Lycée français international de Tokyo, terrains et installations sportives

Lycée français international de Tokyo

L'éducation nationale française au Japon

Le Lycée français international de Tokyo (ou LFI Tokyo) se situe à Takinogawa, à l’ouest de l’arrondissement de Kita, au nord de Tokyo. Il permet de suivre une scolarité conforme à l’exigence des programmes de l’éducation nationale française et sans rupture, de la maternelle jusqu’au baccalauréat. L'établissement s'adresse en priorité aux enfants d’expatriés français et aux binationaux, mais son cursus international vise également les écoliers de toutes nationalités ainsi que les Japonais qui recherchent un enseignement différent de l'école publique locale.

La genèse du lycée français international de Tokyo remonte en 1954 lorsque quelques religieuses et Auxiliatrices du Purgatoire d’Ichigaya acceptent de s’occuper d’un jardin d’enfants pour Français. À cette époque, on compte moins d'un millier d'expatriés français sur le sol nippon, dont la moitié sont des religieux. Les grandes entreprises françaises présentes au Japon peinent à convaincre leurs salariés de venir s’installer dans le pays avec leur famille. Il faut attendre une dizaine d'années pour que les institutions s'emparent de la question et fondent en 1967 la première école française au Japon, baptisée le lycée franco-japonais de Tokyo (ou LFJT) à partir de 1975.

Lycée français international de Tokyo, bibliothèque

1967 : inauguration de l'école française à Tokyo

La section française prend place dans l'annexe Fujimi du collège de l’étoile du matin (Gyosei) à Iidabashi. La collaboration avec cette prestigieuse institution privée n'est pas le fruit du hasard car la fondation du Gyosei en 1888 fut menée par le missionnaire français Alphonse Henrique et les frères Marianistes. Les locaux du LFJT sont d'abord équipés de :

  • 16 salles de classe ;
  • un internat de garçons de 24 places ;
  • des laboratoires de science et chimie ;
  • une bibliothèque ;
  • et un restaurant scolaire.

D'une centaine d'élèves à son inauguration, la capacité du lycée affiche environ 1.100 enfants scolarisés en 2008. On pousse alors les murs au maximum pour faire de la place : l'internat est fermé et transformé en salles de classe, de nouveaux bâtiments sortent de terre et l'on va jusqu'à délocaliser une partie des écoliers au sein d'autres établissements des environs. Ces solutions qui restent viables sur le moyen-terme ne permettent pas pour autant de résoudre efficacement le problème. La décision est prise de déménager pour un nouveau site assez grand pour rassembler tous les élèves et les professeurs.

Lycée français international de Tokyo, vue aérienne par drone

2012 : refonte de l'établissement à Takinogawa

En 2012, après de longues recherches et un plan de financement conséquent, dont un emprunt à hauteur de 2,42 milliards de Yens (~18,3 millions d'euros), le lycée français s'installe à Takinogawa-Itabashi sur le site d'un ancien lycée professionnel japonais. Le nouvel établissement qui change de nom pour l'actuel, le lycée français international de Tokyo, occupe une superficie de deux hectares et présente de nombreuses installations sportives et culturelles joliment encadrées au printemps par des rangées de cerisiers 🌸 en fleurs :

  • deux terrains de futsal ;
  • des terrains de tennis modulables en un terrain de handball ;
  • un dojo et un gymnase de type japonais ;
  • une piscine ouverte chauffée ;
  • une piste d’athlétisme ;
  • un auditorium de 280 places.

Les salles de classe bénéficient d'un équipement modernisé et orienté nouvelles technologies avec notamment des ordinateurs portables, des tablettes numériques et des tableaux blancs interactifs. Par la même occasion, le déménagement des élèves à Takinogawa engendre une refonte des transports en commun : plus de 40 arrêts dans la ville sont désormais desservis par 14 bus du prestataire Tokyo City Bus et ce sont chaque jour plus de 400 élèves du primaire qui les empruntent.

En 2021, le lycée accueille au total près de 1.450 enfants scolarisés, un chiffre qui devrait encore augmenter ces prochaines années grâce à la politique d’internationalisation des cursus et la possibilité de passer l'option internationale du baccalauréat japonais depuis 2002 et celle du bac américain depuis 2017. Par ailleurs, la répartition de la nationalité des élèves est la suivante, avec un constat qui démontre que de plus en plus de compatriotes s’installent durablement dans la capitale tokyoïte :

  • 24,5 % de Français ;
  • 49,7 % de Franco-japonais ;
  • 8,2 % de Franco-autres nationalités ;
  • 9 % de Japonais (dont certains pouvant avoir une autre nationalité hors française) ;
  • 8,6 % d’étrangers.

Concernant le personnel, ils sont maintenant 195 à travailler au LFI Tokyo, dont 82 % en contrat local. À noter que le lycée est conventionné avec l’AEFE (Agence pour l'Enseignement Français à l'Étranger) et a obtenu en 2006 le statut Gakkou Houjin (学校法人, "école privée reconnue") de l'État Japonais ; ce qui permet, entre autres, de recevoir du gouvernement nippon une subvention de fonctionnement à des fins pédagogiques pour des élèves ne possédant pas la nationalité japonaise.

Lycée français international de Tokyo, salle de classe

Langues et cursus scolaires proposés

Afin de répondre aux différents besoins des familles, le LFI Tokyo propose plusieurs parcours d’apprentissage. Certains choix peuvent se faire dès le primaire, tandis que d’autres n’interviennent qu'à partir du secondaire. Voici un tour d'horizon des possibilités d'enseignement :

  • le parcours classique, avec des ajustements possibles sur les niveaux de japonais et d'anglais pour favoriser l’une ou l’autre langue ; l'étude du japonais étant obligatoire en primaire et optionnelle au secondaire, on parle alors de LV1 anglais et LV1 bis Japonais. Cet enseignement est adapté aux enfants qui souhaiteraient demeurer au Japon après les études ;
  • la section internationale qui mène à l’option internationale du baccalauréat (OIB) japonais ou américain en fonction du souhait initial. Ce cursus facilite la poursuite des études supérieures au sein d'universités japonaises ou américaines ;
  • la section européenne pour les élèves désireux d’approfondir la culture anglo-saxonne ;
  • la section orientale pour les élèves à partir de la quatrième, qui vise à développer de manière renforcée les capacités linguistiques en japonais ainsi que les connaissances de la culture japonaise ;
  • une langue vivante n°2, au choix espagnol ou allemand, obligatoire dès la cinquième ;
  • et le latin obligatoire durant l’année de cinquième et en option par la suite.

L'établissement se dote par ailleurs de services complémentaires bien pratiques pour les familles, avec :

  • une garderie, accessible dès la maternelle, qui assure une prise en charge des enfants le matin et/ou le soir après la classe, à moduler comme on le souhaite ;
  • les activités péri-scolaires qui permettent aux élèves de s’épanouir dans des domaines parallèles culturels, artistiques ou sportifs. Un large choix est disponible mais il faudra s’inscrire dès le début d’année.

Lycée français international de Tokyo, cour de récréation au printemps

Coût de l'enseignement au LFI Tokyo

Le coût d'une année scolaire au lycée français international de Tokyo reste naturellement plus élevé que celui dans une école publique japonaise puisque cette dernière est gratuite. Outre les frais d’inscriptions, d’activités, de la restauration scolaire, des inscriptions aux examens ou du centre aéré, ce sont les frais de scolarité qui représentent la plus grosse part. Ainsi pour un élève français qui bénéficie d'un tarif réduit, les frais de scolarité pour l'année 2021-2022 varient de 959.363¥ (~7.246€) à 1.228.115¥ (~9.275€). Il faut prévoir un peu plus pour les autres nationalités. On peut éventuellement se voir accorder une réduction du coût total en cas de plus d’un enfant scolarisé dans l'établissement.

Des aides financières existent pour la scolarité au lycée français. On peut notamment cumuler deux bourses, accordées en fonction des revenus et du patrimoine des parents :

  • la bourse de l'État Français, dont la demande se fait auprès de l’ambassade de France à Tokyo ;
  • la bourse l'État Japonais (奨学金 shougakukin), dont l'inscription doit être déposée auprès de la mairie d’arrondissement de son domicile.

L’employeur peut également participer aux frais de scolarité des enfants de ses salariés expatriés. C’est d’ailleurs un point de négociation à ne surtout pas omettre lorsqu’on se voit proposer un poste 📮 à l'étranger. À noter qu’en comparaison avec d’autres écoles privées internationales au Japon, le coût du LFI Tokyo n'est pas si élevé : il est par exemple quasiment moitié moins cher que la British School de Tokyo pour ne citer qu’elle.

Lycée français international de Tokyo, entrée de l'établissement

Retour d'expérience d'un parent d'élève

Le choix d'une certaine scolarisation pour ses enfants reste une question personnelle qui doit convenir avant tout à la famille et à ses valeurs. Voici ci-après, quelques remarques d'un parent d'élève de l'équipe Kanpai qui scolarise actuellement ses enfants franco-japonais au sein du LFI Tokyo.

Permettre de garder un lien étroit avec la France

L'enseignement fourni par le LFI Tokyo suit les préceptes de l'éducation nationale française basés sur la liberté, l'égalité et la fraternité. Il diffère en ce sens du système d'éducation japonais articulé sur le principe premier de l'intégration au groupe et de la vie en société. Le sens critique, la curiosité individuelle et la tolérance face à la différence y sont donc plus développés que dans une école publique au Japon.

Les enfants binationaux, en premier lieu les Franco-japonais, trouvent au sein du lycée français un cadre bienveillant pour s'épanouir à la croisée de plusieurs cultures. Un pied au Japon et des échanges culturels en français permettent de maintenir le lien avec la famille restée en Occident. Du point de vue des parents, ils diminuent le risque que leur progéniture puisse subir des intimidations ou des brimades de la part de leurs camarades à cause de leurs origines différentes ; ce que l'on appelle le phénomène de l’ijime (苛め/虐め) et qui existe parfois dans certains établissements scolaires japonais.

Devoir s'adapter au calendrier scolaire français

En ce qui concerne l'adaptation à la vie au Japon, le cursus scolaire du LIFT suppose quelques ajustements au quotidien car il est calqué sur le calendrier français, ainsi :

  • il y a 162 jours étudiés par an pour le système français, contre 201 jours d'école au Japon ;
  • le LFI Tokyo ferme ses portes en fonction des jours fériés japonais (mais pas tous).

Les parents qui travaillent sous un contrat japonais et ont donc peu de jours de congés annuels doivent trouver des solutions pour faire garder leurs enfants, notamment les plus jeunes, pendant les vacances scolaires. Un compromis classique consiste à les inscrire l'été dans une école publique, afin qu'ils puissent mieux cerner les modes de fonctionnement propres à la société japonaise dans laquelle ils vivent et, pour certains, rattraper leur retard en japonais.

Bénéficier d'un enseignement de qualité

L'enseignement du LFI Tokyo reste au global très satisfaisant et justifie le coût à première vue élevé de l'école. Les élèves apprennent beaucoup de choses dans des domaines divers. L'équipe professorale se montre impliquée à élever le niveau de leurs classes tout en prenant soin que les enfants en difficulté ne décrochent pas. Pour cela, les enseignants mettent en place des plans d’actions personnalisés afin de combler les lacunes selon les matières.

Mélanger les cultures pour s'ouvrir au monde

L’ambiance générale entre les jeunes est plutôt bonne. Le mélange des cultures fonctionne et les enfants échangent sans distinction d'origines et de niveaux de langage. Il est vrai qu’ils ont tendance à aller d'abord vers ceux qui ont la même nationalité, mais ce n'est pas systématique. Au contraire, cela leur donne un challenge supplémentaire et les motive à progresser rapidement pour se faire comprendre par plus de monde.

L'enseignement des langues étrangères, en particulier le français et l'anglais, est l'un des points forts du lycée français international de Tokyo, pour quiconque souhaite que son enfant puisse devenir parfaitement bilingue voire trilingue. On recommande cet établissement pour ceux qui envisagent ou veulent laisser le choix à leur(s) enfant(s) de vivre un jour ailleurs qu'au Japon.

Les photos de cet article ont été prises par le lycée français de Tokyo et fournies à Kanpai pour un usage exclusif. Nous conservons une liberté totale dans notre publication éditoriale.
- Dernière mise à jour le 26 avril 2021