God of War III (test)

La vengeance est un plat qui a toujours le même goût

Comme d’habitude avec les blockbusters console, tout a déjà été dit à leur sujet. God of War 3 n’y fait bien sûr pas exception. En plus, le jeu est sorti alors que j’étais en voyage au Japon, donc je ne l’ai découvert qu’un peu tardivement. Mais c’est surtout que GoW3 est de ces titres dont ne n’ai a priori pas grand chose à dire. J’aurais même presque envie de reprendre ma critique du 2 et de mettre quelques updates de type « HD » et « PS3 » par ci par là.

Pour être honnête, je n’ai pas accroché aux 2-3 premières heures du jeu. En commençant, je l’ai surtout trouvé sacrément faiblard sur la prise de risque vers l’évolution de la série. Mais à partir de là, il a fallu me rendre à l’évidence : jusqu’à sa fin (au total, 7-8 petites heures seulement), God of War 3 n’est plus qu’un enchaînement de sucreries de jeu bien bêta, pleines de sang et de sourcils froncés, mais sacrément bonnardes. Et mine de rien, la direction artistique a pas mal évolué depuis le 2 et l’univers montre désormais cette cohérence, une homogénéité qui construit son monde comme un tout et s'articule autour d'un squelette étonnamment et bien ficelé.

Surtout que, et on a n’a de cesse de le déplorer ces 15 dernières années, il n’est pas si facile que ça de faire un bon beat’em all 3D. Devil May Cry, tel le syndicaliste fatigué du genre, s’est enfermé dans un gameplay hiératique. Ces derniers temps, seuls Darksiders et surtout Bayonetta ont réellement su tirer leur épingle du jeu. Pour le second, il faut remercier principalement son esthétique lolipop et son approche presque érotique du gameplay, pourtant tellement rétro dans ses mécaniques.

Mais qu’on ne se méprenne pas, God of War 3 l’est aussi et tout autant que ses petits frères. Il parvient même parfois à s'embourber dans la réutilisation facile de scripts. Seulement, il est comme touché par une grâce d’efficacité constante, de gestion simple mais tellement carrée de son gameplay, de choix de game design presque de génie, d’une réalisation artistique parfaite de bout en bout et d'une puissance graphique presque au niveau d'Uncharted 2. Kratos dévoile la fin de son histoire, montre une violence brute dans un filmage brutal et offre au joueur une « autre » expérience du jeu vidéo : celle d’un américanisme exacerbé, violence gratuite musclée aux hormones et à la voix rauque du non-sentiment. Bref, il met une fois de plus ses couilles sur la table et fait le boulot comme personne.

Alors, comme toute bonne trilogie de jeux vidéo, on se retrouve avec plaisir pour l’épisode 4.

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