Voyager ou vivre au Japon sans parler japonais

Les Japonais parlent peu et mal les langues étrangères. Il est important de bien assimiler cela avant de se rendre au Japon, a fortiori pour une période plus longue qu'un simple voyage. Les causes sont multiples (mauvais enseignement, difficultés de prononciation...) mais le résultat est là : n'espérez pas, comme dans de nombreux autres pays du monde, vous débrouiller sur place avec de l'anglais pour faire comprendre la plupart de vos intentions.

Le cas du français est plus rare encore : il n'y a guère qu'à Koya-san et quelques exceptionnels sites tout aussi touristiques qu'on aura la chance de trouver une documentation dans la langue de Molière. Après tout, on ne peut pas attendre d'un pays dont l'insularité voire l'autarcie sont inscrites dans son ADN de changer radicalement son comportement en quelques décennies, quand bien même le gouvernement chercherait à y faire exploser le tourisme depuis les années 2000.

Oui, on peut profiter du Japon et bien sûr passer un merveilleux séjour sans piper un seul mot de la langue de Miyazaki. Toutefois, on laissera forcément en route beaucoup de subtilités et de compréhension. Sans compter que, sorti des sentiers balisés par leurs centres d'informations pour touristes (et encore, même certains grands hôtels de Tokyo placent du personnel exclusivement japanophone à l'accueil !), le voyage se montre beaucoup moins abordable voire inaccueillant. Et tout cela s'avère plus dommageable encore chez ceux qui y vivent sur le plus long terme.

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Car l'anglais des Japonais reste avant tout très théorique. Peu prioritaire dans le système scolaire japonais qui n'encourage pas les programmes à l'étranger, parfois enseignée par des professeurs sur place au niveau pour le moins lacunaire, voire sanctionnée uniquement par des QCM, la langue internationale laisse souvent des traces dubitatives en situation réelle. Ainsi, les formules 和製英語 wasei-eigo (traduisible maladroitement par "japanglais") sont nombreuses et parfois incongrues : ainsi au Japon, on dit "high-touch" au lieu de "high-five" et l'on cherche encore pourquoi... Ailleurs, PizzaHut écrit même "Don't you hungry?" dans sa communication officielle.

Certes, la population nipponne cherchera très souvent à aider les étrangers à l'air perdu, même sans qu'on leur ait demandé. Les situations altruistes ne sont pas rares, comme ces personnes bienveillantes qui n'hésitent pas à bousculer complètement leur programme et/ou aller dans le sens contraire à leur destination pour vous conduire là où vous cherchez à vous rendre ou simplement téléphoner au lieu en question.

Pour faire preuve du minimum de savoir-vivre en réponse, il est vivement conseillé d'apprendre au grand moins quelques expressions basiques, tels que :

  • konnitchiwa = bonjour
  • sumimassèn' = excusez-moi
  • aligato = merci
  • nihongo ga wakalimassèn' = je ne comprends pas le japonais
  • toilé wa doko dèss' ka ? = où sont les toilettes ?
  • ikula dèss' ka ? = combien ça coûte ?

Panneaux et signes : on recommence

Depuis 2015 en particulier, toujours avec les Jeux Olympiques en ligne de mire, Tokyo reprend ses panneaux routiers pour les adapter à l'afflux massif d'étrangers. Sur les quelques 20.000 qui jonchent la capitale, ce sont en effet pas moins de la moitié qui seront changés d'ici 2020 à raison d'environ 2.000 par an. Il faut avouer que la transcription littérale actuelle sous les kanji n'avait pas beaucoup de sens : un vague "tocho kita" devient ainsi "Tokyo Metropolitan Government North", alors que les sanctuaires voient le suffixe "shrine" accolé à "jinja", créant par ailleurs un malheureux pléonasme.

Quoi qu'il en soit, c'est bien le Japon tout entier qui est concerné par le changement récemment statué des pictogrammes sur les plans. En tête des revendications : le symbole manji 卍, localisant les temples bouddhistes sur les cartes, qui aurait interpelé trop d'Occidentaux pour sa (fâcheuse mais involontaire) ressemblance avec la swastika. Et tant pis si cette dernière, associée au nazisme depuis les années 1930, "compétitait" avec un signe présent et reconnu en Asie depuis des millénaires.

Parmi les autres changements notables, on citera :

  • le "H" de hôtel, confondu avec celui des hôpitaux ou héliports, est remplacé par un lit ;
  • le "X" (en réalité deux bâtons croisés), qui représentait la police, devient un officier ;
  • le 〒, symbole du code postal pour la Poste nipponne, devient une banale enveloppe ;
  • la source chaude comme représentation des onsen gagne trois personnages dans son bain.

Et qu'importe si le Japon y perd peut-être un peu de son exotisme !

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