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Pourquoi je ne pars pas vivre au Japon

Rester touriste ou devenir expatrié ?

Au-delà de sa culture populaire, j'ai commencé à traiter du Japon en tant que tel sur Kanpai peu avant mon premier voyage en septembre 2003. Le reste de l'histoire, vous le connaissez sans doute, et sinon les centaines d'articles du site parlent d'eux-mêmes : sans trahir la culture pop nipponne dans son ensemble, de nombreux carnets de voyage et autres guides du Japon sont publiés régulièrement sur Kanpai depuis plus de dix ans.

Dans ce laps de temps, on m'a demandé à de nombreuses reprises pourquoi, plutôt que de voyager régulièrement sur l'archipel, je ne partais pas m'installer au Japon pour quelques années voire définitivement. À vrai dire, cette question est plutôt logique étant donné que beaucoup des sujets abordés sur Kanpai traitent du voyage au Japon, de sa culture et sa société. Et a fortiori, toutes considérations personnelles mises de côté, le fait que je travaille à mon compte depuis quelques années maintenant n'est certainement pas un frein à une éventuelle expatriation.

Deux approches différentes mais pas opposées

La réponse est simple : par choix. Et il va sans dire que ses raisons sont multiples. Je ne vous cache pas que l'idée m'a chatouillé plus d'une fois en dix ans, parfois même très concrètement comme lorsqu'on m'a proposé un emploi, ce qui impliquait forcément ma présence directement au Japon. C'est donc un parti pris, que certains voient peut-être comme une erreur stratégique, que d'avoir conduit Kanpai à ce qu'il est aujourd'hui : un site de voyage au Japon et de culture japonaise qui aurait bien pu devenir un blog d'expatrié. Mais ce n'est pas mon créneau et je laisse cela à d'autres qui le font, pour certains, très bien.

Car dépasser le cadre du visa touristique (généralement d'une durée de trois mois) donné par le passeport, c'est presque systématiquement choisir un système PVT / visa vacances-travail, au moins au départ. Et le fonctionnement imposé au quotidien n'est alors plus du tout le même : la location d'appartement implique une sédentarisation, l'inéligibilité au Japan Rail Pass un relatif cloisonnement géographique, etc. Quant aux frais à engager pour une vie sur place si l'on veut en profiter un minimum, ils sont souvent sans commune mesure avec le budget économisé pour un voyage de quelques semaines à peine.

Les thématiques éditoriales rapportées sur le site bougeraient alors naturellement : du large panel de visites du nord jusqu'à Okinawa, on passerait principalement à des expériences plus quotidiennes et locales. Et l'intérêt de lecture évoluerait par là même, sans que cela soit plus ou moins intéressant (cela dépend des points de vue), juste une approche différente. Il me semble qu'on ne vient pas seulement consulter Kanpai pour rêver. Bien entendu, c'est possible et c'est même très apprécié, mais beaucoup d'entre vous utilisent le site comme une source d'informations très concrète pour organiser leur propre voyage. Je ne souhaite pas les priver de cela.

La force de la communauté Kanpai

Kanpai cherche avant tout à partager une expérience de touriste régulier au Japon et à faire en sorte que notre communauté crée une émulsion non exclusive sur ce choix, en particulier à travers Kotaete et Kakikomi. J'aime voyager au Japon, la liberté que cela procure et jusqu'à présent, j'ai choisi de ne pas subir les contraintes ou les difficultés liées à l'expatriation. Cela ne veut pas dire que ce ne sera peut-être pas le cas à plus ou moins court terme mais pour l'heure, qu'on se retrouve ou pas dans cette prise de position (libre à chacun !), ce choix de ne rester qu'un simple touriste fait de Kanpai ce qu'il est aujourd'hui.

Grâce à vous, nous mettons en commun toutes nos expériences : des rêveurs ou futurs touristes qui ont encore tout à apprendre et à voir du Japon (dans un sens, on peut les considérer comme chanceux !) aux expatriés de longue date qui connaissent le Japon, sa société et sa langue comme le dos de leur main, et entre les deux une foule de profils différents. Chacun se placera sur cet échiquier et pourra apporter sa propre perception, ses connaissances et ses envies. C'est cette complémentarité qui fait la force de Kanpai et je ne vous en remercierai jamais assez !

À mon sens, il n'est pas pénalisant de ne pas habiter au Japon pour préparer ses voyages ; fort heureusement les préceptes ne sont pas réservés à une telle "élite". Il existe une infinité de ressources sur Internet 📶 disponibles dans toutes les langues, bien au-delà de cette référence qu'est Japan-Guide, ainsi qu'une infinité de sites ou blogs plus confidentiels (sans que ce soit péjoratif, souvent même au contraire) notamment en anglophone, espagnol ou bien sûr en japonais, qui offrent mutuellement un puits d'idées sans fond pour nos prochaines visites et excursions au Japon. Si Kanpai peut, à son tour, vous transmettre des envies ou vous accompagner dans votre organisation de voyage, à travers les articles et/ou les eBooks, ce n'en sera que positif.

Le Japon n'appartient à personne. Il y en a bien assez pour que chacun y trouve ce qu'il y cherche et puisse en profiter !

Dernière mise à jour le 18 janvier 2015