Kongosho-ji (Mont Asama, Ise), vue sur l'enceinte du temple et le pont en demi-lune taiko-bashi

Kongosho-ji

Le temple d'Ise au sommet du mont Asama

L'avis Kanpai
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Kongosho-ji est un temple bouddhiste situé au sommet du mont Asama, dans la ville d'Ise au sein de la préfecture de Mie. Lié depuis ses origines au sanctuaire Ise Jingu qu'il protège des démons, le site spirituel est également issu de l'école ésotérique Shingon fondée par Kukai. Sa découverte mène les visiteurs jusqu'à son okuno-in, la partie la plus sacrée des lieux qui abrite un impressionnant cimetière bouddhiste.

Après les visites des sites Geku et Naiku du grand sanctuaire Jingu, la deuxième moitié du pèlerinage d'Ise continue quelques kilomètres plus loin, sur les hauteurs de la péninsule de Shima, au sommet du mont Asama qui culmine à 555 mètres d'altitude et abrite le temple Kongosho-ji.

Gardien de la porte des démons, Kongosho-ji se dresse en tant que temple protecteur d'Ise Jingu depuis sa fondation à la fin du VIe siècle par le moine Kyotai Kato, de l'école bouddhique ésotérique Shingon. Kukai lui-même (alias Kobo Daishi), développe la notoriété du site jusqu'à ce qu'il devienne le plus grand temple de la péninsule. Cependant, les guerres civiles successives, sa situation géographique isolée dans la montagne et soumise aux typhons 🌀 auront raison de son influence.

Kongosho-ji tombe en déclin jusqu'au XVe siècle environ. Plusieurs mécènes vont ensuite financer sa rénovation comme Ikeda Terumasa, un seigneur d'Himeji du début de l'époque Edo (1600 - 1868) qui reconstruit le pavillon principal en 1609. Il faut attendre l'inauguration de la route scénique Ise-Shima Skyline en 1964 pour que le temple voit son accessibilité facilitée et donc son attrait auprès des visiteurs grandir.

Kongosho-ji (Mont Asama, Ise), parvis du pavillon principal du temple

Temple dédié au Bouddha Kokuzo

L'entrée se fait par un escalier de pierre recouvert de mousse et surplombé par le porte Niomon, rénovée pour la dernière fois en 1979. On passe devant la tour de la cloche toute en bois brut pour déboucher sur l'étang aux lotus et son ravissant pont en demi-lune de type taiko-bashi et de couleur vermillon.

On rejoint ensuite le parvis qui héberge le pavillon principal du Kongosho-ji. Rouge vermillon à l'extérieur, le bâtiment présente un intérieur richement décoré et de couleur or. Dédié au Bosatsu Kokûzô, un Bouddha vénéré spécialement par le courant Shingon, le temple abrite notamment une image de Fukuichiman Kokuzo Daibosatsu, qui est l'une des trois principales représentations de Kokuzo au Japon. Il est possible de l'admirer une fois tous les 20 ans, dans l'année suivant le rituel de reconstruction Shikinen Sengu au sanctuaire Ise Jingu ; soit en 2034 pour la prochaine ouverture !

Devant le bâtiment principal, on n'oublie pas de caresser les deux statues gardiennes et porte-bonheur que sont :

  • le "bœuf de la bonne fortune" surmonté du dieu de la richesse Daikokuten et dont on touche le sac pour se souhaiter la réussite ;
  • et le "tigre de la sagesse" qui observe défiler les fidèles, paisiblement allongé.

La visite du temple ne s'arrête pas là et son enceinte, bien plus vaste qu'il n'y paraît, s'enfonce encore dans la forêt.

Kongosho-ji (Mont Asama, Ise), Okunoin et son cimetière

Okuno-in du sanctuaire Ise Jingu

Pour cela, on cherche la porte Gokurakumon, reconnaissable à son porche en arc blanc. Elle donne accès à la zone okuno-in qui est la partie la plus sacrée et isolée du site religieux. Dans le même sens, on qualifie ainsi Kongosho-ji comme l'Okuno-in d'Ise Jingu, c'est-à-dire "le temple du fond", l'espace le plus secret et spirituel du complexe.

Avant d'arriver jusqu'à la dernière petite place qui comprend les pavillons secondaires de l'okuno-in et des statues de Jizo, on traverse le cimetière qui renferme les âmes défuntes des fidèles.

On emprunte à pied une petite allée ombragée, où s'alignent de chaque côté d'innombrables pierres tombales qui prennent ici seulement la forme des bâtons de bois hauts et carrés appelés tohba (塔婆) : version raccourcie du terme sotoba (卒塔婆), c'est-à-dire stupa suivant la prononciation japonaise. Ce paysage particulier à la région rend la visite surprenante et très solennelle ; mais attention aux moustiques qui sont également de la balade en été.

Situé juste à coté de l'observatoire au sommet du mont Asama, au bord de la route Ise-Shima Skyline, le temple Kongosho-ji mérite amplement un détour, pour son importance au sein du pèlerinage d'Ise et ses différents monuments qui rappellent ô combien le shintoïsme et le bouddhisme sont étroitement liés dans le cœur des Japonais.

Cet article a été réalisé dans le cadre d'un séjour organisé et financé par l'Office du Tourisme de la préfecture de Mie. Kanpai a été invité et guidé mais conserve une liberté totale dans sa publication éditoriale.
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Par Kanpai Mis à jour le 10 Mai 2021