Ni no Kuni (test)

Critique PS3 (Ghibli)

La plupart d'entre vous le savent certainement, puisque vous avez suivi nos longues analyses de leurs films : nous sommes de très grands amateurs des travaux du Studio Ghibli. C'est donc avec une impatience non feinte que nous attendions ce Ni no Kuni, sorti il y a un peu plus d'un an au Japon. Dès le départ, il était décidé d'écarter la version DS (qui remonte déjà à fin 2010) car elle partage une bonne partie de son contenu avec le jeu PS3. Avec une direction artistique aussi léchée, il nous semblait inévitable d'en profiter en HD dans les meilleures conditions.

À vrai dire, il ne s'agit pas de la première immiscion de Ghibli dans un jeu vidéo ; il faut remonter à 1998 et la première PlayStation pour (re)découvrir Jade CocoonTamamayu Monogatari, un RPG de Genki tout à fait oubliable. Heureusement, Ni no Kuni promettait un investissement beaucoup plus fort du studio, même jusqu'au génial Joe Hisaishi, compositeur attitré de Hayao Miyazaki qui a, pour l'occasion, fait enregistrer la bande son par l'orchestre philarmonique de Tokyo. Ghibli se sera donc occupé du design de l’univers, des personnages, ainsi que des quelques séquences cinématiques en animation 2D. Et pas par-dessus la jambe ! La direction artistique aux petits oignons est un merveilleux modèle d'inventivité, supervisée par Yoshiyuki Momose (animateur-clé sur plusieurs films du studio, dont Porco Rosso et Chihiro). Loin de pousser la PS3 dans ses derniers retranchements techniques, le titre n'en est pas moins éclatant dans son utilisation habile du cell-shading. Comme Blue Dragon exploitait bien la patte Toriyama ou Kingdom Hearts marketait Disney, Ni no Kuni marque une vraie filiation Ghibli, pour le plus grand plaisir des fans.

C'est un vrai régal de découvrir chaque nouveau décor et ses personnages hauts en couleurs, qui évitent tous l'écueil fainéant de la repompe. On retrouve donc le style inimitable du studio mais avec cette vraie impression de nouveauté dans un univers cohérent. Cet aspect léché dans les finitions se retrouve dans le moindre petit détail, des animations de mimiques aux pictogrammes d'items, tous dessinés avec soin. Le système de jeu, lui, s'articule autour de Pokémon familiers, des petites bestioles à attraper, collectionner et faire évoluer, qui constituent un système de combat assez dynamique (dommage que son thème musical soit assez redondant, et que les magies / objets mettent autant de temps à sortir, risquant souvent de se faire annuler).

Notons toutefois deux petits bémols. Le premier est imputable à Level-5 qui a choisi de concevoir un jeu d'aventures pour enfants, pétri d'une telle peur de perdre son joueur qu'il ne lui lâche jamais la main. Sans verser dans la linéarité, il est juste impossible de se retrouver coincé dans Ni no Kuni tant les indices évidents sont appuyés par Shizuku / Lumi, qui agit malheureusement comme une véritable Fay du dernier Zelda. Les actions à effectuer son répétées, surlignées de rouge et martelées un peu partout à l'écran, alors même qu'un joueur lambda les avait devinées ou vues arriver à des kilomètres. Quant aux villes et aux donjons, ils restent désespérément restreints jusqu'à la fin du jeu. Ce sont donc près de quarante heures de (superbe) balade qui vous attendent.

La deuxième déception se trouve du côté de la traduction. Le travail à effectuer était certes considérable, mais l'équipe de localisation semble avoir eu du mal à fixer ses limites. Ce doit être le premier RPG que nous ayons fait en français depuis Final Fantasy VII en 1997 (chat échaudé...) et nous en sommes un peu déçuq. D'abord, parce que la plupart des noms ont été traduits ; certains avec inventivité, comme "Port-Maillot", mais beaucoup de manière tout à fait arbitraire. Cela choque, et d'autant plus que les (pas si fréquentes) voix japonaises donnent beaucoup d'indices dans leurs locutions, non respectées dans la traduction. Oliver ne dirait jamais de sa mère qu' "elle dort comme une bûche" ; ailleurs son pote Phil l'appelle constamment "minus" alors que ce n'est pas du tout le doublage. Certes, il n'est pas toujours facile de traduire les intentions initiales en japonais, et nous avons d'ailleurs l'impression que cette version français part de la localisation américaine. Mais le style "Monsieur Lumi" finit par lasser dès qu'on capte un peu de la version originale. Adapter le style, pourquoi pas ; prendre des libertés et le trahir, non !

Cela ne suffira pas à gâcher l'expérience de Ni no Kuni que nous avons traversé avec beaucoup d'intérêt. Nous ne raconterons évidemment rien de cette courte fin, bien entendu, mais pour ceux qui veulent prolonger leur plongée dans le deuxième monde, le titre laisse quelques quêtes annexes et surtout beaucoup de collection de familiers. On est loin du contenu d'un Xenoblade, mais avec toutes ses autres qualités dont beaucoup appartiennent à Ghibli, Ni no Kuni s'inscrit dans le haut du panier des RPG HD. Pas très dur, on est d'accord, mais cela mérite d'être dit et joué.

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