Shunbun no Hi, Foule de TokyoĂŻtes admirant les cerisiers en fleurs au bord de la riviĂšre Meguro-gawa

Shunbun no Hi

🌓 🌾 Le jour fĂ©riĂ© de l'Equinoxe du printemps au Japon

⏱ 3 minutes

Shunbun no Hi est un jour fĂ©riĂ© japonais qui a lieu chaque annĂ©e, le 20 ou 21 mars. Sa date prĂ©cise est dĂ©terminĂ©e par le calcul astronomique de l’équinoxe de printemps. Il constitue un repĂšre fiable pour le dĂ©but de la floraison des sakura.

Shunbun no Hi (æ˜„ćˆ†ăźæ—„) signifie "Jour de l’équinoxe de printemps" et a lieu Ă  une date comprise entre le 19 et le 22 mars, dĂ©terminĂ©e l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente par les calculs de l’Observatoire astronomique national du Japon. Ce jour fĂ©riĂ© est le pendant de Shubun no Hi (ç§‹ćˆ†ăźæ—„), le jour de l’équinoxe d’automne 🍁 qui a lieu gĂ©nĂ©ralement le 22 ou 23 septembre.

C’est Ă©galement l'un des souffles saisonniers sekki, qui divisent l’annĂ©e en 24 grandes parties de 10 Ă  15 jours dans le calendrier traditionnel Koyomi.

Shunbun no Hi, Cerisiers en fleur au bord de la riviĂšre Kamo-gawa Ă  Kyoto

Origines de Shunbun no Hi

Comme son pendant automnal, le jour de l’équinoxe vernal 🌓 est placĂ© sous le signe de la vĂ©nĂ©ration des ancĂȘtres et des dĂ©funts au moins depuis le dĂ©but de l’époque de Heian (794 – 1185).

Il Ă©tait alors appelĂ© Higan no Chunichi (ćœŒćČžăźäž­æ—„) et Ă©tait le jour du milieu d’une semaine de cĂ©lĂ©brations et de rĂ©citation de sutras. Ces cĂ©rĂ©monies particuliĂšres au bouddhisme japonais marquaient O-Higan (ăŠćœŒćČž), l’équinoxe, dont on pensait que la durĂ©e Ă©quivalente du jour et de la nuit facilitait la connexion entre le monde des vivants et l’au-delĂ . Ohigan avait aussi lieu pour l’équinoxe d’automne.

À l’époque moderne, le gouvernement Meiji instaure un nouveau rite Shinto Ă  partir de 1878 : Koreisai (皇霊焭). Le jour de l’équinoxe devient un jour fĂ©riĂ© pour prier pour les empereurs passĂ©s et pour les membres dĂ©cĂ©dĂ©s de la famille impĂ©riale. Au printemps, ce jour Ă©tait appelĂ© Shunki Koreisai et en automne Shuki Koreisai.

À la fin de la 2nde Guerre mondiale, les Koreisai de printemps et d’automne deviennent des jours fĂ©riĂ©s laĂŻcs. L’équinoxe de printemps devient donc Shunbun no Hi Ă  partir de 1948 et est consacrĂ© Ă  "l’apprĂ©ciation de la nature et Ă  honorer la vie" (è‡Șç„¶ă‚’ăŸăŸăˆă€ç”Ÿç‰©ă‚’ă„ă€ăă—ă‚€ Shizen wo tatae, seibutsu wo itsukushimu).

Shunbun no Hi, GĂąteaux sakura mochi dans le style de Tokyo et du Kansai

Comment célÚbre-t-on Shunbun no Hi

Aujourd’hui, Shunbun no Hi est un jour fĂ©riĂ© unique, qui peut parfois donner lieu Ă  un week-end prolongĂ© s’il tombe un vendredi ou un lundi. Il annonce les courtes vacances de printemps (gĂ©nĂ©ralement fin mars – dĂ©but avril) qui marquent la fin de l’annĂ©e scolaire au Japon. Avec la fin de l’annĂ©e fiscale au 31 mars, cette pĂ©riode est propice aux nouveaux commencements, comme un dĂ©mĂ©nagement ou une reprise d’études.

Les prochains jours de l'équinoxe de printemps auront lieu :

  • en 2026, le vendredi 20 mars ;
  • en 2027, le dimanche 21 mars ;
  • en 2028, le lundi 20 mars ;
  • en 2029, le mardi 20 mars ;
  • et en 2030, le mercredi 20 mars.

Comme en automne, le principe de Shunbun no Hi est d’offrir du temps pour se retrouver en famille et se rendre sur la tombe de ses ancĂȘtres. NĂ©anmoins, cette coutume tend Ă  se perdre, d’autant que le dernier tiers du mois de mars est souvent consacrĂ© Ă  la prĂ©paration de la grande rentrĂ©e japonaise d’avril.

De plus, le printemps, dĂ©jĂ  fĂȘtĂ© lors de Setsubun, se fait plus tangible avec des tempĂ©ratures en hausse favorisant les floraisons emblĂ©matiques du Japon. Depuis quelques annĂ©es, le jour de l’équinoxe de printemps coĂŻncide en effet souvent avec l’ouverture de la saison des sakura 🌾, qui se traduit par l'examen du tronc du cerisier de rĂ©fĂ©rence situĂ© dans l'enceinte du sanctuaire Yasukuni-jinja Ă  Tokyo.

Si le jour fĂ©riĂ© de l’équinoxe vernal ne donne pas lieu Ă  des festivitĂ©s particuliĂšres, on peut nĂ©anmoins profiter des premiers Ohanami et dĂ©guster des pĂątisseries wagashi de saison. Les botamochi, pendants printaniers de l’ohagi d’automne, peuvent aussi servir d’offrandes sur l’autel bouddhiste familial ; et les sakura mochi, des mochi sucrĂ©s roses entourĂ©s d’une feuille de cerisier salĂ©e, se dĂ©clinent Ă  la façon de Tokyo ou du Kansai.

Mis Ă  jour le 19 mars 2026