Comment offrir un cadeau au Japon

Il existe un grand nombre de raisons pour lesquelles les Japonais peuvent être amenés à offrir un cadeau, parmi lesquelles certaines relèvent d'une forme d'obligation sociale. On peut citer ainsi :

  • les anniversaires, mariages, naissances et funérailles ;
  • le nouvel an et, plus récemment, la Saint-Valentin / White Day ou Noël ;
  • le retour d'un voyage, à l'étranger ou au Japon ;
  • les périodes de 中元 chûgen au début de l'été et 歳暮 seibo peu avant l'hiver ;
  • les cérémonies pour les enfants de tous âges (shichi-go-san, entrée à l'école, passage à l'âge adulte, fin des études) ;
  • la demande d'un service à un collègue ou un voisin ;
  • la visite chez un hôte ou d'un proche à l'hôpital ;

Dans leur grande majorité, ils servent à entretenir et consolider les relations sociales.

La culture du cadeau est si développée au Japon que, par exemple, les お土産 omiyage (souvenirs régionaux de voyage, souvent alimentaires) ont leurs propres magasins dédiés, appelés 専門店 senmonten. Leurs chiffres d'affaires annuels totaux sont absolument colossaux.

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Le procédé reste cependant relativement codifié, en tout cas bien plus qu'en occident, parfois jusqu'au petit cérémonial. Il conviendra donc à la fois de connaître ces coutumes, mais également d'éviter certaines maladresses pour ne pas commettre d'impairs au moment du choix ou de la remise.

Bonnes pratiques et croyances

Un gros avantage au Japon reste que, pour soutenir cette culture du cadeau, l'écrasante majorité des magasins visités proposent des objets "prêts à l'emploi". Certains d'entre eux sont ainsi déjà emballés et placés comme tel en rayon. Si ce n'est pas le cas, on vous proposera fréquemment d'empaqueter le produit acheté, voire de l'expédier directement accompagné d'un petit mot de votre part.

Parfois, les prix sont laissés volontairement sur les produits ; l'idéal étant de trouver un juste milieu pour que le présent ne soit ni trop modeste, ni trop dispendieux. En effet, le destinataire ne doit pas être gêné dans un sens comme dans l'autre, car la coutume veut que dans de nombreux cas, on offre en retour un cadeau d'une valeur équivalente ou légèrement inférieure.

Si le cadeau est remis en mains propres, on le présentera à deux mains à l'interlocuteur qui fera de même pour le réceptionner, dans un remerciement accompagné d'une courbette plus ou moins appuyée. Au préalable, il est coutume de se livrer à un petit jeu de politesse :

  • l'offreur amenuise verbalement son geste comme le produit ;
  • le receveur le refuse une première fois avant de l'accepter, non sans l'avoir contemplé.

Généralement, le cadeau n'est pas déballé en présence de celui qui offre, à moins que ce dernier ne le propose, par exemple pour en expliquer la nature ou justifier son choix. Si tel est le cas, l'ouverture doit alors s'effectuer avec délicatesse.

L'emballage traditionnel consiste en un papier spécial appelé 掛け紙 kakegami, cerclé d'un 水引 mizuhiki, un élégant ruban en forme de cordelette. La couleur et le nouage de ce dernier varient en fonction de l'événement : dans le cas d'une célébration par exemple, on doit respecter un code rouge et blanc pour les naissances, ou encore blanc et or pour les mariages. Une petite décoration d'origami appelée 熨斗 noshi vient éventuellement le compléter pour favoriser la chance.

Ce même emballage sert également de base aux enveloppes utilisées pour offrir des billets de banque (neufs) lors de plusieurs occasions :

  • 熨斗袋 noshibukuro pour les naissances ou mariages ;
  • 年賀状 nengajo au nouvel an.
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Chiffres et significations à éviter

Outre ces recommandations, les Japonais cherchent également à fuir un ensemble de croyances qui pourraient gâcher un cadeau.

Ainsi, on évitera notamment d'offrir :

  • les chiffres 4 (shi) et 9 (ku), homophones respectifs de 死 "mort" et 苦 "souffrance" ;
  • un peigne se dit 櫛 kushi et combine donc les deux kanji ci-dessus ;
  • des fleurs blanches en-dehors des funérailles auxquelles elles sont associées ;
  • des ciseaux pour ne pas "couper" la relation, en particulier pour un mariage.
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