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Cyborg She

Boku no Kanojo wa Cyborg Girl

⏱ 3 minutes

Cyborg Girl est la dernière excroissance applicative d’une longue lignée de coquilles vides dans la culture japonaise. On pense à KOS-MOS dans les Xenosaga, les Kildren de Sky Crawlers, les questionnements de Tezuka (Astro Boy, Metropolis) et tout ce dont le manga nous a abreuvés depuis tant d’années pour servir le fantasme de la poupée sans âme : parfaite, au-delà de son physique, dans un comportement dirigiste voire sérieusement dominateur. Dans Boku no Kanojo wa Cyborg, c’est Ayase Haruka qui se fend de l’interprétation, et elle s’en sort plutôt bien. Son attitude, ses mimiques, sa démarche, son faciès et évidemment le maquillage, le stylisme et la lumière la rendent crédible dans son rôle de machine programmée. Qui prend alors les traits d’un cyborg doté d’une force surhumaine, ne cligne pas des yeux, mais apprécie quand même un porte-jarretelles et des mocassins à talons. Elle donne la réplique à Keisuke Koide dans ce film du Coréen Kwak Jae-Yong (qu’on connaissait déjà pour My Sassy Girl).

Le pitch : la charmante cyborg venue du futur pour protéger Jiro, un étudiant en sciences tout à fait ordinaire. Je n’en dirai pas plus, mais le scénario tient sur un coin de nappe de sushi 🍣 bar avec en prime, une boucle temporelle qui lui donne sa plus terrible incohérence, et sans laquelle l’histoire n’existerait même pas. Difficile de composer avec les voyages dans le temps sans céder au serpent qui se mord la queue. À cause de ça, le supposé twist final retombe comme un soufflé à la carotte. De plus, Cyborg She ne va pas très loin dans le questionnement, ou plutôt n’y va pas du tout puisque le film reste très superficiel et sans aucune réflexion. Il a du mal à se lancer, puis se déroule en deux temps : une partie plus ou moins comico-romantique (sans aller à fond ni dans l’un, ni dans l’autre), casual et vie de tous les jours, puis plus science-fiction dans le dernier tiers. Mais cette partie est malheureusement assez cheap, avec des effets spéciaux pauvres et une interprétation beaucoup plus dégoulinante.

Donc, à Boku no Kanojo wa Cyborg, on préfère largement L’Arme Ultime dans lequel on transformait carrément une fille normale, déjà pas très vindicative, en poupée robot guerrière. Elle, au moins, se posait des questions. Reste donc, pour Cyborg She, un film sci-fi un peu cheap, vaguement otaku (en témoignent les clins d’œil à Evangelion), qui a le mérite de ne pas virer dans le hentai 🔞 ni même le fan service. Aurait-il dû ?

Mis à jour le 11 novembre 2015