Gunkanjima 5

Gunkanjima

L'île abandonnée de Hashima

L'avis Kanpai
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Déjà visité

De son nom d’origine Hashima, Gunkanjima est une petite île japonaise située à une vingtaine de kilomètres au large de Nagasaki, à l’ouest de la grande île de Kyushu. Aujourd’hui inhabitée, les vestiges de l’ancienne cité charbonnière se visitent dans le cadre de tours organisés et guidés.

🚧 Accès restreint

Fermée au public depuis le 31 juillet 2019, après la découverte de traces d'amiante dans l'air anormalement élevées, l'île est réouverte depuis février 2020, mais le service de navettes est réduit, en partie à cause du Coronavirus.

Le site de Hashima s'avère une visite tout à fait particulière au Japon puisqu'il n’est plus habité depuis plusieurs dizaines d’années. Cette île fantôme, désormais presque plus connue en tant que Gunkanjima (littéralement "l'île navire de guerre" pour la forme qu'elle a revêtu), est située dans la préfecture de Nagasaki, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de la ville éponyme.

Hashima était à l’origine inhabitée, mais la découverte en 1810 d’un important gisement de charbon fait installer au puissant groupe Mitsubishi toute une main d’oeuvre afin d’exploiter cette ressource. Pour accueillir les nombreux travailleurs, l'île connaît une vaste série d’agrandissements entre 1899 et 1931. Sa superficie double quasiment pour atteindre alors 6,3 hectares : 480 mètres de long pour 160 de large.

Toutes les infrastructures liées au minage houiller sont de la partie. Gunkanjima est ainsi ponctuée de toutes parts par des immeubles d’habitations bien évidemment, mais également deux écoles, des commerces et services (restaurants, cinéma, piscine, bain public, gymnase), un système administratif pour la mine ou encore un hôpital et même une prison. Entre tous les bâtiments de cette petite ville sont aménagés des espaces de circulation, sous la forme d’allées ou d’escaliers. Tout le tour de l'île est quant à lui formé par les quais et digues nécessaires à la circulation des bateaux.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la Corée est sous occupation du Japon et ce-dernier envoie de force 800 travailleurs coréens sur Hashima. Devenue une sorte de prison à ciel ouvert, les fuyards y sont alors soumis à la torture et plus de 120 d'entre eux y succombent. Bien que la Corée du Sud s'opposera à l’entrée de l’île au Patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco, elle y accèdera dans les années 2000.

Après la guerre, la population de Gunkanjima explose jusqu’à a atteindre le chiffre de 5.300 habitants en 1959, soit plus de 84.000 / km2. C’est alors la plus forte densité de population au monde. Cependant l’arrivée du pétrole comme principale source d’énergie, également au Japon, fait diminuer l’activité de la mine jusqu’à son arrêt définitif dans les années 1970. Les derniers habitants sont évacués en avril 1974.

Hashima est alors laissée en proie aux conditions climatiques et surtout aux typhons 🌀 qui accélèrent le délabrement des bâtiments. Considérée comme dangereuse par la préfecture, elle est alors fermée aux visiteurs jusqu’à nouvel ordre. Après d'importants travaux financés par la municipalité de Nagasaki en vue d’accueillir les touristes, l'île réouvre en avril 2009. Elle accueille depuis plusieurs centaines de milliers de visiteurs par an et dispose même de sa propre mascotte !

Pour des questions de sécurité, la visite guidée officielle est limitée à un parcours sudiste aux contours très restreints. Elle reste toutefois un terrain privilégié pour tous les amateurs d'urbex (exploration urbaine), dans le cadre de tours officieux. L'activité étant évidemment interdite, il est toujours possible de la visiter virtuellement via Google Street.

Dans la culture populaire, le territoire hallucinant de Gunkanjima a notamment servi de décor à l'adaptation en prises de vues réelles de L'attaque des titans, ou au film Skyfall, le James Bond de 2012.

⬇️ Plus bas sur cette page, découvrez nos conseils de visite à Gunkanjima et autour.
Par Kanpai Dernière mise à jour le 23 octobre 2020