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A380 : compte-rendu d'un Paris-Tokyo

Sur Air France en classe économique (pont supérieur)

Tous ceux qui ont déjà voyagé au Japon, ou vers d'autres destinations lointaines, le savent : le trajet en avion ✈️ peut s'avérer rapidement fatiguant. Espace confiné, bruit du réacteur constant, ambiance "cage à poules" pour peu que certains voisins fassent du bruit (ronflements voire, pire, le cauchemar du voyageur : un bébé qui pleure pendant tout le trajet)... Bref, on n'est clairement pas dans des conditions idéales. D'ailleurs, nombreux sont les bons dormeurs à avoir du mal à trouver le sommeil en avion. Même en mesurant 1m80, la position est souvent inconfortable, les jambes mal tendues, le dos ou les cervicales pas droites et on gêne fatalement le voisin de derrière en baissant son siège.

Alors bien sûr, on l'a tous fait, il y a forcément un moment donné ou un autre où l'on va jeter un œil aux tarifs de la classe affaires, comme ça, "juste pour voir"... Des 800~900€ en moyenne pour un aller/retour Paris-Tokyo direct en classe économique, on passe à du 3~4.000€ pour la classe business hors promotions, et il n'est pas rare de monter au-dessus des 10.000€ en première. Voilà voilà.

Pour notre part, bien que nous volions plusieurs fois par an, nous n'avons jamais été surclassés jusqu'à présent. Sur les forums, chacun y va de son petit commentaire optimiste, avec des conseils plus ou moins judicieux pour favoriser le surclassement, mais nous croyons surtout que la chance (disons "le concours de circonstances plus ou moins appuyé") y jouera principalement. Gageons que le jour du mariage, accompagnés d'une femme enceinte de 8 mois, avec une angine blanche et une jambe dans le plâtre, lors de son baptême de l'air et avec un avion surbooké, l'hôtesse pourrait se montrer clémente.

Dans tous les cas, à moins de faire chauffer la carte bleue 💳 ou de supporter de "mauvaises" conditions de voyage pendant 12~13h (c'est ce que la plupart d'entre nous faisons), il n'existe pas de solution miracle pour pallier les désagréments de vol catalysés en classe éco. Mais tout ça est sans doute en train 🚅 de changer, avec le lancement depuis quelques mois du dernier Airbus, l'A380, et sa mise en route par Air France sur la ligne Paris-Tokyo depuis le 1er septembre 2010.

Le dernier appareil de la compagnie française, qui vole déjà depuis quelques mois, n'a pour l'instant que de bons retours côté passagers :

  • la durée du vol est sensiblement raccourcie, puisque le Paris-Tokyo ne dure qu'environ 11h ;
  • un peu plus d'espace pour les jambes (2,5cm devant) ;
  • des hublots plus grands pour plus de luminosité et moins de sensation d'étouffement pour les claustrophobes ;
  • des coffres à bagages au-dessous des hublots de chaque côté, qui font également office de larges accoudoirs pour les sièges collés aux hublots ;
  • un éclairage satiné ("mood lighting") qui aide à la relaxation ;
  • de l'avis de tous, une absence de sensation de turbulences ;
  • des caméras placées dans le nez / sous la carlingue / sur l'empennage arrière de l'appareil et accessibles à tous en vol ;
  • un meilleur écran (plus large et de résolution supérieure) et un accès VOD refait avec une centaine de films ;
  • le messenger (messagerie) en direct entre passagers ;
  • un espace bar pour la classe économique ;
  • et, fin du fin, un silence en vol rapporté comme impressionnant.

Bref, un confort nettement rehaussé par rapport aux prestations dans les appareils d'ancienne génération. D'après certains, on atteint un niveau quasiment digne de la classe business (sur certains points seulement car, évidemment, l'inclinaison des sièges n'y est pas). Certes, la différence a un prix, et il faudra parfois compter autour de 950€ pour voler en A380. Mais c'est un vol direct et pour notre part, nous accordons une telle importance à sa durée et au silence en vol que nous sommes prêts à allonger ce supplément, au moins pour voir. Mais avec la crainte, quand même, d'avoir du mal à voler de nouveau sur d'anciens appareils.

La ligne A380 d'Air France est déjà ouverte vers le Japon, mais les vols quotidiens entre Paris et Tokyo devraient démarrer au cours de l'hiver.

Impressions après un vol

Liaison réalisée en novembre 2012

Suite au tsunami de mars 2011, le service A380 entre Paris et Tokyo a été interrompu par la compagnie française, qui l'a heureusement repris au bout de quelques mois. Nous avons donc pu réserver nos places dans le plus gros avion civil lors de notre dernier voyage au Japon en date.

Le tarif de base n'a pas vraiment augmenté avec le passage à l'A380 ; il faut donc compter à partir de 800€ en temps normal pour cet aller-retour en vols directs. C'est assez rare, mais il peut arriver que le Paris-Tokyo d'Air France bénéficie d'une réduction - pour cela, scrutez régulièrement les promos vols sur Kanpai. Attention, la liaison avec Osaka n'est pas concernée par l'Airbus : c'est un Boeing 777 qui effectue ce trajet.

Depuis le magnifique terminal 2E de l'aéroport Charles de Gaulle, on peut apercevoir le mastodonte. Avec son envergure de près de 80 mètres et ses deux étages tout le long du fuselage, l'A 380 ne passe pas inaperçu sur le tarmac. Malgré ses 516 sièges et le fait que l'avion était rempli ce jour-là, l'embarquement s'est déroulé rapidement. L'utilisation d'une passerelle par pont et de nombreux personnels au sol accélère le processus avec fluidité.

Mais c'est évidemment à l'intérieur que l'A380 dévoile tout ses charmes aux passagers. La cabine, dès la classe économique, offre un confort amélioré. Il n'y a certes qu'un tout petit peu plus d'espace pour les jambes, et l'inclinaison du siège est juste un poil meilleure. Mais ce sont surtout les coffres sous les hublots qui offrent de vastes rangements ainsi qu'un large accoudoir, très agréables pour s'allonger et/ou évacuer tout ce qu'on a dans les pattes pendant un vol : smartphones 📱, journaux et magazines, appareils photo 📷, ordinateurs et tablettes... Cela offre une véritable sensation d'espace, et évite de tout déménager par exemple pour manger ; mine de rien, c'est un confort intéressant.

Ayant réservé des places au pont supérieur, côté hublot on se retrouve avec seulement deux sièges côte à côte : encore un point positif, notamment pour les couples, qui disposent alors d'un peu plus d'intimité, au lieu de partager la rangée avec un(e) inconnu(e). L'écran individuel est plus grand et permet d'afficher le flux de trois caméras placées à l'extérieur, notamment sur l'aileron et sous le nez de l'avion, pour pouvoir vivre le décollage en direct. Un décollage d'ailleurs moins branlant, qui annonce une croisière d'un confort une gamme au-dessus.

Car en vol, l'A380 est vraiment moins bruyant. Ce n'est pas forcément choquant une fois dedans, mais couplé au mood lighting (cet éclairage doux et vivant au rythme de la croisière) et aux cabines moins vastes en longueur, on ressort de ces douze petites heures de trajet moins fatigué et paradoxalement, avec beaucoup moins le goût de cage à poule. La classe éco reste ce qu'elle est, mais à bord de ce nouvel Airbus, elle s'avère moins spartiate que sur les autres appareils. Et l'on se prend surtout le retour standing en pleine face au vol suivant hors A380 !

Car après avoir goûté au très gros porteur, nous aurons beaucoup de mal à vouloir nous rendre au Japon via d'autres appareils.

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Par Kanpai Publié en septembre 2010 - mis à jour en juillet 2019