Le culte shinto

Différentes pratiques shintoïstes de la vie quotidienne

On cite souvent le shinto comme une religion ; toutefois, avant que le Japon n'accueille le bouddhisme, les Japonais n'avaient pas à proprement parler de religion, mais plutôt ce que l'on pourrait appeler une philosophie de vie. On se rend compte du shinto dans les rituels qui rythment la société nipponne, les célébrations qui marquent les âges de la vie ou encore la période de l'année. On le remarque dans des pratiques si incorporées dans la vie quotidienne qu'elles en deviennent presque invisibles.

D'un mode de vie spécifiquement japonais à une religion

Comme beaucoup de cultes animistes, il est difficile de dire quand le shinto a commencé. La croyance que tout élément du monde est habité d'un esprit, qu'il faut respecter ses ancêtres (par une effigie) et vouer un culte à des entités supérieures a permis au shinto de perdurer à travers les âges. Ces esprits et entités sont appelées kami, terme que l'on traduit généralement en français par "dieu" bien que l'idée soit plus complexe. En effet, le shinto suppose que l'homme et le monde sont neutres. Si un événement malheureux arrive ou qu'un homme tombe malade, surtout à une époque où la biomédecine n'avait pas encore fait son apparition, on considérait que cette malchance était due à un mauvais esprit, et qu'il fallait lui demander clémence, purifier les lieux.

C'est après l'arrivée du bouddhisme au Japon et par l'histoire tumultueuse de ces deux cultes que le Japon s'est décidé à donner un terme au mot religion : 宗教 shukyo. Ce terme fait son apparition au XIXe siècle pour correspondre aux autres religions, période où le shinto devient culte d'état. Plus d'un siècle plus tard, cette "religion" règne toujours dans le pays au coté du bouddhisme, les deux s'étant fortement influencés mutuellement. Pourtant son histoire a été agitée : l'armée américaine, au cours de la seconde Guerre Mondiale, a notamment cherché à détruire le shinto car il expliquait pour eux la volonté japonaise de mourir pour son pays.

Les pratiques shinto

Le shinto est une religion positive qui célèbre la vie et la famille, ainsi c'est à elle que revient le mariage. Les bouddhistes quant à eux s'occupent de l'enterrement ; dans le shinto, les cérémonies funéraires sont très simples puisqu'il n'y a pas de vie après la mort ou de réincarnation. Le défunt devient un ancêtre et un autel lui est dédié dans la maison de la famille, auprès duquel on dépose offrandes et prières. Cet autel s'appelle 神棚 kamidana et est généralement tourné vers l'est ou le sud, là où il recevra le plus de lumière. On peut facilement faire la différence entre l'autel shinto et l'autel bouddhiste car le premier se trouve le plus en hauteur et est orné d'une guirlande de papier appelée gohei tandis que le second possède des portes. Le kamidana sert aussi à vénérer un dieu du foyer.

Le shinto ne possède pas de rite hebdomadaire comme la messe du dimanche chez les chrétiens, mais plutôt des célébrations annuelles et des rituels ponctuels pratiqués sur demande. Parmi les festivités, rituels et gestes, on peut penser à :

  • Dosojin matsuri : festival du feu tenu le 15 janvier, il suit la nouvelle année où les décorations utilisées le 31 décembre sont brûlées dans des feux de joie. Le but est de s'attirer la chance au cours de l'année et prédire si celle-ci sera bonne ou mauvaise.
  • Le lavage des mains et de la bouche (手水役 temizuya) quand on entre dans un sanctuaire ou que l'on souhaite commencer à prier. Ce geste représente un des principes du shinto : la propreté. On peut rencontrer d'autres gestes de ce genre quand il faut enlever ses chaussures à l'entrée de sa maison ou d'un temple, ou la douche prise avant le bain.
  • L'amour de la nature, autre grand principe que l'on peut rencontrer par exemple au printemps durant hanami. Il est coutume de bloquer une journée afin d'être présent très tôt et pouvoir s'installer, pour ensuite pique-niquer et boire. Il n'y a pas de réel aspect religieux à cette festivité, qui est plus un rituel social que mystique.
  • Les mariages et les naissances qui eux seulement sont célébrés dans le shinto et qui sont les pratiques d'un autre principe fondateur : celui de la famille. La famille est le socle de la société, c'est la première communauté à laquelle appartient l'enfant, celle envers laquelle il possède des devoirs et surtout, celle qui est porteuse du savoir traditionnel. Pour ces raisons, le culte des ancêtres dans le shinto est très important.
  • Enfin, les kami possèdent une place très importante dans la vie quotidienne shinto. Ils sont neutres mais peuvent bien ou mal tourner s'ils se sentent vénérés ou bafoués. Ils représentent ce qui est pur et cette idée joue un grand rôle dans les modes de pensées japonais et la vie de tous les jours. Un respect pour chaque chose naît de ce principe car, comme dit précédemment, tout objet peut avoir son kami.

Évidemment, le sujet ne peut être que survolé ici. En quelques mots, le shinto représente l'esprit japonais dans sa forme la plus simple, imprégné qu'il est dans ce pays depuis plus de deux millénaires.

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