Choraku-ji (Kyoto), porte Seimon et entrée du temple

Choraku-ji

Le petit temple caché de Maruyama

L'avis Kanpai
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Choraku-ji est un petit temple bouddhiste situé à l'arrière du parc Maruyama, sur les hauteurs du quartier de Higashiyama à l’est de Kyoto. Dans une atmosphère très tranquille et hors du temps, sa visite est recommandée à l'automne pour profiter de son allée d'érables rougeoyants bordée de lanternes.

Il faut s'enfoncer dans les petites ruelles résidentielles et vallonnées de Higashiyama à Kyoto pour trouver l'entrée du Choraku-ji. Située à quelques centaines de mètres d'importants sites touristiques, son adresse reste peu connue et donc faiblement fréquentée. L'on s'accorde ainsi un temps de repos et de méditation à visiter cet agréable petit temple bouddhiste.

Choraku-ji (Kyoto), cascade avec divinités bouddhistes gravées dans la pierre 2

Une histoire liée à la famille impériale

Établi en 805 par Saicho (767 - 822), moine fondateur de l'école Tendai au Japon et sur ordonnance de l’empereur Kanmu (737 - 806), Choraku-ji consacre la déité Kanzeon Bosatsu, déesse de la compassion et de la miséricorde. L'enceinte reste pendant longtemps fermée au public car réservée à la famille impériale. Cette dernière n'ouvre alors ses portes que lors de grandes cérémonies données pendant les années dites Yakudoshi, c'est-à-dire celles qui portent malheur ou les "âges malchanceux" selon la croyance japonaise populaire.

Le temple accueille en 1185 l'ex-impératrice-consort Taira no Tokuko (1155 - 1214) rebaptisée Kenreimon-in. À la chute du clan Taira et de la mort tragique de son jeune fils, l'empereur Antoku (1178 - 1185), elle se retire du pouvoir et prend la tonsure afin de devenir nonne. Elle termine ensuite sa vie comme religieuse au temple Jakko-in à Ohara.

Dans des temps plus contemporains, les jardins du Choraku-ji sont appréciés des artistes de la région qui s'inspirent de la beauté simple et tranquille du site pour écrire ou peindre. On trouve ainsi dans l'enceinte du temple la tombe du poète et peintre Rai San'yo (1780 - 1832) qui avait demandé à être enterré en ces lieux qu'il aimait tant.

Choraku-ji (Kyoto), jardin Kiyosumi du temple 2

Un paysage serein d'automne à Kyoto

Depuis le parc Maruyama, à l'extrémité est de Gion, on a le choix entre visiter le grand temple Chion-in au nord ou bien de bifurquer vers le sud pour découvrir Choraku-ji. Vers la fin novembre, on emprunte avec bonheur la pente douce qui mène à l'entrée. Bordée d'érables rouges et de lanternes, cette petite allée est un havre de paix intéressant pour profiter des koyo 🍁 à Kyoto sans personne.

On pénètre ensuite dans l'enceinte qui se compose harmonieusement de plusieurs petits pavillons en bois entourés de jardins. La cloche du temple est réputée pour le son mystérieux qu'elle produit. Des fidèles s'y rendent spécifiquement au nouvel an afin de pouvoir la faire sonner aux côtés des moines.

Une petite chute d'eau sacrée est entourée d'un mur de pierre où sont sculptées des images de Bouddha. On reste quelques instants absorbé(e) par la cascade, à chercher les différents visages qui se dessinent entre la roche et la végétation. Le temple dispose par ailleurs d'un jardin intérieur autour d'un étang. Il ne faut pas hésiter à entrer dans le bâtiment ouvert afin de gagner le balcon qui permet de contempler un paysage vert typique du bouddhisme Zen. Enfin, le fond de l'enceinte abrite un cimetière où un point de vue sur la ville de Kyoto entre le feuillage des arbres est possible par temps clair.

Choraku-ji s'adresse à un public qui recherche une visite rapide et reposante, bien située au centre de Kyoto mais assez reculée sur les hauteurs de Higashiyama pour ne pas subir la foule. On regrette cependant le tarif d'entrée relativement élevé pour un temple de cette envergure restreinte.

⬇️ Plus bas sur cette page, découvrez nos conseils de visite à Choraku-ji et autour.
Par Kanpai Mis à jour le 10 novembre 2021