Prince of Persia le film : les Sables du Temps

Annoncé depuis belle lurette, comme la plupart des adaptations de jeux vidéo au cinéma, le film Prince of Persia est enfin sorti. Bizarrement, il reprend le pitch des Sables du Temps, un PoP sorti il y a 7 ans sur consoles. Un choix pour le moins discutable, dans la mesure où la saga de jeux est bien vivante et qu'un nouvel opus (les Sables Oubliés) emboîte le pas de la sortie du film, à quelques jours près, sur consoles. Bref.

Dans cette version cinéma des Sables du Temps, le prince de Perse qui se fait appeler Dastan, doit protéger avec la princesse Tamina une dague magique qui permet à son détenteur de revenir dans le temps (presque) à loisir. Les deux protagonistes sont interprétés respectivement par Jake Gyllenhaal, peu crédible et monoexpressif, voire irritant au possible avec sa tête (à claques) de pseudo beau gosse qui sent bon, et Gemma Arterton, vue dans le dernier James Bond ou le Choc des Titans, qui ne peut compter cette fois que sur son physique.

Autant dire que l’intrigue, brodée sur le fond narratif du jeu, se révèle vite inexistante... Il n’était pas facile de l'étaler sur 1h30 sans brasser de l'air, et c’est ce que ce Prince of Persia fait malheureusement très bien. Pourtant, on ne devrait pas avoir le temps de s'ennuyer tant le film enchaîne les séquences de course-poursuite, d'action et de combats à la dague, à l'épée et autres armes, mais en fait si : le film les Sables du Temps est aussi soporifique qu'un désert à perte de vue en plein après-midi.

En réalité, il me semble que le film gère mal d’être estampillé Disney et peine à assumer son côté gentillet. Notre prince rebelle, derrière ses biceps surgonflés, manque clairement de coffre, de charisme et de couilles, tout comme les grands méchants qui ne sont finalement pas beaucoup plus inquiétants qu'un Iznogoud sous antidépresseurs. Et ce ne sont pas les traits d'humour niveau maternelle, ni la romance pas beaucoup plus mature, qui parviendront à rattraper un château de cartes déjà bien chancelant.

Après l'éclatante et décalée saga Pirates des Caraïbes, Jerry Bruckheimer a dû assurer la production des Sables du Temps depuis un transat sous un cocotier. En tout cas, j'ai du mal à croire qu'il ait pu voir et valider le film avant de le vendre. Ceci dit, rien que le nom Prince of Persia devrait suffir à rentabiliser l’affaire, alors pourquoi se fatiguer ? Allez, retourne donc à ta piña colada !

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