666-satan-01

666 Satan

O-Parts Hunter

C’est le genre d’article pas facile à écrire… D’abord, parce que c’est le 500è posté sur Kanpai!. Mais ça n’a rien à voir avec le produit. Car 666 Satan est le manga de Seishi Kishimoto, le frère jumeau de Masashi. Oui oui, celui-là même qui imagine les aventures de Naruto depuis bientôt huit ans. Le tollé concernant l’éventuel plagiat du second par le premier est donc infondé, les deux frangins ayant les mêmes influences et une sensibilité proche. Forcément, on comparera Seishi à Masashi ; quelque part sa mise en lumière et, probablement, ses facilités relatives d’édition viennent aussi, au moins pour partie, du succès gigantesque de Naruto. Même si Gancan Comics est moins prestigieux que Jump, 666 Satan y est quand même publié depuis 2001. Une imposture ou un coup marketing n’aurait clairement pas duré si longtemps.

Dans les premiers tomes, le graphisme est un peu à mi-chemin entre Naruto et Dragon Ball. Jio est pratiquement pompé sur le petit Gokû, Ruby sur Bulma. On retrouve aussi le goût et le style pour les animaux, méchas et les décors/environnements. Attraper Jajamaru chez Kirin (un maître au nom de bière !), c’est exactement comme attraper le singe de Kaiô... Référence ou pompage ? Allez, on va lui accorder le bénéfice du doute ! En fait, 666 Satan a au départ du mal à se trouver. Du coup, il emprunte à gauche à droite, notamment à son frangin, à Toriyama ou encore à Shaman King. C’est le revers d’un manga qui dévoile vite que son univers et les personnalités de ses protagonistes ne sont pas travaillés à l’extrême. On a donc des petites choses un peu simplistes. Seishi n’a pas la rigueur, la précision ni la vue d’ensemble que peut avoir son frère.

Mais Naruto n’était pas parfait dès le début (et il est encore loin de l’être). Le trait de 666 Satan s’affine largement dès le 3è tome, ainsi que la finesse des situations. Après quelques passages à vide et redondants (pour gagner, Jio doit impérativement se transformer), le manga devient vite accrocheur et les tomes se lisent à toute vitesse. On découvre alors plusieurs belles choses : certaines cases s’avèrent très intéressantes dans la recherche graphique ou de perspective, et de nouveaux personnages sympathiques font leur apparition. Au final, on se retrouve avec un bon petit manga, loin du talent d’accroche de Naruto, mais qui se révèle plus intéressant qu’il n’y paraissait. Pour se faire la main, Seishi Kishimoto a trouvé un bon plan, mais l’œuvre majeure, ce ne sera malheureusement pas pour cette fois…

Dernière mise à jour le 27 août 2015