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Évènement Nintendo Wii U et 3DS : mes impressions sur les jeux 2013-2014

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Comme tous les ans, Nintendo France récupère les démos présentées lors de l'E3 et propose aux professionnels du secteur de les tester, sans avoir à se déplacer jusqu'à Los Angeles. Cette année, c'est à peine une semaine après la fermeture des portes du salon que j'ai eu l'opportunité de poser mes pattes sur l'ensemble du catalogue Nintendo, prévu pour la fin de l'année et après sur Wii U et 3DS.

Voici donc mes impressions détaillées après avoir passé quelques heures sur ces nouveautés, très attendues pour certaines.

Super Mario 3D World (Wii U)

On ne va pas se mentir : découvrir que le véritable Mario 3D de la Wii U serait ce Super Mario 3D World a d’abord eu des allures de déception. J’attendais un sauveur ludique aussi puissant que Super Mario 64 ou Super Mario Galaxy et c’est une suite spirituelle au Super Mario 3D Land 3DS qui nous a été dévoilée à la place. Pas que cet opus soit mauvais mais, bien que très calibré pour la portable, il manquait déjà d’ambition. Je pensais alors frémir une fois la version Wii U en main.

Et puis, force est de constater que la magie Nintendo opère une fois de plus. Les environnements sont chaleureux, évidemment très colorés et sensiblement plus vastes que ce que l'on pouvait craindre. Ensuite, le retour du système de caractéristiques différentes pour chacun des quatre personnages (Mario, Luigi, Peach et Toad) offre des détails de gameplay non négligeables. Enfin, en solo, on retrouve un semblant de système de contrôle à deux joysticks, un pour déplacer le personnage et l’autre pour la caméra. Cette dernière s'avère malheureusement trop peu paramétrable (quelques angles tout au plus) mais il y a de l'idée, d'autant que les items cachés jouent beaucoup avec cette fonction. Quant au Gamepad, il est toujours aussi sous-exploité.

Et bien sûr, comment ne pas parler du Mario chat 🐈 ? Un nouveau costume tellement évident et adapté qu'on se demande pourquoi il n'a pas été implémenté plus tôt. Difficile de ne pas craquer devant ses mimiques, ses postures et ses mouvements ; il ne fait aucun doute que le petit chat va cartonner, en particulier auprès des plus jeunes et des filles.

L'un dans l'autre, c'est une petite déception de ne pas retrouver de véritable nouveau Mario leader de contenu à la place de cet épisode un poil redondant, mais il se murmure que celui-ci est en chantier parallèle et pourrait être dévoilé dès 2014. En attendant, le Noël 2013 de la Wii U sera très Super Mario 3D World.

Mario Kart 8 (Wii U)

Grand amateur de la série Mario Kart depuis ses débuts, j’attendais avec une impatience non feinte d’essayer ce huitième opus. J’étais resté un peu sur ma faim avec Mario Kart 7 sur 3DS, pas pour son excellent gameplay, mais à cause d’un manque étonnant de contenu.

Une fois devant l’épisode Wii U, impossible de ne pas être impressionné par le rendu technique : Mario Kart 8 s’avère éclatant de beauté, d’une profondeur de champ impressionnante et mille détails y fourmillent partout, désormais à douze concurrents sur la piste. Le petit plus reste sans doute (étonnamment) le rendu très précis des personnages et de leurs karts. Le framerate tourne bien entendu à 60 images seconde, ce qui offre un rendu très fluide, malheureusement peu mis en valeur par la lenteur de cette démo, bloquée à 50cc.

Pour ce qui est du nouveau gimmick de gameplay de cet opus, il s'agit de l'anti-gravité qui permet, sur certaines portions des circuits, de piloter sur les murs ou au plafond ou tout simplement sur l'intégralité du ruban de Möbius, d'ailleurs repris dans le logo du jeu. Trois courses étaient jouables, toutes inédites et amusantes mais l'on remarque déjà que l'anti-gravité se fait parfois oublier puisque la caméra suit le kart quelle que soit son orientation, pour des questions de maniabilité. À Nintendo d'imaginer encore d'autres tracés qui exploitent bien les multiples passages, tout en conservant les bénéfices des motos, deltaplanes et autres pièces.

Carton jaune en revanche à l'exploitation fumeuse du Gamepad qui ne propose même pas l'affichage de la carte par défaut (même si c'est bien sûr possible), la fonction principale étant... un klaxon tout à fait inutile ! A priori, aucune exploitation de l'écran tactile n'est prévue pour autre chose, par exemple les items. Le gyroscope du Gamepad permet, lui, de contrôler le kart comme un volant, mais il est possible de désactiver cette fonction pour les vieux gamers que nous sommes. En-dehors de cela, Mario Kart 8 fait évidemment le boulot avec une grande maîtrise et j'espère sincèrement que le contenu suivra, d'ici à sa sortie très attendue au printemps 🌸 2014.

Zelda A Link Between Worlds (3DS)

A Link to the Past est un Zelda tellement majeur dans l’historique de la saga qu’on aurait aimé qu’il reste unique. Contrairement à ce qui a pu se dire, cet A Link Between Worlds 3DS n’est pas une suite, mais une nouvelle aventure qui prend place dans le même univers.

Dès les premières secondes, les connaisseurs de l'opus légendaire retrouvent leurs marques et l'utilisation de la même carte arrachera même sans doute une petite larme aux plus nostalgiques. La direction artistique, plus colorée et plus rondouillarde livre une nouvelle formule graphique avec ce Zelda dont le Link ne manque pas de charme. Et ce ne sont pas les 60 images par seconde qui viendront gâcher la fête.

Mais je voulais surtout tâter le gameplay de ce premier vrai Zelda 3DS et deux choses m'ont frappé. D'abord, une utilisation intéressante de la 3D qui, pour une fois, ne fatigue pas trop les yeux et rend tout cet univers plus vivant. Le donjon proposé dans la démo, en particulier, exploitait bien la verticalité et la 3D lui conférait une vraie identité.

Deuxième vraie nouveauté, cette fois, est la possibilité d'aplatir Link (en forme de parchemin de l'intro de Wind Waker) sur la plupart des murs, pour offrir une nouvelle dimension au gameplay. Idée lumineuse et déjà extrêmement bien exploitée dans ce qui m'a été donné d'essayer. La chose paraît très naturelle et, bien sûr, extrêmement bien implantée dans les mécaniques de jeu. J'ai donc très hâte de découvrir l'intégralité de l'aventure de ce Zelda A Link Between Worlds, prévu dès la fin de cette année.

Donkey Kong Country Tropical Freeze (Wii U)

Le retour de Donkey Kong s’est fait avec talent sur Wii, et plus récemment via le portage 3DS moins convaincant, tout du moins techniquement. Outre la surprise de voir Retro Studios une nouvelle fois aux commandes, là où on aurait peut-être préféré les voir affairés sur Metroid, c’est un plaisir de retrouver nos gorilles préférés en HD.

Ce Donkey Kong Country Tropical Freeze semble prendre le meilleur de l'épisode Wii, en lui offrant un schéma de gameplay plus classique via les commandes au Gamepad (dont l'écran n'est malheureusement pas exploité). Techniquement, la HD fait des petites merveilles de près, mais l'affichage standard ne lui offre pas vraiment de possibilité de s'exprimer.

On se rabattra alors sur les nouvelles idées de déplacements parallaxes, notamment en tonneaux et chariots. DKC reste toujours aussi plaisant à jouer, en solo évidemment mais aussi à plusieurs avec Diddy, Dixie et un nouveau sidekick encore secret, que l'on découvrira avant la sortie en novembre.

Zelda Wind Waker HD (Wii U)

Je ne vais pas m'épancher très longuement sur le remake HD de Wind Waker parce qu'il a tout simplement court-circuité la présentation d'un nouveau "vrai" Zelda. Non pas que je n'aime pas cet épisode, à mon avis très sous-estimé, mais parce que cette mode des remakes retarde vraiment la sortie des nouveautés.

Si le style graphique de Wind Waker n'a pas pris une ride, il est encore magnifié par le traitement HD offert par la Wii U. Le cell-shading semble encore plus appuyé et ce n'est certainement pas pour me déplaire. En revanche, je suis tout à fait circonspect face au faible framerate de cette version, qui ne suivait pas du tout pendant les mouvements de caméra. Étonnant.

En-dehors de cela, la Wii U livre seules deux nouveautés dans ce jeu copier-coller : l'exploitation du Gamepad pour la carte et les items, ne libérant malheureusement pas totalement l'écran de son interface HUD. Et puis une petite fonction en ligne via le Miiverse, avec cette possibilité de jeter littéralement des bouteilles à la mer pour envoyer des messages et/ou captures d'écran à la communauté. Ah si, dont acte : les voyages en bateau 🛥️ peuvent être nettement accélérés pour les raccourcir.

Sortie prévue en octobre, pour les amoureux transis de cet opus, ou ceux qui l'avaient manqué à l'époque de la GameCube.

Bayonetta 2 (Wii U)

Quel plaisir de retrouver Bayonetta dans cette version jouable, là où on ne l'attendait pas forcément. Car bien sûr, le cahier des charges de cette licence tranche toujours avec les univers Nintendo plus enfantins. Aucune crainte : la belle sorcière n'a rien perdu de son côté sexy 🔞 et ce ne sont pas ses cheveux courts qui vont l'empêcher de continuer à faire baver ses fans.

Et sur le plan du gameplay non plus, le jeu n'a rien perdu de sa superbe et de sa nervosité, avec une démo extrêmement impressionnante (sans doute la plus ébouriffante sur Wii U à l'heure actuelle). Je note en particulier le nombre très important d'éléments affichés simultanément à l'écran ainsi qu'une grande profondeur de champ. Le passage contre le boss dragon sur la façade de la tour, en particulier, s'est avéré bluffant, sans aucune chute de framerate.

J'espère juste que l'aliasing présent était dû au branchement ou à la télé ; à confirmer sur une prochaine démo, puisque la sortie de Bayonetta 2 devra attendre 2014.

The Wonderful 101 (Wii U)

Quelques minutes de plus passées sur ce Wonderful 101 et toujours aussi peu convaincu par son gameplay très brouillon et peu ergonomique, entre la télé et le gamepad.

C'est une vraie déception car j'apprécie le travail de Platinum Games en temps normal, mais ils n'ont pas su me séduire avec cette nouvelle licence, qui a pourtant tout pour plaire sur le papier.

En l'état, je ne lui trouve pas de justification de sortir en version boîte à plein prix, sous ses airs de jeu indépendant peu maîtrisé car trop brouillon. Sortie le 23 août.

Et les autres...

Beaucoup parlent de Sonic Lost Worlds comme d'une suite spirituelle à Mario Galaxy. C'est peut-être vrai dans certaines routines copiées-collées, mais Sega n'a clairement pas le savoir-faire de Nintendo et cet épisode s'avère finalement peu inspiré et vite répétitif dans son gameplay à mon avis.

Je n'ai pas réessayé Pikmin 3, déjà jouable l'an dernier et prévu pour le 26 juillet, que j'avais trouvé peu inspiré. De même pour Rayman Legends, déjà très jouable via les démos publiques et qui sort enfin dans deux mois.

Pas de temps non plus passé sur Wii Party U, peu excitant pour les gamers, qui débarque en octobre. Idem pour Just Dance (octobre) ou Disney Infinity (22 août).

Pas pris le temps de consacrer une session à Yoshi's New Island 3DS, un plateformer 2D qui prend la suite de l'excellent opus Super Nintendo. Mais on aura le temps de s'y mettre puisque la sortie attendra 2014.

Quelques minutes passées sur Mario & Luigi Dream Team, un énième RPG prévu sur 3DS dès le 12 juillet. L'idée des rêves de Luigi me semble amusante, mais le fond du gameplay ne semble pas beaucoup innover, à part quelques gimmicks gyroscopiques.

Pas de trace, enfin, de Super Smash Bros. ni sur 3DS ni sur Wii U bien entendu, qui sera vraisemblablement jouable lors de l'E3 prochain.

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Globalement, c'est plutôt une bonne impression qui se dégage du catalogue testé lors de cet évènement. La magie Nintendo et le charme des jeux opèrent toujours, même si je regrette parfois un manque d'innovation des franchises et surtout un manque d'ambition, qui devrait ne se dévoiler qu'à partir de 2014, au moins à travers les véritables nouveaux Mario et Zelda. En attendant, on découvre enfin le catalogue Nintendo first-party en HD et ça fait du bien de constater que dans leur genre, les visuels flattent l'œil même si, évidemment, ils marquent un gap déjà important avec les capacités PlayStation 4 et Xbox One.

Je regrette enfin une utilisation peu inspirée, voire très timorée du Gamepad, pourtant richissime idée de gameplay physique qui se retrouve cantonnée à des fonctions basiques, peu excitantes et souvent moins imaginatives que ce qu'on a vu dans les crémeries d'en face lors des présentations E3. Étonnant de la part de Nintendo et cela n'augure pas du meilleur pour la suite de ce qui reste pour l'instant un gadget qui se fait presque toujours littéralement oublier.

Mis à jour le 26 juin 2020