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NiGHTS: Journey of Dreams

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C’était en 1996. Avec l’arrivée imminente de la Nintendo 64 et son incroyable Super Mario 64, qui allait bousculer toute notre conception du jeu de plates-formes 3D, Sega et la Sonic Team contre-attaquaient non pas avec un Sonic 3D, mais un jeu unique, au concept rafraîchissant: NiGHTS into Dreams. Sorti sur Saturn et malgré un affichage complet des handicaps de la machine (3D sommaire, clipping, absence de transparence), ce “flying platformer” fut pour moi un coup de foudre immédiat, au point de justement faire l’acquisition de la maudite machine de Sega. Une fois retourné dans tous les sens, l’attente d’une suite était donc inévitable. Le maigre succès de la Saturn porta cette attente vers la Dreamcast et la mort de celle-ci vers la GC. Je me souviens encore de cette photo du Nintendo Space World 2001, toute en mosaïques, que certains voyaient déjà comme un teaser de NiGHTS 2 pour au final n’être qu’un portage de Sonic Adventure 2. L’espoir s’amenuisa peu à peu, et alors qu’on ne l’attendait plus, voilà que NiGHTS débarque, en 2008, sur Wii.

Bien évidemment, entre la fin des années 90 et 2008, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et malgré une forte envie de jouer à une suite de NiGHTS, le choix de la Wii pouvait sembler correct en terme de public cible, mais inquiétant à une époque où cette console récupère pléthore de productions vite faites, mal faites. Mon regard était donc tourné vers la critique, qui n’a pas vraiment su qu’en dire. Parfois virulente, parfois plus réservée, mais jamais réellement enthousiaste, ce nouveau NiGHTS semblait suivre les traces des derniers Sonic. Alors comme je m’étais juré de ne plus me faire avoir par la Sonic Team sur la franchise Sonic, j’ai gardé mes réserves et attendu un peu que ce NiGHTS baisse de prix, pour ne pas rester sur une amère et cruelle déception d’investir plein tarif pour participer à un massacre de licence. Et puis bon, cela faisait 12 ans que j’attendais, donc je pouvais bien patienter quelques mois encore.

Et il n’aura pas trop tardé à s’installer confortablement dans le bacs des jeux en liquidation. L’opportunité donc de m’y adonner, sans prendre trop de risques ou trop de regrets. Dieu sait que j’aurai bien fait d’agir ainsi. Car malgré quelques frissons et une certaine chair de poule à regarder l’introduction (que voulez-vous, après près de 13 ans..., l’émotion, tout ça), c’est vite la déception et la colère qui se sont installées. Avec un moteur graphique à peine meilleur que son illustre prédécesseur, handicapé par un character design (hors NiGHTS) merdique, le jeu fait vraiment peine à voir. On a droit, à choix, à un gamin autant charismatique qu’un tabouret ou une fillette façon progéniture parfaite d'une célèbre poupée de Mattel, tous deux guidés (maternés) par un hibou 🦉 sorti d’une mauvaise émission télévisée pour les 3-5 ans et un NiGHTS dénaturé par une voix de gonzesse complètement irritante. Car oui, maintenant, dans NiGHTS, ça parle. Et ça peut parler longtemps. Au point que les parties rapides et amusantes de l’original deviennent longues et pénibles. Pourquoi s’emmerder avec de la narration complètement futile quand le coeur du jeu en lui-même est sain, inutilisé depuis 12 ans et donc se suffit à lui-même ? Mais heureusement, comme la Sonic Team aime massacrer ses licences, même le coeur du jeu n’est pas une complète réussite. La faute à la volonté de placer des niveaux à missions, plus provocateur d’ennui et de frustration que de réel plaisir de jeu. A cela on ajoutera le choix entre une injouabilité Wiimote inadaptée, ou une jouabilité classique à la Wiimote et au Nunchuck, qui aurait pu être bonne si Nintendo n’avait pas eu la mauvaise idée de faire un contour de joystick octogonal, rendant le vol, et principalement les loopings, très délicats. Seul point positif pour sauver le jeu du désastre complet, la musique, composée principalement de reprises de l’original ou de thèmes parfaitement dans le ton.

Après une heure et un passage en NiGHTS bateau 🛥️ (imaginez ça façon Barbapapa, oui on en est arrivé là), c’en était trop. La galette a donc gentiment été éjectée de ma Wii, pour retourner dans sa boîte et ne plus jamais être touchée. C’est un peu le genre de jeu que l’on aurait envie de ranger dans son congélo ou derrière un meuble, en se disant que ce n’était qu’un mauvais rêve et que rien ne s’est passé. Mais la réalité est bien là et le jeu de massacre continue pour une Sonic Team qui, non contente de mettre un point d’honneur à détruire Sonic un peu plus à chaque épisode, vient juste de me gâcher l’un de mes plus beaux souvenirs de ma vie de joueur.

Mis à jour le 09 septembre 2015