illusion

Japon, la grande illusion ?

Une fausse image des Japonais

Je suis las.
Las de devoir opérer une catharsis fatigante qui, n'en doutons pas, risque d'en choquer bon nombre et de me porter préjudice.
Qu'importe.

Las surtout d'être entouré d'une horde de boutonneux à peine pubères ayant découvert ce qu'ils appellent tristement "le Japon" avec Shinseiki Evangelion, n'entendant d'ailleurs pas le dixième de l'un comme de l'autre. Las encore de les voir encenser de futures idoles au chômage nonobstant une similitude évidente avec la tout aussi ridicule production maison. Las par avance d'avoir à batailler contre ces mêmes ignares catalysés par ces quelques phrases, agueusiques futurs éhontés, ayant encore lu mes papiers de traviole…

A toi, qui t'es reconnu dans cette description, si tu existes : il convient urgemment de trier parmi la très lacunaire et mercantile sélection japonaise que l'on veut bien te proposer, ou plutôt proposer à ton déjà trop vide porte-feuille. Le couvert tamponné "made in Japan" n'a pas précisément vocation à déresponsabiliser une éventuelle insuffisance. Qu'on se le dise : il est temps de se rendre à l'évidence.

La faute à qui ? Aux médias sans doute. A l'idéalisation de l'amateur également. L'écueil principal à ne pas effectuer réside dans la généralisation des critiques ou des encensements.
Non, tout ce qui provient du Japon n'est pas forcément meilleur qu'autre part.
Goûtez par exemple aux propos suivants, dépréciatifs mais intrinsèquement justes.

Linguistiquement, le Japon n'a fait que piocher dans le système d'écriture chinois, conservant les signifiés en modifiant les lectures, y ajoutant par ailleurs -suite à des déformations de kanji- deux autres systèmes d'écriture syllabaire appelés kana. La langue japonaise est donc créée de toutes pièces.
Musicalement, le Japon utilise un matraquage publicitaire propagandaire qui conduit à une idolisation : c'est la création d'un courant de mode. La Japan Music correspond désormais à un produit de consommation courante global, le disque n'étant que l'un des innombrables produits dérivés. N'oublions pas le renouvellement du produit à un rythme effréné.

Dans sa production d'anime ou de manga, le reste du monde ne dispose que de la partie émergée de l'iceberg, celle qui qualitativement s'avère la plus intéressante. Derrière cette façade miroitante se dissimulent à peine une kyrielle de productions sans âme, ennuyeuses ou vulgaires, toutes copiées les unes sur les autres. C'est aussi cela le Japon : le clonage déculpabilisé de tout et de rien.
D'un point de vue vidéoludique, le Japonais achète en bloc tout produit qu'on lui aura appris à trouver intéressant, cette dernière qualité présente ou pas dans le-dit produit.

Le Japonais possède également un culte de la pureté et de l'originalité. L'étranger qui s'installe n'est pas forcément le bienvenu dans un pays où trouver un emploi et le conserver relève rapidement de la gageure. D'autre part, d'aucuns tendent beaucoup trop facilement à oublier que les mœurs diffèrent énormément entre le Japon et nos contrées occidentales. Ce qui transparaît comme exotique à travers nos médias pourra devenir pénible voire infernal à vivre quotidiennement.
Enfin, l'icône du canon de beauté féminin dans son très court uniforme scolaire, son kimono 👘 ou son yûkata, pour certains fantasmagoriques, représente un ratio d'une faiblesse qui pourrait en surprendre plus d'un.

Il faut alors se rendre à l'évidence : si les quelques derniers paragraphes sont biaisés de par leur dépréciativité, il est tout aussi aisé, voire peut-être plus, de les biaiser grâce à des mélioratifs. Alors il convient surtout de ne pas se forger une fausse idée d'un Japon encore trop mal rapporté.

Derrière ce discours moralisateur se cache une profonde affection pour le Japon. Mais je pense qu'il faut au maximum la rationaliser pour s'éloigner de la passion. Ce dernier comportement ne menant généralement à rien de productif, bien au contraire.
Je ne prétends pas, il va sans dire, tout connaître concernant le Japon ou vouloir rétablir une quelconque vérité, qui n'existe d'ailleurs pas de par les différenciations de goûts. Toutefois, j'estime qu'il convient de prendre un certain recul vis-à-vis de la production japonaise, de ses habitants et du pays en général afin de ne pas idéaliser ou négativiser en bloc. L'une comme l'autre conduisant de toutes les façons à une déformation du propos.

Dernière mise à jour le 12 avril 2015