Syndrome de Paris vs. syndrome de Tokyo

Français au Japon / Japonais en France : la dépression du voyageur

Nous devons reconnaître n'avoir jamais détaillé la thématique du syndrome de Paris ("Paris Shôkôgun") sur Kanpai. Il apparaît parfois difficile de lui accorder du crédit, tout au moins à lui reconnaître la portée et les conséquences qu'on veut bien lui louer. Appuyé comme il est par des reportages à ménagères (voir la vidéo en fin d'article), il fait un peu syndrome "vous vous rendez compte, ma bonne dame"...

Le syndrome de Paris se traduit par un mal-être des touristes étrangers, notamment Japonais, face à des composantes de la capitale française qu'ils n'attendaient pas : saleté, contact social agressif, sens du service souvent discutable voire vols à la tire. Mais c'est avant tout un clivage culturel qui est en cause : le "non" japonais est rare, de même que l'argument au sens de l'échange direct de points de vue, voire la dissension. Il y a aussi, et surtout, cet important décalage entre l'image du Paris et de la France romantiques à ombrelles et à froufrous, et son pendant réel souvent beaucoup moins glamour. Les images d'Épinal, telles que l'Amélie Poulain de Jeunet, ont la peau dure à l'étranger.

Voir cette amusante vidéo du Parisien pour le journal éponyme :

A tel point qu'un docteur japonais, Hiroaki Ôta, aurait parlé de "syndrome de Paris" dans un de ses ouvrages il y a une vingtaine d'années, et dirigerait depuis un service à l'hôpital Sainte-Anne, dédié à l'accueil de touristes Japonais dans cette souffrance.

Bon.

Celui dont on parle moins, c'est son pendant inverse : le syndrome de Tokyo, qui toucherait les étrangers de passage sur l'archipel. Les symptômes sont plus ou moins les mêmes : une désillusion face aux attentes fantasmées, construites autour du Japon :

  • le système d'écriture diffère, et ce peut être traumatisant de ne pas pouvoir se raccrocher à une graphie, lire le menu ou des informations
  • on ne peut communiquer facilement avec l'autre voire, sur la longueur, créer des amitiés réelles de la même manière que dans le monde occidental
  • trouver un "vrai" travail, hors arubaito ou prof de langues, relève de la gageure
  • le système de la relation de couple franco-japonais dans lequel il est difficile de trouver un équilibre serein
  • une distorsion a priori de la vie quotidienne, manichéée par les manga ou les drama

Symptômes qui peuvent alors déboucher sur une dépression, un mal du pays accentué par l'impossibilité de partager son sentiment, comme les racines latines le réclament souvent pour le bien-être. C'est ce que raconte, avec humour, la BD Charisma Man et c'est que nous prévenions, modestement, dans notre article "Japon, la grande illusion" d'il y a 7 ans.

Article intéressant ?
5/5 (4 votes)

Informations pratiques

Thématiques associées

Kanpai vous suggère également ces articles

Destinations associées

Commentaires

David @ Ogi
16 Septembre 2010
11:34

Je ne sais pas s'il existe un syndrome de Tokyo, pourquoi pas.
Mais ne perds pas de vue que sur les cinq points que tu cites, les quatre premiers sont des composantes "normales" de ce que l'on appelle "choc culturel" un phénomène souvent sous-estimé mais qui existe à chaque fois qu'un individu se retrouve en pays étranger, à divers degrés bien sûr, un Français sera moins déstabilisé en Allemagne qu'en Inde ou au Japon et réciproquement.

Maintenant, je te rejoins sur le dernier point. Un Français fantasmant sur le Japon parce que mangas, dramas et le reste, risque d'être aussi choqué en passant du temps au Japon qu'une Japonaise arrivant à Paris en imaginant une ville romantique où tout le monde s'habille en Chanel, passe sa journée aux terrasses des cafés, fait ses courses aux Galeries Lafayette et j'en passe.

Valery
22 Septembre 2010
13:47

Tout ne peux etre mis seulement sur le fait dela diffrence culturelle , a Paris les gens sont grossiers , agressifs .Vous entrez dans un cafe juste pour eu y utiliser les toilettes , vous y commander un cafe juste pour etre poli , vous n arrivez pas a ouvrir la porte des toilettes car il faut un jeton le proprietaire vous envoie un cri bizarre ye ye ye yo yo yo et vous engeule car vous ne savez pas q uil faut un jeton pour utiliser les toilettes. A Paris on paye pour se faire humilier.

Zali L. Falcam
17 Septembre 2010
07:58

C'est peut-être pas très sérieux, le syndrome de Paris, mais c'est une parabole efficace et parlante sur la différence. La Bible n'est faite que de ça, alors pourquoi pas les rapports franco-japonais, après tout ?

Flo
19 Septembre 2010
08:50

Je pense surtout qu'il faut aborder ce genre de situation au cas par cas. J'ai jamais rencontré un français ayant passé une longue période au Japon qui est été déçu.

Personnellement je vois ça comme un manque de débrouillardise venant d'un français. Je peux le comprendre pour un japonais mais pas pour un français.

D'ailleurs hormis les personnes qui s'intéressent vraiment au pays le reste des gens, même si c'est de moins en moins le Japon étant à la mode, conservent les stéréotypes établis il y a quelques années par les pays occidentaux. Pour être déçu ou désorienté par ce pays au point d'en être dépressif il faut en vouloir. Bien sur ce n'est pas un pays parfait (heureusement d'ailleurs).

Kuishinbo
28 Septembre 2010
15:50

Personnellement, je constate exactement les 2 phénomènes inverses.
Bien que je ne nie pas vos 2 syndromes, j'ai plus tendance à rencontrer des gens qui ressentent l'exact opposé.
Le nombre incalculable de Japonais allant à Paris, et vous disant que Paris est propre, que les Parisiens sont accueillants, qu'ils n'ont vu aucun probleme d'insécurité.
Effectivement, ce sont des gens qui restent 1 semaine qui disent cela, mais en une semaine, je pense qu'il faut être complètement aveugle pour ne pas voir les problemes de Paris.
Comme quoi, le conditionnement mental marche très bien.

Pour le Syndrome de Tokyo, c'est aussi tout l'inverse que je constate, finalement les gens s'attendent à "Stupeur et Tremblement" et puis finalement, se rendent compte que les trains parlent anglais et que la plupart des panneaux sont aussi en Romanji, qu'on s'y fait des potes, qu'on y trouve une copine et qu'en règle générale, les gens finissent par se marier, qu'au boulot, on peut se faire des amis et aller boire ensemble, à l'inverse de la muraille Française qui distinguent vie privée et travail.

Alex
21 Avril 2011
17:13

Intéressant cet article. Je peux comprendre que le désordre parisien soit déstabilisant pour un japonais. C'est vrai aussi que les français ne sont pas toujours d'un accueil et d'une politesse extrême ^^

Olivier
10 Novembre 2011
00:28

Les japonaises que je connais ne veulent plus venir en France .... Et je les comprends. Beaucoup de Francais quittent notre pays pour les mêmes raisons.

De nos jours le syndrome de Paris est surtout vécu par les français qui reviennent de Tokyo. Plusieurs semaines voir plusieurs mois selon la longueur du séjour, sont nécessaires pour vouloir ressortir dans nos rues. Ce syndrome est tabou, et tout le monde sait pourquoi... Pourtant il résume bien pourquoi notre Societe va si mal. Il

Saleté dans toutes les rues, faite le test, marcher un mètre par un mètre et regardé par terre.... Ce que vous voyez n existe pas au Japon, et le pire c est qu il n a pas de poubelle la bas....juste une culture unique.

Le service n existe pas en France. Le français n imagine même pas ce que cela signifie. Encore un problème culturel
Impolitesse, non respect des règles et des normes, violence, vol, délinquance etc etc .... Vous ne verrez rien de comparable au Japon.
Forcement notre pays est choquant, 50 ans de retard dans tous les domaines. Et on continu a prendre exemple sur l Allemagne. N importe quoi, allez voir ce qui se fait au Japon... Arrêtons de nous gargarisez avec notre TGV moyenâgeux.

A l inverse le syndrome de Tokyo, vous frappe par le bien être qu on ressent des qu on arrive au Japon. La plus part de mes amis y sont rester pour y vivre.... Forcement quand on ne retrouve aucun des problèmes français, on tombe vite sous le charme

Sylvain
28 Janvier 2012
21:50

Je crois que Tokyo est une des seules villes où je me sentais en sécurité a toute heures.
Certes, il y a du service mais la "sur politesse" est un peu trop faux-cul.
Le TGV n'est pas mauvais en soit, c'est l'entreprise qui l'exploite qui laisse a désirer. Et franchement, les prix du TGV restent abordable comparer au Shinkansen !
Le métro Tokyoïte est très cher.... mais propre.
Je ne me suis pas senti privilegié en tant qu'étrangé. Je n'ai parfois pas eu de bonjour ou autre.

Kasugano Haruka
17 Mars 2012
05:22

La première vidéo ma tuer ! ^^

Et oui quand je suis allers a paris je suis vraiment tombé de haut et le parisien qui ma fais la visite expresse me la raconté qu'il avais des déprécions venant du Japon. En même temps Paris ressemble plus a la capitale du maroc qu'autre chose !

Wenjun
03 Avril 2012
13:36

Le syndrôme de Paris je le connais très bien, puisque même en étant française, après avoir vécu 1 an au Japon, j'ai fait une grosse déprime en rentrant en France.
Mais ce n'est pas seulement une question de différence de culture, il faut dire que là-bas, je vivais dans des conditions vraiment idéales, avec un statut idéal d'étudiant qui a du temps pour voyager, visiter partout... Les gens sont adorables (même s'ils sont tellement à cheval sur leurs règles que ça peut agacer très vite), on se sent en sécurité, la vie était simple.
Donc non, syndrôme de Tokyo très peu pour moi, je n'ai pas du tout été déçue, la vie au Japon est à peu près comme je me l'imaginais, pas parfaite évidemment, mais quand même très agréable (je ne suis pas sûre de vouloir y travailler en revanche).

Francis
21 Juillet 2012
11:48

J'ai un peut vécu le syndrome de Paris je n'y suis pas aller longtemps mais j'y était très mal a l'aise

antoine
19 Octobre 2012
14:56

Je vais peut être faire de la digression en parlant du syndrome d'Osaka, ville où je vis depuis 2008 en total échec. Je ne voyais rien d'attirant avant ça dans le fait d'aller vivre au Japon, mais quand une jolie japonaise vous choisit, vous ramène avec elle et vous fait croire que la vie va être douce... Quatre ans à me torturer pour apprendre la langue tous les jours, les 2000 kanjis du JLPT 1, quatre ans à mettre le joli costume cravate et passer un nombre incalculable d'entretiens, d'auditions, d'interviews, quatre ans et toujours à zéro ! Soit vous connaissez tous la même voie de garage : trouvez quelques élèves qui veulent prendre un prof particulier de français, au bout de trois élèves on gagne difficilement ses 20.000 yens par mois ! J'ai pourtant fait prépa à Louis le Grand, et la fac de science à Marseille, mais cela n'est rien pour l'appétit élitiste de l'économie japonaises. Alors je me suis dit qu'un petit boulot me rendrait peut être heureux. Sauf que même ça on ne trouve pas à Osaka. Homme de ménage dans les onsens, arubeit, conbini, poubelles, chantier, manoeuvre, tout cela est du domaine fermé ! Est ce qu'il faut faire partie des yakusas ou d'une secte pour pour pouvoir gagner sa vie dans ce Japon fou ?

cyril
19 Octobre 2012
19:42

dur dur ton histoire! , j'espère au moins que ta vie avec la jolie japonaise compense un peu....

antoine
20 Octobre 2012
07:33

J'entends "ça va aller, juste une mauvaise passe". Donc ça compense, c'est sûr, Je ne suis pas définitivement déprimé. Le problème, c'est le sentiment d'humiliation, de se sentir plus bas que tout, de ne voir aucune lumière pour l'avenir proche, il paraît que c'est ce que la société japonaise cherche chez les jeunes, les détruire, les pousser au suicide, leur faire comprendre qu'on n'a aucun pouvoir, que personne ne nous aidera à trouver notre place. Bien sûr que le syndrome n'est pas localisé, il est le même partout. Ce qui énerve en France est propre à sa culture aussi, ce laisser aller, ce je m'en foutisme. On sait qu'il y règne un climat social d'agressivité, que les manières ont disparu, et personne ne bouge, on laisse les petits crimes impunis, rien ne change. Ce qui s'exporte bien : les français s'ignorent complètement à l'étranger, j'en ai la preuve maintenant, ne croyons malheureusement pas aux réseaux sociaux facebook ou autres, ni même à l'ambassade, aux consulats français pour nous filer un vrai bon tuyau. Quand on est dans le trou, on y est seul, ceux de nous qui ont trouvé ici un bon plan, qui ont eu cette chance se le gardent bien, ne partagent pas, en veulent encore plus en jouant aux parfaits petits japonais, et laisseraient mourir leurs frères, soeurs, potes devant leur porte bien fermée. Ce que je dis existe bien, et on ferme égoïstement les yeux sur tous ces mecs qui souffrent, on croit que payer des impôts resoudra tous les problèmes sociaux. C'est pourtant un très malheureux système désormais devenu mondial, peut être que les japonais se traitent-ils de la même façon une fois passé les frontières ? Le mal est donc ce système, l'ultra compétition, l'élitisme... Les riches disent que c'est sans retour, que la machine ne peut s'arrêter. Un petit pourcentage dans la société réussit, met le reste en esclavage, nous fait croire que l'on vit dans un beau monde d'égalité. Et quand le gros de la société pétera un plomb, qu'il n'y aura pas assez de psy et d'hôpitaux, ça devient quoi ? Une tuerie ?

hh
30 Octobre 2012
12:48

on ne peu pas comparé le japon et la france au japon la mentalité est complètement differente et j'ai l'impression qui a moins de problème sociaux qu'en france . il y a beaucoup moins de chomage les debouchés de l'emploi sont bien plus interressant pour un jeune que se que propose la france entre etre programmateur dans le jeu video la 3D ou illustrateur qui est très facile d'acces labas et finir plombier ou mecanicien en france avec un diplome d'architecte ou commercial chez carrouf je pense que le choix est vite fait! la france à trop de retard elle propose aucun nouveau métier dans les nouvelles technologies les budjets sont tellement ridicules etre embauché même avec les diplomes nessecaire relève du piston le plus souvant! alors que le japon base tout sur ses recherches et le développements de ces technologie qui est une des ressources principale du pays( technologie numerique, spaciale, medical) la france est resté au temps du jambon beurre et du beret! les français passent leurs temps à se battre pour payer leur factures et elever leurs gamins avec un salaire ridicul et un boulot souvant alimenaire se qui amène de la delinquence et de l'agressivité et une espèce de repli sur soi! le japon malgres des horaires de boulots très dur et une soumission dans le milieu du travail j'ai plus le sentiment qu'ils choisissent un metier qu'ils aiment reellement ou ils voyent le fruits de leur travail et abordent donc le futur plus sereinement et il y a moins de delinquance et d'agressivité dans les rues.. les français ne sont en realité pas plus agressifs ou pas moins serviable que les japonais mais à l'heure actuelle la crise est tellement importante que les français en on juste marre!

sébastien
05 Juillet 2013
12:20

Il y a beaucoup d'hypocrisie et de politiquement correct autour de ce 'syndrôme de Paris'.

Il y a un non-dit essentiel le concernant, qui ne touche d'ailleurs pas que les japonais, mais les russes également: c'est le décalage entre la population qu'ils s'attendent à rencontrer, et la population qui habite Paris et sa banlieue.

L'arrivée dans le RER B à la sortie de l'aéroport est pour eux effectivement un choc: ils ne s'attendent pas à voir une population constituée majoritairement de non européens.

Pour les japonais, provenant d'un pays ethniquement homogène, c'est effectivement un choc majeur.

Plusieurs japonais, russes - et même américains ou chinois - que j'ai rencontré m'ont souligné ce point fondamental, mais qui est évidemment 'sensible' d'un point de vue politique.

wolk
30 Janvier 2014
14:41

Il y a si peu de différences entre le Japon et la France. Comme tous les pays, l'attrait qu'ils excercent sur les étrangers provient de leur image passée, celle qui vient de l'époque pré-capitalisme, ou en tout cas pré-société de consommation. Aujourd'hui, dans un pays comme dans l'autre, l'organisation sociale fondée sur l'économie fait que nous ne vivons plus en communauté, mais en société, comme des inconnus les uns pour les autres. Nous croisons notre voisin de palier, le matin en partant bosser, mais sans vraiment vivre avec lui. Alors forcément, les relations authentiques se font de plus en plus rares, et nous sommes contraints de se choisir des amis à la carte comme on choisit un produit dans un magasin : celui qui nous plaît le plus. Comme le voisin ne répond pas forcément à cette caractéristique, on peut vivre à côté de lui comme un étranger. Les japonais sont certainement bien meilleurs pour ça, mais ce n'est qu'un reste de leur passé, qui va disparaître peu à peu, pour les mêmes raisons qu'il a presque disparu chez nous. Au Japon comme en France, il faut réussir à s'insérer dans la vie économique pour avoir droit au sentiment d'exister, comme le fait remarquer Antoine ci-dessus. Comme la vie économique a justement pour but en soi l'optimisation perpétuelle de la rentabilité, elle doit toujours sacrifier le plus possible de travail humain pour diminuer ses coûts, rendant de plus en plus difficile la recherche d'un emploi. Les entreprises fabriquent et vendent bien plus de marchandises que jamais auparavant dans l'histoire, mais il faut de moins en moins de monde pour les fabriquer. Cette froideur inhumaine du principe de la vie moderne se ressent de plus en plus, et cela finira bien par exploser un jour (comme le dit Antoine dans un précédent commentaire), mais en attendant, il faut bien constater jour après notre descente aux enfers progressive. S'en rendre compte est déjà une chance, il y a beaucoup de gens qui pensent que tout va bien, que l'on vit une époque formidable de progrès social et scientifique, que l'on est plus libre que jamais, etc. Le système crée la forme de pensée dont il a besoin pour s'auto-entretenir, et nous lui obéissons sans le savoir. Contrairement à ce que disait Antoine, je pense que ce n'est pas une histoire de riches contre pauvres, je pense que tout le monde sans exception est dans le même bateau. Certains ont une meilleure place, mais une meilleure place dans une prison reste une mauvaise place dans l'absolu. Le Japon n'existe plus, la France n'existe plus, partout règne l'organisation sociale fondée sur la production, la vente, et la consommation de marchandises. Que ces marchandises (qu'elles soient des produits dans des magasins ou bien des personnes, des pensées, des actes, des moeurs, etc) soient différentes en apparence ne change rien au fait que sur le fond, elles sont des marchandises, une forme spécifique à notre époque. Il n'y a aucun intérêt à aller vivre au Japon pour faire là-bas exactement ce que nous faisons en France et partout : participer à un processus de valorisation de la valeur dans une entreprise, et consommer le produit de tout ceci dans la sphère privée. Celui qui préfère faire cela au Japon se fait avoir par une variante exotique de ce qui n'est jamais que la même chose qu'il fait déjà chez lui. Le Japon, comme la France, est déjà mort. Archi-pollué, archi-endetté, il ne sait plus quoi faire pour créer de nouveaux marchés sur lesquels faire du fric pour diminuer le chômage, et ne sait plus quoi faire pour endiguer la destruction de l'environnement que cela impose. Il apparaît de plus en plus clairement que le problème est en train d'apporter sa propre solution à lui-même, ce qui ne peut se faire que dans la douleur.

Julien
05 Avril 2014
10:46

A peine descendu de l'avion et de retour de Tokyo pour la deuxieme fois en 9 mois, je confirme que le syndrome de Paris est bel est bien valable pour nous aussi. Un retour par le RER B à minuit vous remet direct dans la réalité de notre pays.
Grosse déprime aujourd'hui et les qui yeux resteront humides pendant quelques temps encore à la simple évocation de Tokyo ou à la vue du moindre reportage.

Le choc culturel s'applique à l'arrivée au Japon mais c'est surtout celui du retour qui est dur. Ca fait mal de se dire que l'on va devoir continuer à supporter la crasse et la mentalité française jusqu'au prochain départ.

Un petit tour d'escalator ne serait ce qu'arrivé à CDG vous fera naître ce sentiment de manque de civilisation que j'experimente à chaque fois et de plus en plus fortement.

Cette mentalité du " je pense qu'à moi et je m'en fout des autres" est à l extréme opposé de celle que l'on peut vivre au Japon. En France on se plante au milieu des marches et tant pis si quelqu'un derrière nous est pressé.

Dans le rer on parle fort pour être sur que tout le monde profite de notre conversation surtout si elle ne les intéresse pas du tout. Si en plus on peut les faire profiter de nos gouts musicaux qu'ils ne partagent pas en leur mettant à fond notre morceau préféré du moment sur notre téléphone portable c'est encore mieux. A ça pourquoi se priver de fumer dans un espace public vu que de toute façon personne ne ce charge de faire respecter les régles et pour finir bloquer la sortie en s'avachissant sur les strapontins devant les portes.

Triste retour et conviction encore renforcée que même si la vie n'est pas rose au japon pour certains détails de la vie en société elle est largement plus agréable là bas qu'ici.

Le syndrome de Paris une invention ???? Perso j'en suis pas si sur.

Ajouter un commentaire