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Cowboy Bebop

CBBB animé Watanabe

En France, après avoir été intégralement diffusée en version doublée sur Canal+ entre Septembre '00 et Avril '01, Cowboy Bebop est offerte depuis quelques semaines en version originale sous-titrée sur la chaîne câblée Game One. Une belle reconnaissance, de surcroît assez rapide (car la série ne date que de '98 au Japon), de la part d'un pays qui peine toujours à diffuser des séries japonaises animées. D'autant plus que Cowboy Bebop remporte un franc succès, et pas seulement auprès des connaisseurs. L'animation nipponne s'offrirait-elle un gaiden ?

Les bases du scénario

L'action se déroule en 2071, alors que l'ensemble du système solaire a été colonisé. Les véhicules actuels existent toujours, mais de nombreux vaisseaux de genres nouveaux ont fait leur apparition. En particulier des unités de voyages interstellaires, véritables maisons volantes, qui abritent d'autres vaisseaux plus petits - le plus souvent des croisements entre avion ✈️ une place et mecha de combat. Spike Spiegel et Jet Black sont deux bounty hunters, des chasseurs de primes en français dans le texte, qui parcourent le système solaire à la recherche de nouvelles proies. Derrière leurs airs nonchalants d'écumeurs free-lance (et pour cause, leurs revenus sont presque intégralement utilisés en réparations de dommages à chaque prime touchée), ils sont pour l'un habile pratiquant de Jeet-Kune-Do et tireur hors pair, et pour l'autre ex-flic un brin "brute épaisse" talentueux en informatique et en cuisine (!). Ils sont bientôt rejoints par Faye Valentine, chasseuse elle aussi, sexy 🔞 et audacieuse ; et deux protagonistes un peu plus secondaires, Ein le chien savant et Ed une petite génie du hack. Leur point commun, en tout cas pour les trois "héros", est le trait tiré sur une partie de leur passé. Chacun porte un poids sur la conscience, ou des questions qui sont restées sans réponse. Cowboy Bebop sera l'occasion de les voir évoluer, au gré de rencontres plus ou moins agréables, et de découvrir le lourd passé de chacun afin qu'ils puissent faire le point avec leurs vieux démons.

La série animée

Techniquement, autant vous prévenir d'emblée, Cowboy Bebop (CB) n'a rien à envier à la qualité d'une OAV. Il s'agit probablement là d'une des séries animées les plus impressionnantes au niveau de la réalisation. Du côté graphique, la série profile de superbes décors -dont certains passages incroyables en images de synthèse- ainsi que du soutien de KAWAMOTO Toshihiro et de YAMANE Kimitoshi, respectivement pour le chara-design et le mecha-design. Autant vous dire qu'en plus d'offrir des décors très travaillés et hauts en couleurs, les personnages physiques et les vaisseaux profitent d'un charisme et d'une précision sans failles, sans pour autant verser dans un trop-plein de détails. L'animation également participe de la qualité générale, puisqu'elle se révèle particulièrement régulière, et se décompose parfois superbement pour offrir quelques passages assez impressionnants (en particulier les divers affrontements, qu'ils soient physiques ou spatiaux).

Musicalement, tout se résume à un nom : KANNO Yôko. Inutile de vous dire que ses créations sont une fois de plus admirables, même si elles se révèlent pour CB parfois assez étranges. A dessein, rassurez-vous, puisqu'elles contribuent admirablement à nantir la série d'un environnement sonore digne de son esprit. Tour à tour graves, décalées, entraînantes ou reposantes ; avec Cowboy Bebop l'éclectisme est de mise pour un ensemble musical rafraîchissant, et en adéquation parfaite avec son support visuel.

Pour ce qui est des doublages, comme de bien entendu, on a affaire à un véritable travail d'artiste, et l'on comprend -une fois de plus- facilement l'intérêt que peut porter le public japonais à ses seiyû. Tous les doublages sont réussis, en particulier ceux des personnages principaux : YAMADERA Kôichi nous offre un Spike charismatique, WAKAMOTO Morio incarne parfaitement le terrible Vicious, TAKASHIMA Gara semble avoir compris parfaitement le personnage de Julia, TADA Aoi s'amuse et nous amuse avec la voix de Ed, et ISHIZUKA Unshô interprète gravement un Jet qu'on n'aurait pas pu mieux imaginer... Toutefois, et malgré la richesse incroyable de ces doublages, encore une fois c'est HAYASHIBARA Megumi qui remporte -pour moi- la palme de la meilleure interprétation, grâce à sa voix toujours plus mélodieuse, et une composition fabuleusement variée. Pour information, cette seiyû de renom a officié dans Shinseiki Evangelion, Love Hina, Ranma Nibun no Ichi, Slayers, ou encore Nazca, et a sorti une petite dizaine de CD de ses propres chansons.

Concernant le doublage français, je dois confesser n'avoir vu que quelques épisodes localisés, mais dans l'ensemble ce doublage a l'air de tenir la route ; malgré le fait que l'on ne remplacera jamais un seiyû !

L'"œuvre" Cowboy Bebop

Il convient tout d'abord de préciser que Cowboy Bebop est à l'origine un manga publié au Japon dans la revue Fantasy DX (Kadokawa Shoten), ersatz de Jump réservé à la science-fiction. Malheureusement, je n'ai pu mettre la main ni sur le manga originel, ni même sur le nom de son auteur (honte à moi !). Tout du moins puis-je vous assurer que cette BD n'a pas remporté un vif succès, à cause paraît-il d'un univers graphique trop peu attrayant.

Toujours est-il qu'elle aura au moins eu le mérite d'inspirer l'équipe de WATANABE Shinichirô, qui a réalisé avec l'anime une des références en matière de série de japanimation. Pour preuve, ses protagonistes sont parmi les plus cotés chaque année dans les listings des personnages de séries préférés.

Cowboy Bebop est une série qui ne "fait" japonais ni dans son déroulement (on remarque fréquemment des analogies avec des œuvres à caractère cinématographique), ni dans son habillage graphique ; en effet, même si la plupart des expressions comiques typiquement japonaises sont reprises dans CB, la série n'en abuse pas, et le graphisme général se démarque légèrement du trait le plus fréquemment utilisé dans les séries animées de japanimation.

Et c'est peut-être ce qui fait le succès de la série. Car Cowboy Bebop n'entre pas dans un moule ; ce n'est pas l'énième série qui reprend les mêmes ingrédients. De prime abord, d'ailleurs, CB n'a pas de fil conducteur. Chaque épisode représente une histoire à part entière, ce qui paraît vraiment intéressant, puisque les protagonistes n'évoluent pas avec la série. Leurs sentiments sont quasiment les mêmes de l'épisode 1 au 26 ; l'occasion d'ailleurs de souligner une fin magistrale, mais qui laisse tout de même certaines questions en suspens. Au spectateur de réfléchir sur les conséquences de l'épilogue. En outre, Cowboy Bebop n'est vraiment pas une série manichéenne, et tente à ce titre, à travers ses protagonistes, de réfléchir sur la signification de bon et de mal. Les bounty hunters possèdent certaines valeurs qui ne seraient sans doute pas acceptées par tous...

Dans Cowboy Bebop, j'aime les thèmes abordés (trahison, vengeance, regrets...). J'aime la façon dont s'interrogent les protagonistes ; puis leur manière étonnante de réagir une fois leur passé mis à jour. J'aime ces caractères en apparence irréfléchis qui leur confèrent une attitude plus intrigante. J'aime les comportements des "héros", qui justement ne s'improvisent pas démiurges et n'en ont pas le comportement type. Bref, j'aime la façon dont Cowboy Bebop met en scène ce qui apparaît comme un imbroglio, mais qui est plutôt un melting pot habile de comportements ambigus subtilement pesés.

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En novembre 2018, Netflix annonce une adaptation live.

Dernière mise à jour le 28 novembre 2018