anna-san-no-omame

Anna-san no Omame

Quand on me demande quels sont les drama japonais les moins bons que j'ai pu voir, je peux rapidement citer First Kiss ou Kekkon Dekinai Otoko. Dorénavant, j'aurai *LE* navet à brandir comme une pancarte de méfiance envers ce genre plus que glissant. Que l'on soit bien clairs : Anna-san no Omame est un drama merdique. Pire que ça : la série ne se contente pas d'ennuyer le spectateur, elle l'énerve au plus au point et lui donne envie de traverser l'écran pour claquer Lily, le pire personnage inventé dans l'histoire du drama. Oui oui, rien que ça.

L’histoire est simple : Kyôtaro (joué par Kashiwabara Shuji) rencontre la meilleure amie de sa copine, qui se trouve être une pimbêche imbuvable, tellement fantasque –ou plutôt, peu sûre d’elle– qu’elle croit que tous les mecs sont amoureux d’elle. Je vous la fais courte : elle va créer des tonnes de malentendus entre les 3 protagonistes, malentendus que Kyôtaro va ramer pour corriger, puisque ç’aurait été trop simple de mettre ses couilles sur la table et couper court tout de suite à de telles fantaisies.

Drama de 10 épisodes, diffusé à l’automne 🍁 2006 sur TV Asahi.

Le point central et paradoxalement l’erreur du drama, c’est Momoyama Lily – ou Riri, selon votre système de transcription. Interprétée par Becky (vue dans Nodame Cantabile SP, Stand Up !! ou le film Hana Yori Dango), elle prend la forme d’un personnage tout à fait grotesque, habillée de toutes les nuances de rose et de violet : sur ses vêtements, son maquillage, ses accessoires… Et comme si ça ne suffisait pas, la post-prod en a rajouté une tonne visuellement et dans la bande son. En conditions réelles, Lily hurle ses lignes de monologue ridicule, pendant qu'on la voit se caresser le visage et les cheveux en faisant des grimaces toutes plus ridicules les unes que les autres, avec des fleurs roses qui bougent dans tous les sens autour d’elle et des bruits d’étoiles scintillantes. Imaginez le calvaire. Pour énerver encore plus le monde, elle termine la plupart de ses phrases en beuglant « mitai na !! » (« on dirait bien ! ») et parle d'elle à la troisième personne en utilisant son prénom comme sujet des phrases, comme le font les gamins de 3 ans.

Les mimiques sur-appuyées de Lily, avec tout leur enrobage sucré, détruisent tout éventuel charme lié aux malentendus. C’est d’autant plus dommage que Becky a un physique pas dégueulasse et des yeux verts charmants, exotiques pour une Japonaise (même si elle a l'avantage d'être métisse). Dans le genre, on se rapatriera donc sur Saori Takizawa et surtout Sayuri Anzu qui joue donc la titrée Anna, et qu’on aimerait voir plus souvent à l'écran. Pour le coup, la gravure idol qu'elle est dispose d’un physique et d’une voix à réveiller les morts. Dommage que son personnage soit du genre niaise devant l'éternel, soit le fantasme d’otaku qui rêve de la femelle naïve et docile. En gros, on pourrait tuer son chien sous ses yeux qu'elle trouverait encore des excuses au criminel…

Pour revenir au drama en lui-même, le jeu d’acteurs est d’une bassesse terrifiante ; les épisodes sont longuets, répétitifs et irritants. Pour moi, c'est épidermique : je n'ai pas réussi à tenir plus de quelques épisodes. Et encore, j'ai fait un effort pour supporter ça... Par pitié, pour votre santé mentale, ne perdez pas votre temps devant cette horreur. Je peux comprendre que ce soit justement l’exagération autour du personnage de Lily qui fasse l’intérêt de l’histoire, mais d’une part je ne vois pas où on peut parler d’intérêt dans Anna-san no Omame et, d’autre part, il faut une dose de patience assez irréelle pour supporter ce personnage dans un putain de divertissement. Non vraiment, si vous avez aimé, dites-moi comment vous avez fait pour endurer ce supplice.

Dernière mise à jour le 22 septembre 2015