Galileo (drama)

On a parfois tendance à l’oublier, mais les Japonais sont de gros consommateurs d’enquêtes policières et de détectives. Il y a une importante littérature de genre, une culture populaire qui s’en inspire (avec des succès comme Death Note, Detective Conan, ou le Sherlock Holmes de Miyazaki…) et, sur un plan plus réaliste, on ne compte plus le nombre de reportages morbides et voyeurs de télés locales sur des faits divers de quartier. Normal que le genre drama s’y intéresse aussi et Galileo, tiré d’un livre de Higashino Keigo, le fait d’ailleurs plutôt bien.

Le scénario de la série suit Utsumi Kaoru (la toujours aussi belle Kou Shibasaki), une jeune inspectrice de police qui débute ses enquêtes sur des affaires étranges. Sur les conseils de son senpai, elle va avoir recours à Yukawa Manabu (Fukuyama Masaharu), un scientifique de génie, prof de fac adulé mais froid, cynique et décalé. Utsumi ne tardera pas à classer cet énergumène, surnommé Galileo, comme un otaku patenté seulement intéressé par ses phénomènes physiques. Le duo va cependant avancer sur des enquêtes pas aussi surnaturelles qu’elles ne le paraissent.

Automatiquement, on rapproche Galileo de Fringe, série US appuyée par J.J. Abrams et dont la seconde saison ne va pas tarder. La construction en répétition des deux séries est assez analogue : un pré-générique haletant aux accents surnaturels, une enquête faisant intervenir des personnages secondaires et une interaction forte entre les protagonistes, puis une résolution scientifique et dans l’action. Bien sûr, Galileo n’a pas l’aura ni la maîtrise de Fringe, mais l’ambiance reste assez proche bien que l’on reste toujours ici dans le tangible.

La marque japonaise apporte son lot de « touches » caractéristiques. Il y a l’inénarrable gimmick de la main sur le visage de Yukawa / Galileo lorsqu’il a son « eurêka », après avoir écrit une masse d’équations dont on ne sait pas vraiment à quoi elles servent. Personnellement, je suis incapable d’y déchiffrer quoi que ce soit ; je ne sais même pas à quoi sert une parabole, sinon pour capter CanalSat… On n’évite (presque) pas non plus la romance, chère aux Japonais, qui monte tout doucement en pression au cours de la série pour finalement retomber comme un soufflet. L’interaction entre les deux protagonistes a cette base solide « un-homme-scientifique-rationnel-et-cartésien-devant-l’éternel-et-handicapé-des-sentiments face à une-femme-rookie-(kôhai)-motivée-et-bosseuse-mais-un-peu-fifille-quand-même ». Elle, au final, ne sert pas à grand-chose (c’est lui qui résout tout), à part assurer l’équilibre du couple principal dans le cahier des charges marketing. Ah si, elle chante comme une casserole le générique de fin. Non mais vraiment, c'est une catastrophe.

Reste que le casting a quand même du coffre. Les deux acteurs sont bien dans leurs rôles, mais surtout, les featurings sont nombreux et masturbatoires du genre drama : on y verra ainsi Ryoko Hirosue, Aoi Sora, Horikita Maki, Fukada Kyoko, Yumiko Shaku ou encore Honjou Manami dans les seconds rôles. Excusez du peu.

Galileo n’est pas un drama inoubliable mais il s’avère divertissant la plupart du temps, à défaut d’avoir une ambition qui aurait pu lui donner une toute autre dimension. Peu après la série, dont la diffusion s’est achevée en décembre 2007, un film titré Suspect X a eu pour rôle de conclure l’histoire.

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