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Le symbole du Japon

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À première vue, la question de s'interroger sur le lieu ou le monument qui représente le symbole du Japon, et qui participe à sa reconnaissance internationale, peut paraître étonnante. En France, on a la Tour Eiffel ; aux États-Unis, la Statue de la Liberté ; la Chine a sa grande muraille ; mais au Japon...?

Parmi les réponses immédiates, on cite forcément le majestueux Mont Fuji 🗻, le temple Kinkaku-ji à Kyoto, le grand torii ⛩️ de Miyajima ou encore la récente Tokyo SkyTree. Les châteaux japonais 🏯 ne sont pas en reste et bien que seuls quelques-uns soient encore d'origine, on ne peut s'empêcher de penser à Himeji ou Matsumoto.

Cette question du symbole du Japon, Edo-jô Saiken (Mezasu Kai) et son fondateur Naotaka Odake, ancien employé de l'omnipotente agence de voyage JTB, se la posent depuis déjà dix ans. L'association Tokyoïte a milité cette dernière décennie pour la reconstruction du château d'Edo, l'ancien nom de la capitale, bâti en 1457 dans l'enceinte impériale à Chiyoda. Détruit dans le terrible incendie Meireki deux-cents ans plus tard, il n'en reste aujourd'hui comme vestige que sa base.

L'Empereur du Japon et sa famille, dont ce fut pendant longtemps la résidence principale, ont depuis leurs quartiers dans le Kyûden (Palais Impérial) attenant.

La reconstruction contestée du château d'Edo

Bien au-delà du parc de Chiyoda, on trouve des vestiges de remparts tout autour de Tokyo jusqu'au tracé même de la Yamanote, c'est dire son étendue à l'époque ! Car, aussi étonnant que cela puisse paraître, la capitale japonaise ne possède plus de château aujourd'hui (excepté à Disneyland !) et c'est bien ce qu'Edo-jô Saiken veut combler. Ainsi, en particulier depuis l'annonce des Jeux Olympiques 🏅 2020 à Tokyo, l'association multiplie les annonces pour faire rebâtir l'édifice, ses cinq étages pour 59 mètres de haut, et lui conférer son statut de symbole traditionnel du Japon.

L'idée, bien sûr, est également d'en faire un spot touristique de plus dans la capitale japonaise, qui pourrait rapporter jusqu'à 180 milliards de Yens 💴 selon Odake. Car excepté Chidorigafuchi (en particulier pour Ohanami), les jardins du Palais Impérial restent une visite peu attractive en-dehors des 23 décembre et 2 janvier, deux seules dates de l'année où les visiteurs peuvent accéder au jardin intérieur et apercevoir la famille Akihito.

Naturellement, l'entreprise n'est pas du goût de tous, et le collectif se heurte à des arguments cinglants. Le premier étant que le budget colossal nécessaire à cette reconstruction (estimé autour de 40 à 50 milliards de ¥) devrait plutôt servir à aider les victimes du tsunami de mars 2011 et de la catastrophe de Fukushima.

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Quel est, selon vous, le symbole du Japon ? Le château d'Edo mérite-t-il d'être reconstruit à votre avis ?

Mis à jour le 03 avril 2015