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Final Fantasy VII Advent Children

C’était en septembre 2003, il y a bientôt deux ans, mais c'est comme si c’était hier. À cette époque, les rumeurs allaient bon train 🚅 sur une préparation chez Square-Enix d’une conversion technique ou d’une suite scénaristique, selon les sites, au tant adulé Final Fantasy VII. Pour plusieurs raisons, cette itération et son prédécesseur direct ont toujours constitué le cœur préférentiel des amateurs de la saga. À travers les vitres du Convention Center du Tokyo Game Show, les immenses logos « FFVIIAC » allaient être relayés, le premier jour, par la courte bande-annonce du stand Squeni montrant la Rivière de la Vie, et s’achevant sur un « more to see tomorrow ». Il nous aura donc fallu attendre jusqu’au lendemain pour comprendre que l’univers de FFVII avait été transposé en film d’animation.

Moult retards plus loin, dûs à l’allongement progressif de la durée du film, conséquence de l’intérêt qu’il suscitait à travers le monde, Advent Children pouvait enfin se dévoiler. D’abord à travers de nombreuses bandes-annonces plus ou moins longues, qui ont eu le temps de faire trois fois le tour du net. Ensuite, à l’automne 🍁 2004 au festival de Venise, à travers une pré-production d’une petite demi-heure, elle aussi piratée sur Internet 📶 sauf erreur. Et enfin, ces jours-ci lors de la sortie officielle japonaise dans quelques salles et, surtout, en DVD et UMD. Il faut dire que le matraquage marketing n’a pas cessé son office ostentatoire depuis des mois, balayant tous types d’écrans, des immenses en sortie de la gare de Shibuya aux plus réduits chez vous, dans le salon. Bref, de quoi avoir peur du pétard mouillé.

D’entrée, le film donne le « la ». S’ouvrant sur la séquence finale du jeu éponyme dont il est tiré, cette scène prépare à trois points récurrents d’Advent Children. D’abord, fidèle à son grand frère, AC l’est au point qu’il ne représente aucun intérêt pour celui qui n’a pas connu la version PlayStation. Puis elle constitue le premier d’une longue série de clins d’œil rarement indispensables mais souvent judicieux voire délicieux (la sonnerie de portable au ton du thème de victoire). Et peut-être surtout, la bande sonore s’inspire tellement de la version originelle qu’elle risquait un fourvoiement évité avec brio, une fois n’est pas coutume, par un UEMATSU plus inspiré par ses remix que par de nouvelles compositions. Le concernant, mieux vaut en être excité.

Et si c’est principalement dans sa technique que Final Fantasy VII Advent Children était attendu au tournant, il surprendra moins par une qualité graphique castrée par un budget limité que par une mise en scène diablement efficace. C’est bien simple : le film entier semble avoir été construit comme une gigantesque séquence de combat, balayant un script tout ce qu’il y a de plus commun et soporifique. Dont acte ! Au diable la parlotte, vive l’action : pour une fois, NOMURA a su tirer parti de ses forces et faiblesses en insistant sur un montage caractériel et racé, délaissant des passages chiants bien que sporadiques, basés sur la prise de tête existentielle made in Squeni.

La question importante est donc celle de savoir si FFVII est travesti par un éloignement chronique à la néo-fantasy, y préférant l’appel mercantile d’une publicité répétée pour les mobiles Panasonic, ou l’attitude toute métrosexuelle d’un Cloud prêt à faire fantasmer de la Japonaise par pelletées de douze. Prenons donc cet Advent Children pour ce qu’il est : une petite friandise destinée à faire triquer les millions de fans du jeu, prise en flag sous son déguisement de film d’animation racé et efficace. Pour les connaisseurs, il serait autant dommage d’en critiquer les rares faiblesses intrinsèques que d’en attendre une merveille à la Spirits Within. Et s’il fait tomber les sous pour Square-Enix (n’en doutons pas), l’ouverture scénaristique vers un AC2 n’en est que moins idiote. Dans le genre, donc, chapeau bas.

Film FF7 AC Complete

Mise à jour du 15 août 2009

Sortie en 2005, cette longue séquence cinématique qu'est Advent Children constituait le projet idéal pour Tetsuya Nomura. Final Fantasy 7 signait son premier character-design d'un Final Fantasy et, incontestablement, le plus couronné de succès. Car, j'en parlais à propos de Crisis Core : il est impressionnant de constater à quel point Cloud, Sephiroth et compagnie ont encore une résonance fashion au sein de la jeunesse japonaise, plus de 12 ans après.

Square Enix, rois du marketage en titre, continuent de jouer la corde sensible du fan service. Advent Children et cette version Complete (30 minutes de film supplémentaire et une poignée de bonus) permettent donc de capitaliser et d'encore et toujours exploiter cette gloire passée. En témoigne la sortie de cette édition en box Blu-Ray avec la démo jouable de FF XIII. C'était facile, mais pourquoi s'en priver ?

Évidemment, les ajouts d'AC Complete sont si discrets qu'ils passent tout seuls. Le film est toujours une suite épileptique de scènes d'action qui tentent vainement de faire oublier l'absence de scénario. Cloud est tellement classe que même si on le montrait en train de faire caca, il collectionnerait encore les "kakkoii!!". Et beaucoup de personnages sont suffisamment androgynes voire bordeline pour plaire à tous types de publics : homme, femme, gay, hétéro... Du marketing, je vous dis.

Pourtant, Final Fantasy VII Advent Children Complete reste de la culture japonaise dans ce qu'elle a de plus populaire, avec son défilé de mode et d'accessoires permanent, ses personnages qui sautent et volent avec ou sans leurs motos, et bien sûr sa J-music qui mélange sans vergogne violons, guitares électriques et chants grégoriens. Et franchement, qui d'autre oserait ?

Le pire : il faut avouer que, dans son genre, tout cela fonctionne plutôt bien... FF7 Advent Children est une machine à imprimer les billets verts qui n'a pas peur du ridicule, mais qui fait le boulot.

Par Kanpai Publié en septembre 2005 - mis à jour en septembre 2015