Le garçon et la bête (critique)

Le chef-d'œuvre d'Hosoda

La carrière de Mamoru Hosoda n'a certainement pas à rougir dans le paysage des films d'animation japonais et elle peut tout à fait justifier la volonté récurrente pour beaucoup d'y trouver un successeur à Hayao Miyazaki, quels que fussent leurs différends dans le passé (Le château ambulant aura laissé son lot de traces).

Quoi qu'il en soit, en quelques films seulement le réalisateur s'est construit un nom qui pèse aussi bien parmi les critiques qu'avec force auprès du public. Après s'être fait les dents sur deux Digimon, Hosoda a tour à tour dépoussiéré les adaptations cinématographiques de One Piece avec son Baron Omatsuri puis imposé une véritable patte via La traversée du temps, le premier signé de son studio Chizu.

Bien que moins éclatant à notre goût dans ses deux derniers essais (Summer Wars puis le pourtant adoré Les enfants loups), l'homme revient avec un nouveau long-métrage original que l'on rapprochera volontiers de l'héritage Miyazaki dans ses thématiques à l'orientation shinto. Toutefois, Mamoru Hosoda dicte rapidement son propre style dans l'approche et le déroulement qu'il appose sur une idée de départ déjà ingénieuse.

Du coup, Le garçon et la bête séduit dès les premières minutes. D'abord par une plastique irréprochable à la maîtrise technique incontestable, aussi bien au celluloïd qu'à l'animation assistée par ordinateur. Il faut voir le soin apporté au détail ou dans les chorégraphies les plus ambitieuses. Puis via sa direction artistique qui lui emboîte le pas d'une manière tout à fait époustouflante et étonnamment homogène, dans un registre anthropomorphique pourtant largement éculé.

La crainte majeure vient alors naturellement se placer sur la gestion du rythme dans un format de deux heures que l'on sait aisément verbeux chez les Japonais. Las ! Le film fait preuve d'une habileté déconcertante pour se renouveler et tenir ainsi en haleine son spectateur tout au long d'une aventure généreuse, inventive et poétique, sans jamais sombrer dans les erreurs de jeunesse jadis rencontrées.

Mamoru Hosoda s'installe donc confortablement au sommet de son art pour enfin prétendre rivaliser avec le travail de son némésis de senpai. Qu'on y trouve du Royaume des chats, du Chihiro ou même du Ni no kuni, Le garçon et la bête se montre en tous points magnifique. Il signe par là même la réussite éclatante d'un réalisateur qui a su s'asseoir avec panache et qu'on ne demande qu'à voir encore et encore.

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バケモノの子 (Bakemono no ko = "l'enfant du monstre")

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