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Radioactivité au Japon : les vraies mesures du nucléaire

Nuage radioactif : carte de Fukushima, Tokyo...

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Depuis la catastrophe du 11 mars, il s'est dit tout et son contraire sur les niveaux de radioactivité au Japon. Les centrales nucléaires de Fukushima (en particulier la première, "Dai Ichi") que l'opérateur TEPCO a du mal à refroidir, dégagent-elles toujours un niveau de radiation élevé voire dangereux pour la population, et ce dans quel périmètre ? Beaucoup de médias se sont désintéressés de cette question et il n'est pas toujours facile de savoir réellement ce qu'il en est. Pour vous, Kanpai fait le point.

D'abord, mettons tout de suite les choses au point : en-dehors de la zone d'évacuation, les fuites radioactives dans l'air n'ont jamais pu causer de dommages sur la santé. Pour information, cette zone est un périmètre de 30km autour des centrales nucléaires de Fukushima ; Tokyo étant à 270km au sud, cf. la carte du Japon.

Pour appuyer cette théorie, posons quelques bases scientifiques.

Selon Wikipedia, le sievert (Sv) évalue l'impact d'une exposition à des rayonnements ionisants. Il mesure donc les doses de radiations reçues par le corps humain. le sievert est un multiple du milli-sievert (mSv) 1.000 fois moins élevé, et du micro-sievert (µSv) un million de fois moindre. La dose est généralement calculée par heure, par jour ou par an. Toujours selon Wikipédia, il n'y a aucun impact sur la santé lors d'une radiation inférieure à environ 10 mSv/h (250 mSv/jour ou 91,25 Sv/an). Le danger mortel survient à partir de 6 Sv/jour (= 6.000 mSv).

Il faut savoir que la radioactivité est un phénomène naturel et que nous recevons tous des doses à tout moment. Selon le Comité Scientifique des Nations Unies, la dose moyenne en France est de 0,27 µSv/h (2,4mSv/an, la moyenne américaine est de 6,2). Mais certaines choses infligent une radiation bien plus élevée, par exemple :

  • une mammographie : de 2 à 5 mSv selon le matériel
  • fumer 1 paquet de cigarettes par jour : 0,2 mSv
  • des vols New York - Tokyo pour un personnel aérien : 9 mSv/an (dû au radiations cosmiques)

Maintenant, à la lumière de ces précisions scientifiques, permettez-moi de vous présenter une statistique de plus : la dose de radioactivité la plus élevée mesurée à Tokyo depuis le 11 mars a été de 0,5 µSv/h (le 15 Mars). C'est à dire 20.000 fois moins que tout danger possible sur la santé. Donc les schémas de nuage radioactif avec zones rouges ou noires à la légende et aux explications volontairement floues, vus dans certains médias en mars, vous savez ce qu'on peut en faire...

Si vous voyagez au Japon ces prochains mois et que vous souhaitez obtenir des mesures précises et quotidiennes des fuites nucléaires, enregistrez cette page du Comité National du Tourisme au Japon qui fournit toutes les données nécessaires.

Mis à jour le 10 mars 2015