Les soldes au Japon

Et le concept de fukubukuro

Contrairement au système français, le Japon ne fonctionne pas sur la base de périodes réglementées au cours desquelles les entreprises peuvent offrir des pourcentages globaux de baisses de prix. Chacune d'elles fixe ses réductions quand elle le souhaite, par exemple les supermarchés chaque soir sur les produits frais.

En revanche, pendant la traditionnelle coupure du nouvel an, de nombreuses enseignes japonaises proposent des soldes massives couplées à des offres promotionnelles. Ainsi, pendant les premiers jours de l'année, les grandes chaînes en particulier (puisque les boutiques plus modestes lèvent le pied ces quelques jours) sacrifient à cette tradition saisonnière.

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Bien qu'atténué et raréfié ces dernières années, le fameux bonus annuel des salary-men concorde agréablement avec cette période de réductions et permet le renouvellement du matériel électroménager ou encore l'achat-plaisir, les Japonais ne fêtant pas (encore ?) Noël dans ce sens.

Mais, outre un fonctionnement de soldes somme toute classique, le Japon dégaine naturellement l'une de ses spécificités habituelles dont il a le secret, connue sous le nom de 福袋 fukubukuro (littéralement, un "sac de chance") ou "lucky bag" de son nom international. La tradition remonterait à la fin du XVIIIe siècle, même s'il reste évidemment difficile de la tracer.

Dès le 1er janvier et les quelques jours qui suivent, les clients se pressent pour 初売 hatsuuri, les premières ventes de l'année. Leur star est évidemment cette fameuse pochette surprise, car ces sacs sont des éditions parfois très limitées : dans les magasins les plus prisés, le stock de fukubukuro peut s'évaporer dès les premières minutes !

Ainsi, il n'est pas rare de trouver sur les devantures des magasins des files d'attente plus ou moins longues. Pour attirer l'attention, des comptoirs spéciaux sont prévus, parfois même sur le trottoir, avec des assortiments emballés et prêts à l'avance pour enchaîner les ventes. Plus rarement, il est possible de réserver voire de commander son sac sur Internet à l'avance.

Comme pour les sorties des consoles de jeux vidéo ou des smartphones les plus attendus, les queues se dessinent parfois dès la veille, et la presse de venir gaiement interviewer ceux qui n'hésitent pas à patienter une nuit entière dans le froid pour tester leur chance. Apple a ainsi longtemps fait ces choux gras, avant de stopper cette habitude en 2016.

Car le sel des fukubukuro réside évidemment dans le fait que les sacs cachent leur contenu. Pour une mise de 1.000 (~8,19€) à plusieurs dizaines de milliers de Yens, les clients peuvent alors espérer repartir avec un assortiment de produits jusqu'à plusieurs fois le montant investi. Muji, par exemple, n'hésite pas à communiquer sur des lots d'une valeur décuplée !

Parmi les secteurs plus populaires, on citera la mode, le high-tech ou encore l'alimentation. Mais outre l'espoir de réaliser une bonne affaire, le client doit accepter que le contenu découvert ne soit pas forcément à son goût. Car l'ouverture n'est pas toujours intéressante : on y trouve parfois des fins de stocks, invendus ou des goodies dont on ne sait pas trop que faire après coup.

Le plus simple, en cas de doute, reste d'effectuer une recherche sur Twitter incluant le nom de la marque convoitée pour voir la tendance annuelle de "qualité" des étrennes dans le sac surprise. Mais ne tardez pas trop à prendre votre décision !

Si la grande majorité des enseignes jouent sur l'effet loterie très apprécié de la population japonaise, pour éviter les déçus, certaines d'entre elles choisissent de diffuser de manière transparente le contenu de leurs "sacs de chance" (parfois même en avance). Dans ce cas, est-ce encore un fukubukuro ?

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