Les troubles alimentaires au Japon

Le Japon cherche à aider ses malades

Les troubles alimentaires sont variés. Parmi les plus connus, sont souvent cités :

  • l'anorexie (manger le moins possible) ;
  • la boulimie (se gaver de nourriture avant de passer plusieurs jours à ne boire que de l'eau) ;
  • ainsi que la boulimie vomitive (qui consiste à manger beaucoup puis se faire vomir).

On connaît moins le trouble alimentaire compulsif, où la personne ne sait tout simplement pas s'arrêter de manger.

Au vu des standards de magasins qui n'offrent généralement rien au-dessus de la taille 38 ou à l'obligation constante d'être mince, on peut légitimement se demander où la société japonaise conçoit la limite entre vision de ce que les personnes devraient être et trouble alimentaire.

L'injonction de la société est très forte sur les femmes japonaises. Elle se retrouve dans les magazines qui présentent les modèles avec leur taille, poids et mensurations détaillés, suivis généralement de l'idée qu'il faut en perdre toujours plus. Les femmes entendent des remarques qui se veulent bienveillantes (pour la santé) mais qui ne font qu'ajouter de l'huile sur un feu déjà bien trop dangereux.

La différence entre les morphologies japonaise et occidentale

Beaucoup de recherches commencent à nier le fait qu'être en surpoids mène inévitablement à du diabète, des maladies cardio-vasculaires ou à de l'hypertension. On sait que pour certains le surpoids est héréditaire ou vient simplement de la morphologie de ce corps en particulier. Malgré cela on ne peut mettre de coté les différences entre morphologies japonaise et occidentale.

Une recherche menée par le "Body Composition Unit" de l'université de Colombia a montré que les Japonais ont besoin d'avoir une masse corporelle plus basse pour leur propre morphologie que les Occidentaux par rapport à la leur. Cela s'explique par la présence chez les Japonais d'une masse graisseuse plus importante qui entraînerait chez eux des risques plus élevés de maladies liées à une prise de poids.

Mais cela ne devrait en rien justifier des injonctions qui poussent la personne vers un trouble alimentaire pouvant entraîner sa mort.

La difficulté à s'en sortir au Japon

Le pays commence à peine à s'intéresser réellement aux troubles alimentaires et à leur prise en charge. En effet au Japon, il existe seulement quelques organismes financés par l'État pour soigner les troubles alimentaires. Les personnes malades n'ont aucune possibilité d'être dirigées par leur médecin généraliste vers un spécialiste ou un organisme adapté à son trouble. Les familles elles-mêmes, honteuses, ne cherchent pas à aider leur parent malade mais au contraire ont tendance à les pousser à se taire et par incidence, trouver des moyens de se soigner seul ou, pire encore, à continuer silencieusement pour correspondre aux critères imposés par la société.

Le marketing génère des conclusions hâtives qui suivent des recommandations médicales mal expliquées pour, d'une tendance humaine à la généralisation, présenter le régime comme adapté à tous quand chaque morphologie est différente et nécessite un suivi individuel.

Un trouble alimentaire vient quand on est prêt à faire subir à son corps plus qu'il n'est capable de supporter pour se conformer à une norme impossible à atteindre. Les standards japonais n'ont jamais été aussi utopiques, dans un pays où l'apparence est encore si importante et facilement critiquée. Cela va même plus loin car le Japon a créé une loi en 2008 imposant un certaine poids à maintenir, dérive dans sa guerre contre l'obésité.

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Et maintenant ?

Aujourd'hui, les troubles alimentaires sont étudiés par la Société Japonaise pour les Troubles Alimentaires. Cette dernière estime qu'il faut commencer à s'inquiéter du nombre de malades et de la prise en charge encore très déficiente dans le pays. Il est de leur devoir de créer des unités spécialisées dans ces maladies.

Les praticiens spécialisés dans des domaines comme la nutrition, la gynécologie et même la psychologie ne sont pas formés pour traiter les troubles alimentaires. Pour justifier ce manque de prise en charge, l'aspect financier est mis en avant : la couverture maladie au Japon reste limitée et pour pouvoir suivre un traitement, il faut le payer au prix fort, rubis sur l'ongle.

L'Association Japonaise pour les Troubles Alimentaires (site encore en construction) a été mise en place en 2016 pour permettre une première rencontre entre spécialistes et malades, ainsi que pour vulgariser les troubles alimentaires et permettre ainsi à des malades de commencer à se déstygmatiser et à rechercher de l'aide.

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