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À nous les petites Japonaises !

Succès des gaijin auprès des femmes Japonaises

C'est presque devenu un sport extra-national pour certains étrangers au Japon, en particulier ceux qui s'y installent pour une durée intermédiaire, par exemple avec un visa vacances-travail : la "collection" de Japonaises. L'expression est bien malheureuse, mais on a sans doute tous croisé au moins une fois un de ces couples mixtes, où l'on a constaté que la fille (japonaise) jouait a priori dans une autre catégorie que le garçon (gaijin).

Ça, c'est pour le cliché, pas si fréquent que ça en réalité et qui semble montrer des signes de faiblesses ces dernières années. Mais le fait reste : des étrangers chasseurs de Japonaises (de l'expression anglaise "gaijin hunters"), et les donzelles qui rentrent dans ce jeu (il faut bien que cela soit le cas), c'est une réalité. Il y a même des sites de rencontre dédiés à cela ! Et si une bonne partie de ces gaijin cachent vraisemblablement des Charisma Man en puissance, cela n'en reste pas moins un fantasme pour ceux-là.

Petit point sur ce comportement, ce qu'il implique et ce qu'il ne montre pas au premier coup d'œil.

Ce qui marche auprès des Japonaises

Pour être tout à fait prosaïque, il y a un certain nombre de critères contextuels qui confèrent aux étrangers un statut d'ikemen ("beau-gosse") auprès des femmes japonaises :

  • l'exotisme : avec seulement 2% d'étrangers au Japon (dont beaucoup d'Asiatiques qui sortent moins du lot, car plus proches physiquement), l'Occidental sonne comme la "pièce rare" en particulier en-dehors de Tokyo. Certaines études soutiennent même que l'attirance est plus forte entre des populations éloignées, comme un réflexe de survie dans la conception génétique hybride (donc potentiellement plus résistante aux maladies).
  • les caractéristiques physiques peu communes chez les Japonais : la grande taille, les yeux et cheveux clairs (le blond attire !), la peau blanche en particulier, la barbe si elle est bien entretenue... Irait-on jusqu'à citer la taille du pénis ?
  • la galanterie, encore assez inhabituelle sur l'archipel alors que les Japonaises aiment à se considérer comme des princesses : tenir la porte, marcher avec sa demoiselle voire lui tenir la main, la protéger des nombreux dangers (!) tels que les rabatteurs ou les insectes, payer les sorties et financer ses dépenses diverses.
  • plus généralement, une certaine image d'Épinal de l'Occidental ténébreux, costaud et charismatique voire audacieux, plus actif qu'herbivore, voire sauvage dans un certain fantasme. On croit alors naïvement que l'herbe est plus verte ailleurs.
  • et si en plus, vous lui susurrez trois mots en français... ;-)

Sauf que certains de ces avantages ne performeront que peu ou prou s'ils sont cumulés avec des handicaps, pour certains bloquants :

  • ne pas parler japonais, même un petit peu ;
  • ne pas connaître certaines règles élémentaires de la politesse et bienséance japonaise, par exemple se faire remarquer ;
  • ne pas prendre soin de soi ou, en tout cas, ne pas paraître propre ;
  • ne pas être très grand de taille, à vue de nez 1,70m ou moins ;
  • et plus étonnamment parfois, ne pas parler anglais, car certaines Japonaises sortent avec des étrangers aussi pour pratiquer leur anglais, pour lequel elles ont dépensé temps et argent dans les cours du soir (on se fait régulièrement aborder en anglais pendant un voyage au Japon).

Derrière la couche de vernis...

Si certains usent et abusent de ces codes, et jouent de leur statut pour parvenir à leurs fins, tout n'est pas si simple dans cette équation.

Ils sont assez nombreux, ces gaijin qui rôdent dans les quartiers nocturnes comme Shinjuku ou Roppongi, notamment dans les boîtes de nuit à la recherche de Japonaises qui, elles aussi, n'attendent que ça. Car bien souvent, celles qui répondent à cette demande ne sont pas si naïves que certains veulent bien le croire. Au contraire, la plupart savent pertinemment ce qu'elles veulent et connaissent leurs atouts sur le bout des doigts.

Il y a cette épée de Damoclès ressentie par beaucoup de Japonaises : le cap fatidique des 30 ans. Même dans un Japon vieillissant, la trentaine semble être au Japon une date de péremption pour les femmes. Alors, avant de se ranger dans un couple rasoir et d'apparence proprette, elles sont plus nombreuses qu'elles ne le montrent à vouloir s'amuser avant le mariage, jouer avec les hommes qui deviennent alors parfois un simple accessoire à leur bras, ou encore découvrir de nouvelles expériences sexuelles.

Quoi de mieux qu'un étranger au visa généralement temporaire, qui ne maîtrise pas tous les rouages de la société japonaise (en particulier son honne / tatemae omnipotent) ? La relation s'accélère d'autant plus, les intentions de chacun n'étant pas très mystérieuses, et bien que se présentant comme une fille toujours distinguée, la Japonaise en question n'est pas dupe et sait parfaitement jouer avec ce qui relève parfois de la proie.

Combien de déçus, alors, lorsqu'après une ou deux soirées voire nuits au love hotel 🏩 qui se passaient à merveille avec la demoiselle, le gaijin en confiance ne reçoit plus de nouvelles du tout du jour au lendemain ? Pour la Japonaise, l'aventure ne sera rien de plus qu'une parenthèse vite oubliée, tant elle a cette capacité de l'autruche : si je n'y pense plus, alors cela n'a jamais eu lieu ! Soyons francs : les chances de bâtir une relation solide sur la base de ce comportement sont quasi nulles. Et après tout, ce n'est sans doute pas ce qui est recherché ni d'un côté ni de l'autre.

À partir de l'adolescence et jusqu'au milieu de leur vingtaine, un certain nombre de femmes japonaises attendent ce prince charmant qu'on leur montre dans les drama à l'eau de rose ou, dans une moindre mesure, dans les animés. Mais la dure réalité c'est qu'une fois mariés, le salaire de l'homme se transforme généralement en terrain de jeu de l'expert-comptable despotique qu'est devenue son épouse, lui octroyant quelque menu argent de poche pour épancher sa soif à l'izakaya du coin avec ses collègues.

Plus généralement et en schématisant, les étrangers sur le sol nippon sont perçus par deux catégories de Japonais : ceux qui voient quelqu'un de supérieur en ce qu'ils représentent, et ceux pour lesquels ils inspirent jusqu'à de la haine (sans nécessairement le montrer). Pour ces derniers, le comportement du "playboy" n'y serait pas innocent. Sans compter qu'au Japon, les filles considérées comme "canon" par la plupart des étrangers ne correspondent pas forcément au ressenti des mâles autochtones, dont les standards sont bien plus élevés.

Et quand bien même le couple se formerait dans la durée... Selon les chiffres de l'Ambassade de France au Japon publiés en 2013, près 80% des couples franco-japonais échoueraient à terme.

Dernière mise à jour le 22 octobre 2018