Devil May Cry 4

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Kanpai ne propose aucun article sur la série Devil May Cry. Tout juste vous en a-t-on parlé dans un de nos podcasts, parmi une foule d’autres gros jeux. Personnellement, je n’ai jamais spécialement accroché à la série, un peu comme avec les Onimusha. Je ne nie pas que ce sont probablement des titres défoulants, mais pour moi, les DMC n’ont jamais réussi à dépasser leur statut de « bêta-version-de-Resident Evil 4-trop-originale-pour-qu’on-la-laisse-tomber ». Plus voyant : sept ans et 4 épisodes après, rien ou presque n’a changé, sinon la prestation technique. Où est l’arnaque ?

En jouant à Devil May Cry 4, on hume le cahier des charges über précis : personnages, postures, bestiaire, progression sont réglés au millimètre. Au point que le jeu s’avère dès le début très trop bavard, jusqu’à s’embourber dans des cinématiques soporifiques et so 90’s… On lui octroiera volontiers ses boss impressionnants, un certain talent pour trouver la pose et la mise en scène classieuses, défiant toute gravité et ridicule – le syndrome FF7 Advent Children. Mais les défauts prennent vite le pas sur ces bons points déjà vus : les nombreux temps de chargement qui perturbent le rythme de jeu, la bande-son effrayante de nullité (ils ont le même responsable son que Virtua Tennis ou quoi ?) mais surtout, le game design est à la ramasse dès qu’on sort du visuel pour aller à l’interactif.

Car le gameplay de DMC4 est finalement aussi paupérisé que ses codes graphiques. Il fait écho à Lost Planet dans ce qu’il ne cherche même pas à cacher qu’il reste bien tranquillement dans les sentiers battus. LP était un Outrigger HD. Devil May Cry 4 est un DMC HD, rien de plus, rien de moins. Ça fera plaisir aux amateurs, d’accord, mais le joueur qui sommeille en chacun d’eux ne risque pas d’être électrifié. On joue finalement à DMC comme on mate une comédie romantique : parce qu’on sait à l’avance ce qu’on y trouvera, parce qu’il y a peut-être 2 ou 3 séquences de bravoure, mais jamais l’éclair de génie qui vous fera garder ce jeu sur le devant de l’étagère pour le ressortir à intervalles réguliers. DMC4 s’appuie sur un vide de contenu, après un aller-retour frappant de lassitude et des resucées de boss complètement dénuées de honte.

Capcom jouit peut-être d’une bonne presse pour avoir renouvelé le gameplay poussiéreux de Resident Evil avec le 4, mais la boîte a définitivement planté son drapeau d’immobilité avec ce Devil May Cry 4 et le RE5 qui a suivi. Restent des perles un peu brutes comme Dead Rising, à considérer pour ce qu’elles offrent de renouveau. J’espère sincèrement que God of War 3 ne subira pas le même traitement qui consiste à simplement passer une couche de vernis HD sur un modèle de jeu vieillissant.

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