Takemura kissaten
Le café hors du temps à Akihabara
Takemura kissaten est un salon de thé de style japonais, situé dans le quartier de Kanda-Sudacho près d’Akihabara, dans l’arrondissement de Chiyoda au cœur de Tokyo. L’établissement à l’architecture traditionnelle se dessine comme un havre de tranquillité dans la capitale, accueillant ses clients depuis 1930 pour une pause relaxante à base de pâtisseries japonaises saisonnières.
À 2 pas de la rivière Kanda et de mAAch ecute Kanda Manseibashi, une ancienne gare reconvertie en centre commercial, Takemura kissaten est une institution bientôt centenaire établie au cœur des anciens quartiers populaires de la capitale japonaise. Cette maison en bois à 3 étages et au toit pentu de style irimoya occupe l’angle d’une parcelle, apparaissant comme un îlot anachronique dans un quartier aux constructions modernes assez banales.
Takemura est un salon de thé japonais typique, un kissaten, parfait pour expérimenter l’art de vivre nippon.
Quel est le principe du kissaten ?
Un kissaten (喫茶店) est un type établissement hybride à la croisée du café à l’occidentale et de la maison de thé chaya nipponne, qui a commencé à se développer dans les années 1920. Littéralement "une boutique où boire le thé", c'est normalement un lieu calme destiné à se relaxer tout en buvant du thé ou du café, accompagné d’une collation sucrée ou salée. Peu servent de l’alcool, mais beaucoup ont encore un espace fumeurs. Le service peut commencer dès le petit-déjeuner et durer jusqu’à la fin d’après-midi, en fonction des habitudes du quartier où il se trouve.
Au Japon les Starbucks, Tully’s Coffee ou Doutor Coffee peuvent correspondre à la notion de kissaten, mais restent avant tout des établissements de chaîne sans véritable caractère. Les kissaten indépendants sont de loin les plus intéressants : aucune de ces petites échoppes ne se ressemble et leurs propriétaires s’attachent à les rendre uniques par leurs thèmes, leurs ambiances ou les produits servis. Ainsi, leurs décorations puisent avec imagination dans divers styles, des plus épurés aux plus chargés et kitsch. Côté dégustation, on y trouve du café souvent torréfié sur place, du thé et différentes spécialités issues de la pâtisserie occidentale ou japonaise. Des plats salés simples (spaghettis, pizza) peuvent également figurer au menu.

L’établissement historique Takemura Kissaten
Takemura relève de la catégorie des kissaten indépendants, affichant une forte personnalité dans un cadre typiquement japonais. Fondée en 1930 dans le quartier de Kanda pour y pallier le manque d’établissements servant du shiruko (汁粉), une soupe sucrée à base de haricots rouges et de mochi, la petite maison de bois a échappé aux destructions de la 2nde guerre mondiale et à l’appétit des promoteurs immobiliers. Le bâtiment a d’ailleurs été reconnu en 2003 "édifice important du paysage urbain de l’arrondissement de Chiyoda" (千代田区景観まちづくり重要物件).
Si l’extérieur annonce déjà un voyage dans le temps, son intérieur s’apparente à une plongée d’1 siècle en arrière avec une échoppe en 2 parties :
- Un espace surélevé où l’on s’agenouille à des tables basses sur tatamis. Des parois ajourées coulissantes en bois permettent une séparation du reste de la salle. On y entre déchaussés.
- Un espace plus classique avec tables et chaises où l’on peut s’installer simplement.
Au fond, on devine la cuisine, dissimulée par un mur de terre et des rideaux noren.

Un menu sucré typiquement japonais
Les douceurs et plats du jour sont présentés dans une vitrine près de la caisse. L’oshiruko figure toujours à la carte, mais Takemura a construit sa réputation sur l’agemanju, un petit gâteau à base de farine de riz fourré à l’anko et frit à la commande.
Takemura kissaten propose des collations sucrées typiquement japonaises qui varient selon les saisons, comme le très populaire anmitsu (coupe contenant de la pâte anko, des cubes de gelée agar-agar et des fruits) aux beaux-jours et l’awazenzai, une sorte de mochi de riz et de millet couvert d’une épaisse couche d’anko chaude en hiver. Point d'attention : les textures et les goûts s'avèrent particuliers, ce qui reste pour les touristes étrangers une aventure gastronomique.
Bien que la carte soit uniquement en japonais, elle reste facile à comprendre grâce aux illustrations. L’accueil chaleureux et familial, les prix raisonnables contribuent au succès de l’établissement, devant lequel il n’est pas rare de voir une file d’attente se former. Les clients, essentiellement Japonais, y apprécient de se replonger dans cette bulle préservée de l’ère Showa (1926 - 1989) dont la nostalgie est grandissante.
Attention : le salon de thé n’autorise habituellement les photos que de ce qui se trouve sur sa table.
Takemura kissaten est une adresse authentique où découvrir un pan méconnu mais accessible de la culture populaire japonaise, et faire une pause tranquille au cours d’une balade entre les quartiers rétro de Ochanomizu, Jimbocho et Akihabara.