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Special A

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Ces derniers mois, j’écris beaucoup pour les catégories Japon et Jeux Vidéo 🎮, mais moins dans cette rubrique Manga/Animation. Alors pour relancer la machine, j’ai voulu reprendre sur un genre que je ne connais pas énormément : le shojo. Et pour cause, je ne suis évidemment pas la cible, même si j’ai déjà pu voir des adaptations en drama ou films, comme Hana Yori Dango ou Nana. Special A est un manga de Maki Minami dont la publication est en cours et dure déjà depuis un certain temps au Japon, puisqu’on lui compte 13 volumes. Son adaptation en animé, assurée par le studio Gonzo, est récente et correspond (fortuitement ou pas) à la localisation du manga en France.

L’histoire de Special A n’a rien de très original. Hikari et Kei, qui se connaissent depuis la petite enfance, ont toujours été meilleurs ennemis. Hikari fait des efforts incommensurables pour battre Kei (à l’école, en sport…) sans jamais y parvenir. Aujourd’hui, ils sont tous les deux dans un lycée très huppé, premier et deuxième d’une classe d’élites, la « Special A ». Leur compétition va s’étendre à un nouveau domaine : l’amour, puisque Hikari ressent des sentiments de plus en plus troubles pour Kei, qui semble rester toujours aussi indifférent vis à vis d'elle.

Les habitués des shôjo manga retrouveront donc un des sujets phares du célèbre KareKano (un monstre du genre) : la rivalité à l’école entre deux protagonistes. On remarquera également que tous les élèves de la « Special A » sont richissimes, sauf l’héroïne. Ce report sur la fatalité et l’appartenance à une élite, chères aux Japonais, se retrouve par exemple dans Yamada Tarô Monogatari ou encore Hana Yori Dango 🍡, justement. Heureusement, Special A sait ajouter une pincée d’humour à son shojo assez fleur bleue.

Mais ce qu’on remarquera surtout, c’est que les protagonistes ne sont pas assez travaillés dans la profondeur et, qu’en conséquence, le scénario a du mal à sortir d’un carcan établi. Du coup, la mangaka répète plus ou moins le même schéma à chaque (long) chapitre : présentation du nouvel évènement (examen, sport, concours, etc.) > entraînement exagéré d’Hikari pour enfin battre Kei > ce dernier emporte la victoire avec facilité et classe. Du coup, on sent bien que l’héroïne ressent rapidement de nouveaux sentiments, mais ceux-ci restent figés pendant de longs tomes. La relation entre les protagonistes n’évoluera pas avant le cinquième ou sixième volume…

C’est d’autant plus dommage que le trait est particulièrement précis et que les portraits des personnages sont parfois superbes. On avait pas mal d’ingrédients pour faire un shojo de référence mais, avec sa redondance et sa frilosité à faire avancer l’intrigue, Special A retombe à un niveau de qualité beaucoup plus standard. L’adaptation animée est plus « kya~ » dans le sens où les chara-design plus lisse donne moins de caractère aux personnages. Il utilise encore plus les codes, les habitudes et les mimiques du manga et vire donc au kawaii parfois un peu simplet. Si vous souhaitez vous lancer dans Special A donc, visez plutôt le manga.

Mis à jour le 10 septembre 2015