quoi se constitue le temple :

- La Kaminarimon ou "porte du tonnerre" incendiée en 1865 et reconstruite en 1960. Elle est gardée par les statues de Fujin et de Raijin. Leurs têtes restent originales.

- La campanile Bente-yama Shoro. Elle se dresse au sein d'un groupe de bâtiments. Sa cloche sonnait l'heure à Edo.

- Hozo-mon. Construite en béton armé en 1964, cette porte à deux niveaux abrite, à l'étage supérieur, une salle du trésor contenant des sutras chinois datant du XIVème siècle.

- Le Daiokoro ou "brûleur d'encens" est le point fort du temple. Il est constamment entouré de visiteurs qui repoussent vers eux la fumée en sortant afin de conserver leur santé.

- La fameuse pagode de quatre étages , réplique de l'originale détruite, a été rebâti en 1973.

- Le bâtiment principal (1958). A l'intérieur, le grand sanctuaire abrite l'effigie originale de Kannon devant laquelle les fidèles viennent s'incliner et allumer des cierges. De plus le lieu s'orne de plusieurs grands tableaux. Celui représentant des anges aux fleurs de lotus est une oeuvre du XXème siècle, réalisée par Domoto Insbo.

- La salle Awashima. Elle est consacrée à une divinité protectrice des femmes.

- La salle Yagodo, qui abrite huit statues relativement récentes de Bouddha.

Si Tokyo est un monstre de modernité et de consumérisme, il persiste en son sein des places ou règnent encore les valeurs et les esprits des anciens. Asakusa ne déroge pas à la règle. En grande partie détruite pendant la guerre, comme bon nombres de trésors alors, les moyens d'aujourd'hui et cette modernité que l'on juge si dangereuse parfois, ont pourtant permis à cet endroit riche de traditions de renaître de ses cendres. Il est aujourd'hui l'un des quartiers les plus visités de la Grande. Les japonais peuvent en être heureux, les touristes aussi.

A voir absolument.

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  • 2 rue commerçante.
  • 3 l'ange aux fleurs de lotus
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