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Les tempêtes de sable au Japon

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Le Japon est touché une fois par an, autour du printemps 🌸, par des tempêtes de sable jaune venues de Chine et du désert de Gobi. Non rare dans les zones désertiques (dans le Sahara, en Inde ou aux États-Unis), une tempête de sable survient quand des vents soulèvent et transportent ces résidus sur de très longues distances, en créant un brouillard poussiéreux.

L'archipel subit ce phénomène naturel depuis des siècles. Appelé 黄砂 kôsa en japonais (littéralement "sable jaune"), il n'est pas aussi anodin qu'il peut en avoir l'air ; autrefois juste du sable transporté depuis le continent, il contient désormais également toutes les toxines qui se trouvent dans l'air pollué chinois qu'il traverse.

L'indice de pollution atmosphérique en Chine, qui tournait autour des 400 en décembre 2015 (contre 40 en moyenne à Paris) et qui a même doublé dans certaines villes, peut inquiéter de par sa composition. C'est un hybride dans lequel stagnent des gaz d'échappement, des résidus d'activités industrielles, de la poussière, le charbon des feux 🔥 de forêt entre autres, ainsi que toutes les particules artificielles ou de synthèse qui peuvent les rejoindre.

De nos jours, lorsque la tempête arrive, il a été décidé que les industries et voitures les plus polluantes doivent s'arrêter afin d'éviter que plus de dégâts ne soient causés par le transport du sable vers l'est de l'Asie. Toutefois, cela n'est pas toujours possible au long des quelques jours que dure cette tempête, et la Chine ne s'y tient pas toujours avec la rigueur espérée.

Cette pollution atmosphérique peut avoir des répercussions dangereuses pour la santé et on déplore les maladies et troubles respiratoires qu'elle peut provoquer. Ces dernières années, à l'alerte de la tempête en avril s'est ajoutée une alerte pour la présence de PM2.5, particules en suspension bien plus fines et toxiques que celles du sable, qui pénètrent facilement l'organisme : pas seulement dans les poumons lorsque l'on respire mais aussi dans la peau et de la même façon dans le sang. Transportée par des vents importants, cette tempête touche d'abord la Corée et on en trouve des traces dans les régions sud du Japon principalement (Kyushu en première ligne), bien qu'elle puisse arriver parfois jusqu'à Tokyo.

Du coté de l'environnement, ces tempêtes apportent aussi leur lot de désolation, détruisant des habitats et de façon générale la biodiversité de certaines espèces animales et végétales, qu'il est primordial de prendre en considération lorsque l'on souhaite prévenir de futurs dégâts.

On remarque que la tempête se fixe dans un premier temps sur les murs et fenêtres lisses, salis par la couche de poussière jaune qu'elle laisse derrière elle. Bien que ne durant que quelques jours, les effets se font sentir bien après. Collé à toutes les surfaces, respiré par des milliers de personnes ou restant encore dans l'air quelques temps, le passage du nuage nécessite des prises en charge pratiques et médicales. Se laver la peau, les yeux et le nez reste important durant ces périodes, tout comme la vérification que le moteur d'une voiture 🚙 ne soit pas encrassé.

Habitué à ces tempêtes, le Japon a mis en place des alertes météorologiques avec la Nasa, qui préviennent les habitants lors d'arrivées massives du sable. Toute activité à l'extérieur sera alors fortement déconseillée voire interdite et les recommandations peuvent aller du port du masque 😷 à la protection des habitations en isolant le mieux possible fenêtres, portes et autres seuils donnant sur l'extérieur. Il en est de même pour la conduite en voiture qui peut être déconseillée puisque la visibilité dans ce brouillard est largement diminuée.

Lors d'un voyage au Japon au printemps et dans un endroit affecté par ces tempêtes, il est nécessaire de préparer à l'avance et de consulter régulièrement les alertes météorologiques afin de ne pas être surpris au milieu du sable, surtout en cas d'allergie, d'asthme ou encore de conjonctivites.

Mis à jour le 27 janvier 2017